‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 57 sur 306 · LE VENDREDI · texte numérisé non relu

LE VENDREDI

A MATINES*

Auteur de toute chose , essence en trois unique , Dieu tout-puissant, qui régis l'univers ,

Dans la profonde nuit nous t'offrons ce cantique : Écoute-nous, et vois nos maux divers.

Speculator adstat desuper, Qui nos diebus omnibus Actusque nostros prospicit, A luce prima in resperum.

Deo Patri sit glorîa, Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Et nunc et in perpetuum.

AD MATUTIKUM.

Tu Trinitatls unitas, Orbem potenter quse régis , Attende laudum cantica, Quae excubantes psallimus ;

I. Cette hymne est dans le Bréviaire romain, Partie d'hiver, p. 181; Partie (€été, p. 17a; Partie d^ automne, p. 17$.

Fandis que du sommeil le charme nécessaire Ferme les yeux du reste des humains ,

Le cœur tout pénétré d'une douleur amère , Nous implorons tes secours souverains.

Que tes feux de nos cœurs chassent la nuit fatale ;

Qu'à leur éclat soient d'abord dissipes Ces objets dangereux que la ruse infernale

Dans un vain songe offre à nos sens trompés.

Que notre corps soit pur; qu'une indolence ingrate Ne tienne point nos cœurs ensevelis;

Que par l'impression du vice qui nous flatte Tes feux sacrés n'y soient point afifoiblis.

Qu'ainsi, divin Sauveur, tes lumières célestes» Dans tes sentiers affermissant nos pas,

Nam lectulo consurgimus, Noctis quieto tempore, Ut flagitemus vnlnerum A te medelam omnium,

Quo fraude quidquld daemonum In noctibus deliquimus, Abstergat illud cœlitus Tuae potestas gloriœ.

Ne corpus adsit sordidum, Nec torpor instet cordlum , Nec criminis coutagio Tepescat ardor spiritus.

Ob hoc, Redemptor, qusesumus, Reple tuo nos lumiiie,

HYMNES DU BRÉVIAIRE ROMAIN. lai

Nous détournent toujours de ces pièges funestes

Que le démon couvre de mille appas. 20

Exauce, Père saint, notre ardente prière, Verbe , son fils , Esprit , leur nœud divin ,

Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière , Règnes au ciel sans principe et sans fin .

A LA t DES \

Astre que lOlympe révère , Doux espoir des mortels rachetés par ton sang , Verbe , Fils éternel du redoutable Père , Jésus, qu'une humble Vierge a porté dans son flanc,

Affermis l'àme qui chancelle ; 5

Fais que levant au ciel nos innocentes mains,

Per quod dierum circulis Nullis ruamus actibus.

Prœsta, Pater piissime, Patrique compar unice, Cum Spiritu Paracllto Regnans per omne sœculum.

AD LAUDES

^terna cœli gloria , Beata spes mortalium , Celsi tonantis unice, Castseque proies Tirglnis,

Da dexteram surgentibus, Exsurgat et mens sobria,

I. Cette hymne est dans ]e Bréviaire romain^ Partie d'hiver, p. ao3; Partie d'été, p. 194; Partie d'automne,-^. 197.

Nous chantions dignement et ta gloire immortelle, Et les biens dont ta grâce a comblé les humains.

L'astre avant-coureur de l'aurore, Du soleil qui s'approche annonce le retour * ; i ©

Sous le pâle horizon * Tonibre se décolore : Lève-toi dans nos cœurs , chaste et bienheureux jour '.

Sois notre inséparable guide ; Du siècle ténébreux, perce Fobscure nuit ; Défends-nous en tout temps contre l'attrait perfide 1 5 De ces plaisirs trompeurs dont la mort est le fruit.

Que la foi dans nos cœurs gravée

Flagrans et in laudem Dei Grates rependat débitas.

Ortus refulget Lucifer, Sparsamque luceni nuutiat ; Cadit caligo noctium :

Lux sancta nos illuminet;

Manensque nostris sensibus , Noctem repellat saeculi , Omnique fine diei Purgala servet pectora.

