I. Var
Var.
Var.
Var.
Var.
Var.
Var.
• Après
. Ne pourroit bien juger des douceurs de la paix.
(1660 et 1666.) Dût rendre la paix à la France. (1660.) De peur qu'on ne les vît, troubloient toutes mes eaux.
(1660.) , Qui m'avoient tellement changée. (1660 et 1666.) , Lorsque d'un vol subit je vis fondre des cieux.
(1660 et 1666.) , Amour, qui m'adressant et sa voix et ses yeux. (1660.) , Rende les plus heureux de sa gloire jaloux. (1660.) ce vers, au lieu de la stance : « Je t'amène, etc., » dont il
« Je t'amène, après tant d'années*,
Une paix de qui les douceurs ,
Sans aucun mélange de pleurs ,
Feront couler tes destinées ^ .
Mais ce qui doit passer tes plus hardis souhaits , 6 5
Une reine viendra sur les pas de la Paix , Gomme on voit le soleil marcher après l'Aurore . Des rives du couchant elle prendra son cours ^ ;
Et cet astre surpasse encore Celui que l'Orient voit naître tous les jours * . 70
est suivi dans les éditions de 1666 et de 1671, on lit celle-ci dans l'édition de 1660 :
Je sais bien l'ennui que te donne
La longue absence de la Paix ;
Je sais les tragiques effets
De l'impitoyable Bellone.
J'ai vu toute l'Europe en proie à sa fureur Devenir un séjour de massacre et d'horreur; J'ai vu ses champs pillés, ses villes dans les chaînes, Et ses fleuves perdant la couleur de leiu-s eaux,
Et se débordant dans les plaines.
Avec des flots de sang arroser des tombeaux.
Puis vient immédiatement la stance :
Non que j'ignore la vaillance, etc.
I. Var. Je t'apporte, après tant d'années. (1666.) 3. Var. Feront fleurir tes destinées. (1666.)
3. Racine s'est peut-être souvenu ici du commencement des stances de Malherbe Sur le mariage du Roi ( Louis XIII ) et de la Reine {Poésies, Lxxiv, vers 1-8), oii la même idée est exprimée, mais avec plus de recherche :
Mopse entre les devins l'Apollon de cet âge
Avoit toujours fait espérer Qu'un soleil qui naîtroit sur les rives du Tage En la terre du lis nous viendroit éclairer.
Cette prédiction sembloit une aventure
Contre le sens et le discours, N'étant pas convenable aux règles de nature Qu'un soleil se levât où se couchent les jours.
4. Après cette stance, on Usait, dans l'édition de i666, les deux
« Non que j'ignore la vaillance
Et les miracles de ton roi ,
Et que dans ce commun effroi
Je doive craindre pour la France :
Je sais qu'il ne se plaît qu'au milieu des hasards ; 7 5
Que livrer des combats et forcer des remparts Sont de ses jeunes ans les délices suprêmes ; Je sais tout ce qu'a fait son bras victorieux ,
Et que plusieurs de nos dieux mêmes Par de moindres exploits ont mérité les cieux. 8 o
« Mais c'est trop peu pour son courage
stances suivantes, dont la seconde est, à l'exception du second et du troisième vers , semblable à celle que nous avons citée à la page précédente (fin de la note 7 de la page 54), d'après l'édition de 1660 :
N'attends pas de mes seules veilles
Ces inestimables trésors :
Il faut que par d'autres ressorts
Jules achève ces merveilles, Jules, l'honneur du Tibre et ton illustre appui. Déjà tous les mortels jettent les yeux sur lui. Seul il peut avec moi les sauver du naufrage : Nymphe, ne doute pas du succès glorieux
D'une paix qui sera l'ouvrage Du plus grand des héros et du plus grand des Dieux .
Je sais bien l'ennui que te donne L'affreuse image des combats Qui te font gémir sous le bras De l'impitoyable Bellone.
J'ai vu toute l'Europe en proie à sa fureur Devenir lui séjour de massacre et d'horreur; J'ai vu SCS champs pillés, ses villes dans les chaînes, Et ses fleuves perdant la couleur de leurs eaux,
Et se débordant dans les plaines.
Avec des flots de sang arroser des tombeaux. — Brlenne, après avoir cité ces deux strophes, dit : « Il faut être aussi riche poète que M. Racine pour pouvoir perdre de si beaux vers sans s'appauvrir. Aussi a-t-il rendu son ode parfnite ; mlnuendo fecit auct'iorem. »
De tous ces exploits inouïs :
Il faut désormais que Louis
Entreprenne un plus grand ouvrage.
