I. iJémuires (tome I, p
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J. Racine, iv 6
8i POÉSIES DIVERSES.
concert étoit préparé. Il entra par le bout opposé à l'endroit où étoient ceux qui dévoient faire ce concert. Ainsi ce prince les vit tous d'abord en face. On avoit pris sept toises de profondeur pour les places. Elles étoient séparées du côté de l'Orangerie par de grands pilastres de marbre, qui portoient une façade où cinq lustres étoient attachés. Le même ordre suivoit jusques au fond, où paroissoient deux manières d'escaliers de chaque côté, qui rampoieut suivant la pente d'un amphithéâtre qui étoit dans le fond , et qui paroissoit conduire aune galerie, qui étoit aussi dans le fond au-dessus de l'amphithéâtre. Tout ce fond étoit éclairé par beaucoup de petits lustres , et toutes les faces des pilastres étoient ornées de quantité de plaques portant plusieurs bougies. Tout le reste de l'Orangerie étoit paré d'une trèsbelle tapisserie, représentant toutes les chasses des douze mois de l'année, et de deux rangs de lustres qui régnoient depuis un bout jusqu'à l'autre. Je vous envole les vers qui y furent chantés; ils sont de M. Racine, trésorier de France, de l'Académie françoise *. > Après avoir donné Vidylle dans son entier, le Mercure reprend la relation : <r Ces vers avoient été mis en musique par M. de LuUi. Il n'a jamais mieux réussi qu'en cette occasion. Les grands airs étoient si bien mêlés avec les airs champêtres, que chacun y trouvoit de quoi se satisfaire selon son goût. Cet idylle fut chanté par les plus belles voix de l'Opéra *. s
La note de l'édition de 1687 que nous avons reproduite au commencement de cette notice explique le choix du sujet traité dans Vidjrlle, en faisant remarquer que la fête de Sceaux eut lieu 0 peu de temps après la conclusion de la trêve. » Il y avait toutefois près d'un an que la trêve de Ratisbonne avait été signée (i5 août 1684) entre l'Espagne, l'Empire et la France. Ce n'était donc pas précisément un éyénement de la veille que Racine avait choisi pour sujet de ses vers ; mais la trêve subsistait, et l'à-propos pouvait paraître assez justifié. Célébrer cette trêve comme une paix définitive, c'était une manière d'exprimer les vœux de tous ceux qui pensaient, comme Racine, qu'il était temps pour Louis XIV de modérer sa soif de conquêtes, après les agrandissements qu'il s'était procurés par les arrêts des chambres de réunion et par son heureuse entreprise contre Luxembourg. L'àpropos d'ailleurs et la convenance devaient particulièrement frapper dans le lieu où le poète chantait ainsi les louanges de la paix, dans