Qusesita jam primum fîdes

1. Dans le Portefeuille de M. L. D. F***, on lit : Du soleil qui s'approche avance le retour.

Ce doit être une faute d'impression.

2. Dans le Bréviaire romain: « orizon. > Voyez ci-dessus, p. 6i, note I.

3. On peut comparer ces deux derniers vers à ceux-ci de Corneille, qui ont un autre genre de beauté :

La nuit tombe : répands sur notre vive ardeur Les rais de ta lumière sainte.

HYMNES DU BREVIAIRE ROMAIN. i25

D'un rocher immobile ait la stabilité ;

Que sur ce fondement l'espérance élevée

Porte pour comble heureux l'ardente charité. 2 o

Gloire à Toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde, Et quand les siècles même auront fini leur cours.

LE SA3IEDI.

A MATINES*

O Toi qui d'un œil de clémence Vois les égarements des fragiles humains ; Toi dont l'être un en trois et le même en puissance A créé ce grand tout soutenu par tes mains,

Radicet altis sensibus; Secunda spes congaudeat, Qua major exstat cliaritas.

Deo Patrl sit gloria, Ejusque soli Filio, Cuni Spiritu Paraclito, Et nunc et in perpetuum.

AD MATLTI^UM.

Sumniœ Deus clementiae , Mundique factor maehinse, Unus potentiallter, Tiiiiusque personîiliter,

I. Cette h^inne est dans le iîm(a(Vc romain, Partie d'hiver, p. 204; Partie d'été, p. igS ; Partie dautomne^ p. 198.

Eteins ta foudre dans les larmes 5

Qu'un juste repentir mêle à nos chants sacrés; Et que puisse ta gi'àce , où brillent tes doux charmes , Te préparer un temple en nos cœurs épurés.

Brûle en nous de tes saintes flammes Tout ce qui de nos sens excite les transports, 10

Afin que toujours prêts , nous puissions dans nos âmes Du démon de la chair vaincre tous les efforts.

Pour chanter ici tes louanges , Notre zèle, Seigneur, a devancé le jour : Fais qu'ainsi nous chantions un jour avec tes anges i 5 I.es biens qu'à tes élus assure ton amour.

Père des anges et des hommes, Sacré Verbe , Esprit saint , profonde Trinité , Sauve-nous ici-bas des périls où nous sommes, Et qu'on loue à jamais ton immense bonté. a»

Nostros plus cum canlicis Fletus bénigne suscipe, Quo corde puro sordibus Te perfruauiur largius.

Lumbos jecurque morbidum Adure Igni oougruo , Accincti ut sint perpetim , Luxu remoto pessimo ;

Ut quique boras noctium Nunc concinendo rumpimus, Donis bealœ patriae Ditemur omnes affatim.

Prœsta, Pater piissime, Patrlque comparunice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne saeculum.

A LAUDES *

L'aurore brillante et vermeille Prépare le chemin au soleil qui la suit ; Tout rit aux premiers traits du jour qui se réveille : Ketirez-vous, dénions, qui volez dans la nuit.

Fuyez, songes, troupe menteuse.

Dangereux ennemis par la nuit enfantés; Et que fuie avec vous la mémoire honteuse Des objets qu'à nos sens vous avez présentés.

Chantons l'auteur de la lumière, Jusqu'au jour où son ordre a marqué notre fin, Et qu'en le bénissant notre aurore dernière Se perde en un midi sans soir et sans matin.

Al» LAUDES.

Aiirora jaiii spargit ])nlii!n , Terris dii s illabitur, Lucis résultat S])iciiliini :

Discedat oame luhricniji.

Phnntasina iioctis deeiilat ; Mentis rcatus suhriiat ; Quidquid tenebris horridi;r.:

Nox attulit culpœ, cadat ;

Et mane illud uUimum Quod prsestolaniur cernui In luceni nobis effluat, Duni hoc canore concrepat.

I. Cette hymne est dans le Bréviaire romain. Partie (fliirer, p. '2 34 î Partie cPété, p, aaS; Partie d^automne, p. 228. M. Boiitron-Charlard la possède manuscrite : voyez ci-dessus, p. loi.

Gloire à Toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde, i 5

Et quand les siècles même auront fini leur cours.

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