Colbert
4. Geoffroy a noté ce que, après davantage, comme 0 un véritable solécisme. » — 0 Les grammairiens modernes, dit M. Littré dans son Dictionnaire, ont décidé que davantage ne pouvait être suivi de (jtie. Toutefois cette décision est en contradiction avec l'usage des meilleurs écrivains; » et il cite des exemples de Descartes, de Malherbe, de Molière, de Pascal, delà Bruyère, de Massillon. A oyez les divers lexiques de la Collection des grands écrivains.
« Venez donc, puisqu' enfin vous ne sauriez élire io5
Un plus charmant séjour Que d'être près * d'un roi dont le mérite attire
Tant de dieux à sa cour.
« Moi-même auprès de lui je ferois ma demeure,
Si ses exploits divers 7 1 „
Ne me contraignoient pas de voler à toute heure Au bout de l'univers. »
Là finit son discours ; et la troupe immortelle
Qui Tavoit écouté Voulut voir ce^ héros que la Nymphe fidèle 1 1 5
Leur a voit tant vanté.
Sa présence effaça dans leur âme charmée
Le souvenir des cieux ; Et dans le même instant la prompte Renommée
L'alla dire en tous lieux. 120
1. L'édition de 1728 et les suivantes donnent auprès, au lieu de près, qui est la leçon du manuscrit de Louis Racine comme de la première édition.
2. Le héros, dans l'édition de 1728 et dans les suivantes, au lieu de ce héros, que donnent la première édition et le manuscrit de Louis Racine.
Dans l'édition des OEiivres de Racine publiée en 1^187, Xldrlle sur la pair est précédée de ces quelques lignes d'avertissement , qu'ont reproduites plusieurs des éditions suivantes : (t Ces vers furent faits pour être chantés dans l'Orangerie de Sceaux, le jour que le Roi fit l'honneur à M. le marquis de Seignelay de venir se promener dans cette agréable maison. C'étoit en i685, peu de temps après la conclusion de la trêve. » Racine, depuis ifij", n'ayant jamais publié d'autres vers profanes que ceux-là (car ses épigrammes n'étaient pas ouvertement avouées^ , Louis Racine a pensé qu'une sorte d'apologie était nécessaire. «: En i685, dit-il', M. le marquis de Seignelay, devant donner dans sa maison de Sceaux une fête au Roi , demanda des vers à mon père, qui, malgré la résolution qu'il avoit prise de n'en plus faire, n'en put refuser, dans une pareille occasion, à un . ministre auquel il étoit fort attaché, fils de son bienfaiteur. » La fête de Sceaux aurait été doimée au Roi, suivant Voltaire , à l'occasion du mariage de M. le duc de Bourbon avec Mademoiselle de Nantes ; il est certain du moins qu'elle ne précéda que d'une semaine ce mariage, qui fut célébré le 28 juillet i685; le contrat avait été signé le 24 mai. Voici le passage du Siècle de Louis Y/^ ( chapitre xxvir) ou Voltaire parle de la fête et de V Idylle : « Avant la célébration du mariage de Monsieur le Duc avec Mademoiselle de Nantes, le marquis de Seignelay, à cette occasion , donna au Roi une fête digne de ce monarque, dans les jardins de Sceaux, plantés par le Nôtre avec autant de goût que ceux de Versailles. On y exécuta Y Idylle de la paix, composée par Racine, i Cette petite scène, ou plutôt ce chœur lyrique, dont Lulli écrivit la musique, est mentionné par plusieurs
I. Mémoires sur la vie de Jean Racine. Voyez notre tome T, aux p. 285 et 286.
8o POESIES DIVERSES.
contemporains sous le nom d'opém. Mme rie Coligny écrivait le 3 juillet i685 • au comte de Bussy, son père : a M. de Seignelay se prépare à une grande fête à Sceaux la semaine qui vient. Il y aura un opéra, dont Racine a fait les paroles. » On trouve Vldjlle désignée de la même manière AsMsle Journal de Dangeau : « Mardi 2g juin xfi85, à Versailles. Nous sûmes qu'à la fcte qu'on préparoit à Sceaux pour le Roi, il y auroit un petit opéra sur la paix, dont Racine fait 1rs vers, et Lulli à son ordinaire fera la musique; » et dans la Gazelle, lorsqu'elle rendit compte de la fête: « De Paris , le 21 juillet i685. Le 16 de ce mois, le Roi, accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Daupliine, de Monsieur et de Madame, alla à Sceaux. Sa Majesté y eut d'abord le divertissement d'un opéra, dont les vers ont été faits par le sieur Racine , trésorier de France , de l'Académie Françoise. Le marquis de Seignelay, secrétaire d'Etat, traita ensuite le Roi et toute la cour avec une magnificence extraordinaire, s
Nous avons quelques détails dans les Mémoires secrets et inédits de ta cour de France sur la fin du règne de Louis XIV, par le marquis de Sourches* : a Le ifi^ de juillet, le Roi avec toute sa cour al!a à Sceaux chez M. de Seignelay. En arrivant, il se promena et vit tout le jardin , qui est un des plus beaux de l'Euiope , et si grand qu'il élolt plus de huit heures du soir quand il eut achevé de le voir. En rentrant dans la maison , Sa Majesté alla droit à l'Orangerie, dans laquelle on avolt dressé un théâtre pour y chanter une idylle à la louange du Roi, dont les vers étoleiit de la composition de Racine, et la musique de celle de Lulli : ce dernier réussit mieux que le poëte, et le Roi trouva sa musique si agréable qu'il en lit recommencer une bonne partie. » Nous ne savons s'il est exact que Racine ait été alors moins goûté que Lulli-'. Le médiocre plaisir que ses
1. Voyez la Correspondance de Roger de Rohulin^ comte de Bussy, tome V, p. 44^-