‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 297 sur 306 · RELIGIEUSES DE PORT-ROYAL DES CHAMPS · texte numérisé non relu

RELIGIEUSES DE PORT-ROYAL DES CHAMPS

J. Racinb. IV 89

Les éditeurs de 1807, qui donnent de ce Mémoire le même texte que nous donnons nous-mêmes ici, y joignent cette note, à la page 471 de leur tome VI : « Le bi'ouillon de ce Mémoire^ écrit de la main de Racine, avec beaucoup de ratures chargées de corrections de la même main, existe à la Bibliothèque impériale. » Cela est exact; mais non, si l'on entend, comme la note paraît le signifier, que ce brouillon est le texte qu'ils mettent sous les yeux du lecteur. Ce dernier texte (le nôtre, nous venons de le dire, aussi bien que le leur) se trouve aussi pai'mi les manuscrits de Racine que possède la Bibliothèque impériale, feuillets 208 et 209 (ce devrait être feuillets 108 et 109; mais on a oublié de changer, comme on l'a fait aux feuillets précédents, l'ancien chiffre de la pagination). Il est d'une belle écriture du temps, mais non de celle de Racine. C'est une rédaction mise au net, et qui est sans ratures. Le brouillon qui a, au contraire, les ratures nombreuses dont parlent les éditeurs de 1807, et qui est de la main de Racine, est parmi les mêmes manuscrits, feuillets 106 et 107. Il existe un autre brouillon du même Mémoire à la bibliothèque du Louvre, dans le manuscrit dont nous avons parlé ci-dessus, p. 379. On lit au feuillet 1 16 de ce manuscrit du Louvre la note que voici : « Brouillon du Mémoire pour les Religieuses de Port- Royal, envoyé par Racine au cardinal de Noailles, archevêque de Paris, en 1697. •» Le brouillon est aux feuillets suivants. Il était, avant les corrections qui y ont été faites, presque semblable au brouillon de la Bibliothèque impériale, et ces corrections l'ont rendu conforme au texte que nous avons suivi, ce qui donne à ce derniei texte une incontestable authenticité. Nous notons les Aariautes des deux brouillons, en désignant

6i2 MÉMOIRE POUR LES RELIGIEUSES

ainsi le brouillon de la Bibliothèque impériale : hrnuillon n" i, et celai de la bibliothèque du Louvre : brouillon n° 2. Il y a aussi à la bibliothèque de Troyes une ancienne copie du Mémoire pour les Religieuses de Port-Royal. M. le Brun Dalbanne abien voulu la faire transcrire pour nous, et nous l'envoyer. Le texte reproduit celui du brouillon du Louvre, tel qu'il est après les corrections. Il eût donc été superflu de le mentionner dans les variantes. On y lit, en tète du Mémoire : « Mémoire en forme de requête présenté, selon toutes les apparences, à Monseigneur le cardinal de Noailles par les Religieuses de Port-Royal des Champs, lorsque celles de Paris, ruinées par les folles dépenses de leur abbesse, demandèrent à rentrer en possession des biens qu'elles avoient cédés à la maison des Champs, quand on fit la division et le partage des deux maisons. — C'est M. Racine qui en est l'auteur, ces pauvres filles s'étant adressées à lui en cette occasion, comme elles ont fait sur la fin de sa vie dans la plupart de toutes les affaires qui leur ont été suscitées. » Les faits sont exactement présentés dans cette note. Les éditeurs de 1807 ont, au contraire, été mal informés lorsqu'ils ont dit dans leurs additions^ : k 11 {Racine) engage les Religieuses à réclamer contre le partage injuste de 1669. Elles présentent au Roi une requête à cet effet, qui est renvoyée à l'Archevêque, et c'est à cette occasion que Racine rédige un Mémoire. L'Archevêque nomme ses deux grands vicaires pour examiner l'état des revenus et des charges des deux maisons ; mais quand le tout est reporté au Conseil du Roi, le crédit de l'abbesse de Pox't- Royal de Paris et la prévention contre les Religieuses des Champs l'emportent aisément sur la justice de leur cause. » Il y a là plusieurs erreurs. Ce ne furent pas les Religieuses des Champs, quoique Louis Racine aussi le donne à entendre dans ses Mémoires^, ce furent les Religieuses de Paris, qui, n'étant point contentes du partage de 1669, en réclamèrent un nouveau en 1696. Leur demande fut rejetée; et grâce au Mémoire composé par Racine, les Religieuses des Champs eurent gain de cause. Toute cette affaire est racontée en détail par Besoigne dans son Histoire de l' abbaye de Port-Royal, tome II, p. 699-60?..

Page 1