LE MARDI
Verbe égal au Très-Haut , notre unique espérance Jour éternel de la terre et des cieux-,
De la paisible nuit nous rompons le silence : Divin Sauveur, jette sur nous les yeux.
Répands sur nous le feu de ta grâce invincible ;
Que tout l'enfer fuie au son de ta voix; Dissipe ce sommeil qui rend l'âme insensible ,
Et la conduit dans l'oubli de tes lois '
Cum Spiritu Paracllto , Et nuuc et in perpetuum.
AD 3L\TI:TINU3I.
Consors paterni luminis , Lux ipse lucis et dies, Noctem canendo rumpimus:
Assiste postulantibus.
Aufer tenebras mentium ; Fuga catervas dœmonum; Excelle somnolentiam.
Ne pigritantes obruat.
I. Celte hymne est dans le Bréviaire romain. Partie iT hiver , p. iio; Partie d'été, p, loi ; Partie d'automne, p. 104. On la trouve manuscrite au British Musœum : voyez plus bas la note 3, et ci-dessus, p. loi. 3. Corneille a traduit plus littéralement Lux ipse lucis et dies :
Jour du jour, clarté des clartés.
3 . On lit ainsi cette strophe dans l'édition de Louis Racine : Répands sur nous le feu de ta grâce puissante;
HYMNES DU BRÉVIAIRE ROMAIN. ii3
O Christ , sois favorable à ce peuple fidèle ,
Pour te bénir maintenant assemblé ; i o
Reçois les chants qu'il offre à ta gloire immortelle*, Et de tes dons qu'il retourne comblé.
Exauce , Père saint , notre ardente prière , Verbe, son fils, Esprit, leur nœud divin,
Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière , 1 5
Règnes au ciel sans principe et sans fin.
A LAUDES
L'oiseau vigilant nous réveille ,
Sic, Christe, nobis omnibus Indulgeas credentibus, Ut prosit exorantibus , Quod praecinentes psallimus.
Prsesta, Pater piissime, Patrique compar unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne sseculum.
AD LAUDES
Aies diei nuntius
Que tout l'enfer fuie au son de ta voix; Dissipe ce sommeil d'une àme languissante, Qui la conduit dans l'oubli de tes lois.
Nous avons daus la notice (p. io4) parlé de cette variante, que nous ne croyons pas de Racine. Si en effet elle n'est pas de lui, que penser du manuscrit du British Miisœum, prétendu autographe, où la strophe est conforme à la leçon adoptée par Louis Racine et par les éditeurs qui sont venus après lui?
I. Cette hymne est dans le Bréviaire romain, Partie d* laver ^ p. i3o; Partie (Tété, p. 121 ; Partie d'automne, p. I24-
J. Racine, iv S
ii4 POÉSIES DIVERSES.
Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit : Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille, Et l'appelle à la vie , où son jour nous conduit.
« Quittez, dit-il, la couche oisive 5
Où vous ensevelit une molle langueur :
Sobres, chastes et purs, l'œil et l'àme attentive, Veillez : je suis tout proche, et frappe à votre cœur. »
Ouvrons donc l'œil à sa lumière , Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux, i o
Pleurons et gémissons : une ardente prière Ecarte le sommeil, et pénètre les cieux.
O Christ , ô soleil de justice , De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement ; Dissipe l'ombre épaisse où les plonge le vice , i 5
Et que ton divin jour y brille à tout moment.
Lucem propinquam prsecinlt;
Nos excitator mentiura
Jam Christus ad vitam vocat.
a Auferte, clamât, lectulos vEgro sopore desides; Castique, recti, ac sobrii Vigllate : jam sum proximus. »
Jesum ciamus vocibus, Fientes, precantcs, sobrii :
Inteuta supplicatio Dormire cor mundum vetat.
Tu, Christe, somuum discute; Tu rumpe noctis vincula ; Tu solve jieccatum vêtus, Novumque lumen ingère.
HYMNES DU BRÉVIAIRE ROMAIN. ii5
Gloire à toi, Trinité profonde, Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours. 20