‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 31 sur 306 · Var. Vient m'entretenir sur mes bords. (1660 et · texte numérisé non relu

Var. Vient m'entretenir sur mes bords. (1660 et

3. Voici deux stances qui suivaient celle-ci dans l'édition de 1660 ;

a Ah ! nie dit-elle, que ta reine

Mérite de se faire aimer,

Et que Louis doit estimer

La gloire d'une telle chaîne !

Que l'on brûle aisément à son divin aspect ! Mais quelle imprime aussi de crainte et de respect, Et que de majesté sa douceur accompagne ! Que l'éclat de vos lis s'accorde bien aux siens !

Ah ! France, est-il vrai que l'Espagne Ait pu t'en envoyer d'aussi beaux que les tiens »

IVîais enfin que sauroit-on dire

Pour égaler les moindres traits

Du nombre infini des attraits

Qui rangent tout sous votre erjpire?

Qu'il vous faisoit beau voir en ce superbe jour Où, sur un char conduit par la Paix et l'Amour,

Tout l'or dont se vante le Tage ,

Tout ce que l'Inde sur ses bords

Vit jamais briller de trésors ,

Sembloit être sur mon rivage.

Qu'étoit-ce toutefois de ce grand appareil , Dès qu'on jetoit les yeux sur Téclat nompa'reil Dont vos seules beautés vous avoient entourée? Je sais bien que Junon parut moins belle aux Dieux,

Et moms digne d'être adorée , Lorsqu'en nouveUe reine elle entra dlns les cieux *.

Régnez donc, Princesse adorable, Sans jamais quitter le séjour De ce beau rivage , où l'Amour Vous doit être si favorable.

Si l'on en croit ce dieu, vous y devez cueillir

Votre illustre beauté triompha mr mes rives' Les Discords après vous se voyoient encliaînés • Mais, hélas! que d'âmès captives '

Virent aussi leurs cœurs en triomphe menés ' - Cette dernière stance, dont les six derniers ve^s sont cités par Racine dans sa lettre a le Vasseur du 5 septembre 1660, se trou e au si dans 1 édition de 1666, avec cette variante pour les deux ver quïTa terminent : ^ '■*

Mais, parmi ces troupes captiA-es Qu'on vit aussi de cœurs en triomphe menés !

V ^«f-.Q"^"^^ brillante d'attraits elle entra dans les cieux. (1666 )

- Lomenie de Brienne s'attrihue le changement de ce vers, tel qu'on

e trouve dans 1 édition de 1671 : a Cette correction est de moi et ie

a dis (sans penser qu elle dût ôtre suivie) à M. Racine; mais il me fit

1 homieur de l'agréer, et l'a mise dans son ode revue et achevée de

tout point. » Comment donc se fait-il que ce vers : ^^ ee ae

Lorsqu'en nouvelle reine elle entra dans les cieux, inspiré par Brienne, après 1666 apparemment, setrouve dans l'édition de x66oetdaiis la citation que Racine fait de la stance entière dans a lettre d^^a cue^e du 5 septembre i6fio, lettre dont nous avons vu 1 autographe à la BihUothèque impériale ?

Des roses que sa main gardera de vieillir * , Et qui d'aucun hiver ne craindront l'insolence , Tandis qu'un nouveau Mars, sorti de votre sein,

Ira couronner sa vaillance De la palme qui croît aux rives du Jourdain ^ . 190

I. a Cette phrase est de Malherbe, et M. Racine l'a remise en grâce et en crédit. Je ne ferai plus de difficulté de m'en servir après lui. Elle est fort commode en poésie. » {Note manuscrite de Lcménie de Brienne.) — C'est dans la dernière strophe de l'ode A la Reine mère du Roi, sur les heureux succès de sa régence {Poésies lui vers 141 à i44)> que Malherbe a dit :

Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir.

2 . La destinée que Racine prédisait au nouveau Mars , qui était encore à naître, a été annoncée également au Dauphin, à sa naissance, par Charles Perrault, dont les vers, dans son ode Sur la naissance de Monsieur le Dauphin, sont comme im développement des trois derniers vers de la Nymphe de la Seine :

La noble et sainte Palestine, Après tant de tourments soufferts Sous le tyran qui la domine, Verra par lui rompre ses fers.

Sur les brûlants sablons des plaines Idumées Cent hachas tomberont par ses vaillants efforts , Et n'auront assemblé tant de grandes armées Que pour croître sa gloire et le nombre des morts. Au creux de sa grotte profonde Le Jourdain mollement couché.

Apercevant rougir son onde,...

Croira voir Josué, qui sur ces mêmes rives Revient exterminer les ennemis de Dieu.

— Cet horoscope d'ailleurs , dont l'accomplissement était alors peu vraisemblable, était depuis longtemps un lieu commun poétique a l'usage des Daujihins. Voyez Malherbe dans l'ode A la Reine mère du Roi^ sur sa bienvenue en France {Poésies, xii, vers 101-120) :

Par vous un Dauphin nous va naître....

O combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban! etc.;

et dans l'ode Au Roi Henri le Grand, sur Dieureux succès du voyage de Sedan {Poésies, xxi, vers i3i-i4o) :

Je sais bien que les oracles Prédisent tous qu'à ton fils Sont réservés les miracles De la prise de Memphis, etc.

Maynard a dit aussi, dans une ode Au Roi Henri le Grand, en parlant du Dauphin :

Je vois déjà, ce me semble, Qu'il succède à tes travaux, Et que la campagne tremble Sous les pieds de ses chevaux.

Je vois le Turc infidèle, A l'effroyable nouvelle De ce puissant appareil.

Le craindre avant le connoître, Et son croissant disparoître Au lever d'un tel soleil.

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