‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 33 sur 306 · A P.\EIS · texte numérisé non relu

A P.\EIS

Chez Pierre le Petit, Imprimeur et Libraire ordinaire du Rov.

M.DC.LXIIL

M. Beaucousin, qui était propriétaire de ce volume, a écrit sur un des feuillets de garde la note suivante : « J'en ai un autre exemplaire en un de mes Recueils Je poésies, in-4° en parchemin, commençant par l'ode de Chapelain au cardinal de Richelieu (lôSy). » Sur un autre feuillet se lit celte seconde note, qui est saiis doute de la main de "M. Capperonnier : u Le nom de Racine est au bas, en lettres capitales. On peut regarder cette pièce comme très-authentique. L'avocat Issali, ami de Racine , l'avait Insérée dans son catalogue manuscrit (les œuvres de ce grand poëte. Il n'est point surprenant que son tils n'en fasse aucune mention, puisque dans la Vie de sou père il y a luie lacune depuis le 26 juin 1662, jusqu'à son arrivée à Paris au printemps de 1664, et que dans les lettres du père il y a une semblable

J. RaCIUE. IV 5

lacune à la même époque. L'ode fut composée à l'occasion de la rougeole dont Louis XIV fut attatpié le 9 juin i663. » Cette note, que Geoffroy a copiée, en grande partie, dans sa Préface du commentateur, en tête des Poésies diverses (tome V, p. ^^0.), renferme quelques légères inexactitudes. Ce fut dans le courant de i663 que Racine revint d'Uzès à Paris , où il était lorsqu'il écrivit cette ode. La , lacune de ses lettres de jeunesse, et nous parlons de celles qui sont depuis longtemps connues, s'arrête au mois de novembre i663 ; mais on les avait d'abord mal datées. Il n'est pas tout à fait exact non plus que Louis XIV ait été attaqué de la rougeole le 9 juin; nous avons fait remarquer dans une note de notre Notice biographique (p. 55) que h» maladie s'était déclarée à la fin de mai. On a raison de dire que l'authenticité de la pièce n'est pas douteuse. Le nom de Racine, imprimé en lettres capitales à la fin de l'ode, dispense de toute autre preuve. Voici un passage d'une lettre de Chapelain qui en aurait fourni également une irrécusable, si elle avait été nécessaire. Cette lettre, qui fait partie du Recueil autographe appartenant à M. Sainte-Beuve, est adressée à Monsieur Colbert, intendant général des finances, a Paris, et datée du 22 juin i663. C'est un véritable rapport au ministre sur les gratifiés et les non gratifiés, sur l'enrôlement des hommes de talent les plus propres à bien louer le Roi. On y lit : « J'aurai dans peu de jours une ode françoise d'un jeune homme appelé Racine, qu'il ra'a apportée, et qu'il repolit sur mes avis. La matière en est la guérison de Sa Majesté. » Chapelain, on le voit, continuait, trois ans après l'ode de la Njmplie de la Seîne^ à protéger le jeune poète, et à lui prêter les lumières de son expérience. Personne d'ailleurs n'ignore que Chapelain jugeait avec plus de goût qu'il n'écrivait.

Revenez, troupes fugitives,

Plaisirs, Jeux, Grâces, Ris, Amours,

Qui croyiez * déjà sur nos rives

Entendre le bruit des tambours :

Louis vit , et la perfidie 5

De l'insolente maladie

Qui Tavoit osé menacer ,

i. Dans réditloii de i663, il y a croyez.

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