I. Les mêmes éditions ont mis
Parut en ces bas lieux ;
et au vers précédent: «les déilés. » Le manuscrit de Louis Racine a, comme la première impression de cette ode, les vraies leçons : « ces déités, » et « en ces beaux lieux. B
« Qu'il fera beau chanter tant d'illustres merveilles 6 5
Et de faits inouïs !
Et qu'en si beau sujet vous plairez aux oreilles
Des peuples de Louis !
« Songez de quelle ardeur vous serez échauffées,
Quand, pour vous écouter, 70
Vous trouverez ce prince à l'ombre des trophées Qu'il viendra de planter.
« Ainsi le grand Achille assis près des murailles
Où l'on pleuroit Hector, De ses bi'aves aïeux écoutoit les batailles, 75
Et les siennes encor *.
« Quoi que fasse Louis, soit en paix, soit en guerre.
Il vous peut inspirer Des chants harmonieux qui de toute la terre
Vous feront admirer. 80
« Qu'on ne nous parle plus de l'amant d'Eurydice :
Quoi qu'on dise de lui, Le Slrymon n'a rien vu, que la Seine ne puisse
Voir encore aujourd'hui.
« Je vous promets bien plus : la Fortune , sensible 8 5 A des charmes si doux ,
I. Nous n'avons pu rien trouver de semblable chez les auteurs anciens. Il nous j)araît pourtant peu probable que Racine ait luimême imaginé ceci dans le seul intérêt d'une comparaison qui n'est pas très- frappante. Comme cet Acbillc, écoutant, près des murs de Troie, les chants des Aèdes, forme un tableau, nous croirions volontiers que le jeune poêle l'a emprunté à quelque peinture , à quelque dessin de son temps.
Laissera désarmer * la risueur inflexible Qu'elle eut toujours pour vous.
« En vain de vos lauriers on se paroit la tête ;
Et vos chantres fameux 90
Etoîent les plus sujets aux coups de la tempête,
Et les plus malheureux.
« C'est en vain qu'autrefois les lions et les arbres
Vous suivoient pas à pas :
La Fortune, toujours plus dure que les marbres, ^s
Ne s'en émouvoit pas.
« Mais ne la craignez^ plus : Louis contre sa haine
Vous protège aujourd'hui; Et près de cet Auguste un illustre Mécène '
Vous promet son appui. 1 00
« Les soins de ce grand homme apaiseront la rage
De vos fiers ennemis ; Et quoi qu'il vous promette, il fera davantage
Qu'il* ne vous a promis.
1 . Désarmer est le texte de la première édition et du manuscrit de Louis Racine. L'édition de 1728 et les suivantes y ont substitué désormais.
2. On lit : a Mais ne la craignons plus, » dans l'édition de 1728 et dans les suivantes. Ici encore le manuscrit de Louis Racine est conforme à la première édition de l'ode,