Il n'a que trop tenté le hasard des combats ; 8 5
L'Espagne sait assez la valeur de son bras ; Assez elle a fourni de lauriers à sa gloire : n faut qu'il en exige autre chose en ce jour ;
Et que pour dernière victoire Elle fournisse encore un myrte à son amour * . 90
« Térèse est l'illustre conquête
Où doivent tendre tous ses vœux :
Jamais un myrte plus fameux
Ne sauroit couronner sa tête.
Le ciel, qui les avoit l'un pour l'autre formés, 95
Voulut que d'un même or leurs jours fussent tramés. EUe est digne de lui comme il est digne d'elle. Des reines et des rois chacun est le plus grand ^ ;
Et jamais conquête si belle Ne mérita les vœux d'un si grand conquérant ^. i o o
1 . Dans l'ode de Perrault dont nous avons parlé ci-dessus , on trouve la même antithèse du myrte et des lauriers ; mais les vers sont moins élégants et moins ingénieux :
Elle est de ce héros la dernière conquête Et le prix éclatant de ses actes guerriers. Ah ! qu'un myrte si beau pare bien une tête, Quand on le sait mêler avec tant de lauriers !
2. Var. Le soleil en son tour ne voit rien de plus grand. (1666.) — La leçon de 1671 est celle de 1660.
3. Après cette stance , Racine a retranché les deux suivantes, qui sont dan? les deux premières éditions, mais avec une variante dans celle de 1666. Les voici telles que les donne l'édition de 1660 :
Ce sera cette belle Reine Par qui tous ces vents irrités
« A son exemple tous les princes
Ne songeront plus désormais
Qu'à faire refleurir la paix
Et le calme dans leurs provinces.
L'abondance partout ramènera les jeux ; i o 5
Les regrets et les soins s'enfuiront devant eux ; Toutes craintes seront pour jamais étouffées. Les glaives renfermés ne verront plus le jour,
Ou bien se verront en trophées Par les mains de la Paix consacrés à l'Amour. 1 1 o
tt Cependant Louis et Térèse
Qui désolent tant de cités
Seront sans force et sans haleine.
Ses yeux désarmeront par leurs puissants regards La fierté de ton jeune et redoutable Mars, Et de son bras vainqueur feront tomber les armes. Ce héros se verra subjuguer à son tour :
Son cœur nourri dans les alarmes Ne se nourrira plus que de penser» d'amour.
Tel, après quelque grand carnage, Mars revient souvent dans les cieux , Epouvantant les autres dieux Par la fierté de son visage.
S'il aperçoit Vénus, il dépouille soudain Ce visage farouche et cet œil inhumain Qui le rendoient d'abord plus craint que le tonnerre. Il soupire à ses pieds, languissant et confus,
Et ce grand foudre de la guerre Demeure foudroyé par les yeux de Vénus. » — Cette dernière stance est celle que Perrault voulait faire supprimer à Racine , qui ne fut pas d'abord de son avis (voyez la lettre à le Vasseur du i3 septembre 1660). Perrault trouvait mauvais que l'on comparât la Reine «i Vénus, qui était, disait-il, une prostituée. SI plus tard Racine a retranché la stance, ce ne fut sans doute pas pour se rendre à une critique si ridicule. Les trois derniers vers de la première de ces deux stances se lisent ainsi dans l'édition de 1666 :
CiC héros apprendra l'usage des soupirs;
Son cœur nourri dans les alarmes Goûtera sous mes lois de tranquilles plaisirs.
Passeront leur âge en ces lieux ;
Et plus satisfaits que les Dieux ,
Boiront le nectar à leur aise.
Je leur ferai cueillir , par de longues faveurs, 1 1 5
Tout ce que mon empire a de fruits et de fleurs; Je bannirai loin d'eux tout sujet de tristesse ; Je serai dans leur cœur, je serai dans leurs yeux;
Et c'est pour les suivre sans cesse * Que tu me vois quitter la demeure des cieux. 120
« Les Plaisirs viendront sur mes traces
Charmer tes peuples réjouis.
La Victoire suivra Louis,
Térèse amènera les Grâces.
Les Dieux mêmes viendront passer ici leurs jours. 1 2 5 Ton repos en durée égalera ton cours ^. Mars de ses cruautés n'y fera plus d'épreuves ^ ; La gloire de ton nom remplira l'univers ;
Et la Seine sur tous les fleuves Sera ce que Thétis est sur toutes les mers. • i 3 o
« Mais il est temps que je me rende
Vers le bel astre de ton roi :
Adieu, Nymphe, console-toi
Sur une espérance si grande.
Térèse va venir, ne répands plus de pleurs , i 3 5
Prépare seulement des lauriers et des fleurs , Afin d'en faire hommage à sa beauté suprême. » Ainsi finit Amour , me laissant à ces mots ;