LE JEUDI
A matines'.
De toutes les couleurs que distinguoit la vue L'obscure nuit n'a fait qu'une couleur :
Juste juge des cœurs, notre ardeur assidue Demande ici tes yeux et ta faveur.
Qu'ainsi prompt à guérir nos mortelles blessures . Ton feu divin , dans nos cœurs répandu .
Deo Patri sit gloria, Ejusque soli Filio, Cuni Spiritu Paraclito, Et nunc et in perpetuum.
AD 3IATTTIMM,
Nox atra rerum contegit Terrœ colores omnium :
Nos confîtentes poscimus Te, juste judex cordium,
Ut auferas piacula, Sordesque mentis abluas ;
I, Cette hymne est dansle Bréviaire romain^ Partie (Tkiver, p. iSa ; Partie d'été, p. i43 ; Partie d'automne, p. 146. M. le marquis de Biencourt la possède manuscrite : voyez ci-dessus, p. loi.
Consomme ' pour jamais leurs passions impures, Pour n'y laisser que l'amour qui t'est dû .
Effrayés des péchés dont le poids les accable,
Tes serviteurs voudroient se relever : 1 o
Ils implorent, Seigneur, ta bonté secourable, Et dans ton sang cherchent à se laver.
Seconde leurs efforts , dissipe l'ombre noire Qui dès longtemps les tient enveloppes ;
Et que l'heureux séjour d'une immortelle gloire i 5
Soit l'objet seul de leurs cœurs détrompés.
.Exauce, Père saint, notre ardente prière,
Verbe, son fils. Esprit, leur nœud divin , Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière,
Règnes au ciel sans principe et sans fin. 2»
Donesqne, Christe, gratlam, Lt arceanlur crimina.
Mens ecce torpet irapia , Quam culpa morclet noxia :
Obscura gestit toUere, Et te, Redemptor, quicrerp.
Repelle tu caligincm Intrinsecus quam maxime, Ut in beato gaudcat Se collocari lumine.
Prsesta, Pater piissime, Patrique compar unice, Cum Spiritu Paraclito Eegnans per omne sœculum.
I. Louis Racine, et à son exemple les éditeurs modernes, om substitué consume à consomme.
ifto POÉSIES DIVERSES.
A laides'.
Les portes du jour sont ouvertes, Le soleil peint le ciel de rayons éclatants : Loin de nous cette nuit dont nos âmes couvertes Dans le chemin du crime ont erré si longtemps.
Imitons la lumière pure 5
De l'astre étincelant qui commence son cours , Ennemis du mensonge et de la fraude obscure ; Et que la vérité brille en tous nos discours.
Que ce jour se passe sans crime , Que nos langues, nos mains, nos yeux soient innocents; Que tout soit chaste en nous , et qu'un frein légitime Aux lois de la raison asservisse les sens^.
AD LAUDES
Lux ecce surgit aurea :
Pallens fatiscat csecitas Quœ nosmet in prœceps diu Errore traxit devio.
Hœc lux sernnim conférât, Purosque nos prœstet sibi ; Nihil loquamur subdolum , A'olvanius ol)S(uium nlhil.
Sic tota decurrat dies, Ne lingua mendax, ne manus, Oculive peccent lubrici , Ne noxa corpus inquinet.
I. Cette hymne est dans le Bréviaire romain, Partie d' hiver, p. i8o ; Partie d'été, p. 171 ; Partie d'automne,-!^. 174. Comme la précédente, elle se trouve manuscrite dans la collection de M. le marquis de Biencourt.
a. Dans le Portefeuille de M. L, D, F*** , on lit : nos sens, au lieu de : les sens.
Du haut de sa sainte demeure Un Dieu toujours veillant nous regarde marcher; Il nous voit, nous entend, nous observe à toute heure ; 1 5 Et la plus sombre nuit ne sauroit nous cacher.
Gloire à Toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours. Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours. 2 o