Cette phrase manque dans le manuscrit de Troyes
4. Il semble bien qu'il s'agisse ici des critiques sur quelques passages du Nouveau Testament de Mons qu'on trouve dans la Suite des Remarques nouvelles à\i P. Bouhours. Mais alors pourquoi Racine dit-il cjUflquun , au lieu de nommer Bouhours qui avait signé V Epistre à Monsieur Pabbé Régnier, secrétaire de V Académie française , dont cet ouvrage est précédé? Lui-même d'ailleurs le nomme quelques lignes plus bas, comme l'auteur des Remarques nouvelles. Si cette difficulté parait trop grande, on pourrait penser, quoique avec moins de vraisemblance, selon nous, h un auire ouvrage où les observations de
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meilleur, ce qu il a toujours fait très- volontiers. M. de Sacv étoit moins souple : témoin sa roidem* sur les Reviarques du P. Bouhours\ dont il n'a jamais voulu suivre aucune. M. Nicole, au contraire, a profité, dans ses Essais de morale, de celles qui lui ont paru bonnes.
Il n'a plus osé écrire contre M. Jurieu, depuis qu'il a vu Monsieur de Meaux aux mains avec lui% ne voulant pas donner d'ombrage à ce prélat. M. de Sacy n'avoit de déférence au monde que pour ]M. Singlin, homme en effet merveilleux pour le droit sens et le bon esprit. Celui-ci a voit de grands égards pour Monsieur de Samt- Cvran Barcos , qui étoit son directeur , homme pur dans sa vie et d'un giand savoir, mais qui avoit souvent des opinions très-particulières , et toujours très-attaché à ses opinions.
Un jour , entre autres , il vouloit opiniâtrement que pour défendre Jansénius , on avançât que cet auteur ayant suivi pied à pied saint Augustin, et n'étant que l'historien de sa doctrine , il lui avoit été impossible de s'en écarter. M. Arnauld fit un écrit où il renversoit entièrement cette opinion, c'est-à-dire montrant que cette défense auroit été tournée en ridicule , n'étant pas impossible que Jansénius n'eût pris un sens pour l'autre , et ne se fût trompé , comme le prétendoient le Pape et les
Bouhours sur la traduction sortie de Port-Royal sont renforcées de quelques autres , et que Nicolas Toinard avait publié sous ce titre : Discussion de la suite des liemarques nou^-cl/es du P. Bouhours.... par de Fillafranc (i vol. in-S", ifigS;.
1. Remartfues nouvelles sur la langue française, ifiyS (i vol. in-4° et in-ia). En 1692, c'est-à-dire après la mort de M. de Saci, le P. Bouhours publia la Suite des Remarques nomelles fvoyez la note précédente). En 1^74 avaient paru ses Doutes sur la langue françoise.
2. Jurieu avait attaqué violemment Bossuet au sujet de V Histoire des variations des Églises protestantes , TpuhWée en 1688. Bossuet fit paraître en 1689-1(191 ses Âvertissem.'nts aux protestants.
6o', DIVERSES PARTICULARITES
évêques. Monsieur de Saint-Cyian fit une réponse , où il traitoit ces démonstrations de simples difficultés , qui ne dévoient pas empêcher qu'on ne se soumît à son avis. M. Pascal* leva Tembarias : il prit le Mémoire de Monsieur de Saint-Cyran, alla trouver M. Singlin, et lui dit que jamais il ne rendroit ce Mémoire , qu'il traita de ridicule,
M. Pascal étoit respecté parce qu'il parloit fortement, et M. Singlin se rendoit dès qu'on lui parloit avec force.
La Mère Angélique de Saint-Jean faisoit en quelque sorte sa cour à M. Pascal, et vouloit se servir de lui pour mettre de la division entre M. Arnauld et M. Nicole; car ni elle , ni beaucoup d'autres ne pouvoient souffrir cette liaison, ni que M. Nicole gouvernât M. Arnauld.
Ils furent tous deux cachés pendant cinq ans à l'hôtel de Longueville^, et, excepté les six premiers mois, y vécurent toujours à leurs dépens. Mme de Longueville étoit alors occupée de ses restitutions , et peut-être n'eût pas été bien aise de cette nouvelle dépense. Ils l'entretenoient tous les jours des cinq ou six heures. M. Arnauld s'endormoit souvent, après avoir roulé ses jarretières devant elle ; ce qui la faisoit un peu souffrir. M. Nicole étoit le plus poli des deux, et étoit plus à son goût. Mme de Longueville se dégoùtoit fort aisément; et d'une grande envie de voir les gens passoit tout à coup à une fort grande peine de les voir.
M. Nicole fut toujours bien avec elle : elle trouvoit qu'il avoit raison dans toutes les disputes. Il dit qu'à sa mort il perdit beaucoup de considération : <• J'y perdis
I. Il y a partùut Paschal clans le manuscrit autographe. Voyez ciilessus, p. 459, note 2.
a. Cet hôtel était dans la rue Saint-Tlionias-(hi-I..ouvre. Arnauld et Nicole v trouvèrent une retraite en 16(1.4 .
CONCERNANT PORT-ROYAL. 6o^
même, dit-il, mou al)baye; car on ne ni'appeloil plus M. l'abbé Nicole, mais M. Nicole tout simplement. »
Elle étoit quelquefois jalouse de Mlle de Vertus*, qui étoit plus écfale, et plus attn-ante.
Grand dilTérend contre M. Pascal. Il vouloit qu'on défendît toujours les Propositions par le bon sens qu'elles avoient, et qu'on n'en signât point la condanuiation, M. Arnauld et M. Nicole étoient d'avis contraire. M. Arnauld, entre autres, fit un écrit où il terrassoitM. Pascal, <{ui étoit petit devant lui. C'est ce qui a donné lieu au bruit qui se répandit que M. Pascal avoit abjuré le jansénisme, celui-ci, dans sa dernière maladie, ayant lâché quelques mots de ce différend au curé de Saint-Etienne, qui comprit que puisque M. Pascal avoit été de contraire avis avec ces Messieurs, il avoit été d'avis de l'entière soumission au Formulaire. Feu Monsieur de Paris en tira avantage, fit signer cette déposition par le curé, qui ayant été depuis convaincu du contraire , voulut en vain revenir contre sa signature'. Monsieur l'Archevêque se moqua de lui.
M. Nicole appelle tout cela les guerres civiles de Port- Royal.
La Mère Angélique de Saint-Jean étoit entêtée aussi qu'elles ne dévoient signer en aucune sorte ; et quand l'acconnnodement fut fait, elle persistoit toujours dans son opinion. Monsieur d'Aleth^ lui écrivit, M. Arnauld, M. de Sacy : tout cela inutilement. M, Nicole eut ordre
1. Calherine-Françoise de Bretagne, demoiselle de Vertus. Racine a écrit son Épitaphe, que nous donnerons dans le tome suivant, Mlle de Yei tus demeurait avec Mme de Longueville dans les premiers temps de leur commune conversion.