‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 295 sur 306 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Racine, dans ce passage, écrit ainsi ce nom, que plus haut (p. 6oi) il a écrit Alet.

6o6 DIVERSES PARTICULARITES

de taire un écrit pour la convaincre. Enfin elle se rendit, il ne sait comment, en disant qu'elle n'éloit nullement convaincue.

Il estime qu'elle avoit plus d'esprit même que M. Arnauld \ très-exacte à ses devoirs, très-sainte, mais naturellement un peu scientifique , et qui n'aimoit pas à être contredite. Mme de Longueville ne l'aimoit pas, et pourtant convenoit de toutes ses bonnes qualités. Elle avoit plus de goût pour la INIère du Fargis, qui savoit beaucoup mieux vivre.

Deux partis dans la maison : l'un, la Mère Angélique, la sœur Briquet^ et M. de Sacy ; l'autre, la Mère du Fargis, M. de Sainte -Marthe et M. Nicole. Ces derniers avoient toujours raison; mais pour l'union, M. de Sainte- Marthe cédoit toujours.

M. Nicole dit que c'est le plus saint homme qu'il ait vu à Port-Royal. Il sautoit par-dessus les murs pour aller porter la communion aux Religieuses malades , et cela de l'avis de Monsieur d'Aleth : en sorte qu'il n'en est pas mort une sans sacrements. Cependant la Mère Angélique de Saint-Jean n'avoit nul goût pour lui; et quoiqu'il le sût, il n'en étoit pas moins prêt à se sacrifier pour la maison.

M. Arnauld le plus souvent n'avoit nulle voix en chapitre. On le croyoit trop bon; et c'étoit assez qu'il dît du bien d'une Religieuse, pour que l'on n'en fît plus de cas.

1. « C'étoit, dit Mme de Sévigné, la chère fille de M. d'Andilly, et dont il ine disoit : a Comptez que tous mes frères, et tous mes eu- « fants, et moi, nous sommes des sots en comparaison d'Angélique. » Voyez, dans les Lettres île Mme de Sévigné, tome VI, p. io4 , la lettre du 29 novembre 1^79.

2. Madeleine de Sainte-Christine Briquet, la même que Racine, lin peu plus has, désigne sous le nom de la sœur Clirisline; elle était fiUe d'Etienne Briquet, avocat général au Parlement, et petite-fille de Jérôme Bignon , également avocat général ; elle mourut en 1689.

COiSCERNANT PORT-ROYAL. 607

Ainsi il prônoit fort la sœur Gertrude, et la Mère Angélique de Saint-Jean se retiroit d'elle.

Cette Mère Angélique, à force de se confier à la sœur Christine \ et de la vouloir former aux grandes choses, comme une abbesse future, lui inspira un peu trop de mépris pour les autres Mères : en telle sorte qu'elle étoit en grande froideur pour la Mère du Fargis, et mourut sans lui en demander pardon, Mme de Foutpertuis" conti'ibuoit un peu à tout cela : bonne femme , bonne amie, n)ais un peu portée à Fintrigue, et ne haïssant pas à se faire de fête, surtout avec les grands seigneurs.

M. de Pompone demandoit un jour à M. J^sicole : « Tout de bon , croyez-vous que ma sœur ' ait autant d'esprit que Mme du Plessis Guénégaud *? » M. Nicole traita d'un giand mépris une pareille question.

On subsistoit comme on pouvoit des livres et des écrits qu'on faisoit. hes apologies des Religieuses valurent cinq mille francs ; les Imaginai/es^ cinq cents écus. Bien des gens croyoient que M. Nicole, en tirant quelque profit de la Perpétuité^ s'enrichissoit du travail de M. Arnauld, et il souffroit tout cela. Ou tira des Traites de piété seize

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