‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 62 sur 306 · LE SAMEDI · texte numérisé non relu

LE SAMEDI

Source éternelle de lumière, Trinité souveraine et très-simple unité, Le visible soleil va finir sa carrière : Fais luire dans nos cœurs l'invisible clarté.

Qu'au doux concert de tes louanges Notre voix et commence et finisse le jour; Et que notre âme enfin cliante avec tes saints anges Le cantique éternel de ton céleste amour.

Adfirons le Père suprême , Principe sans principe, abîme de splendeur.

HYMNES DU BRÉVIAIRE ROMAIN. i\'j

Le Fils , Verbe du Père , engendré dans lui-même , L'Esprit des deux, qu'il lie, amour, don, paix, ardeur.

Cette hymne est dans le Bréviaire romain. Partie d'hiver, p. 278; Partie (Tété, p. 264; Partie d'automne, p. 267; et dans VOfjice de C Église (édition de lôSg), p. 470. Les deux premières strophes, telles qu'elles sont ici, se trouvent également dans l'édition de i65o de V Office de r Église, à la page 418, mais la dernière strophe y est différente. La voici :

Gloire à Dieu, roi de l'Empyrée; Gloire à l'unique Fils ; gloire à l'Esprit de paix ! Que leur haute grandeur soit crainte et révérée En terre, dans le ciel, maintenant, à jamais.

ODE TIRIÉE DD PSAUME XVII, Diligam te, Domine, etc.

Dans sa Préface du commentateur sur les poésies diverses^ au tome V des OEuvres de Racine, p. 453, Geoffroy nous apprend qu'il a donné cette ode d'après le manuscrit autographe de Racine. « L'ode tirée du psaume xvii , Diligam te Domine, est, dit-il, publiée dans cette édition (1808) pour la première fois. Elle a été trouvée, ainsi que les notes qui l'accompagnent , à la vente de Racine le fils, et déposée à la Bibliothèque impériale par M. Capperonnier. Le manuscrit est de la main même du grand Racine. Il est impossible de fixer l'époque précise à laquelle cette ode a été faite. 0 Le précieux manuscrit que Geoffroy a eu entre les mains est aujourd'hui égciré, plutôt sans doute que perdu. Nous sommes pour le moment sans aucun moyen de contrôler le texte de Geoffroy ; il est probablement exact : la belle écriture de Racine se lit sans difficulté.

Puisque cette ode était dans les papiers de Louis Racine, il y a lieu de s'étonner qu'il ne l'ait pas publiée, qu'il n'en ait même jamais parlé comme d'un ouvrage de son père. Comment surtout en a-t-il lul-mcme hasardé une nouvelle traduction^ Mais alors peut-être ne connaissait-il pas encore le manuscrit qu'on a trouvé à sa vente.

Supérieure à la traduction des Hymnes, inférieure aux Cantiques spirituels, VOde tirée du psaume A'FII doit avoir été composée beaucoup plus tard que les premières et avant les derniers. Il est vraisemblable, comme l'a fait remarquer Geoffroy, que, dans les noies jointes au manuscrit, c'était Boileau que Racine consultait.

Si l'on veut comparer aux vers de Racine l'imitation du psaume xvii par son fils, on la trouvera au tome I des OEuvres de Louis Racine, p. 355 (édition de 1808, Paris, le Normant, 6 vol. in- 8°). Quoique VOde de notre poëte ne soit pas un de ses plus beaux ouvrages, on y

ODE TIRÉE DU PSAUME XVII. iSg

reconnaît la touche d'un maître ; et peut-être, pour en être encore plus frappé, est- il bon de lire, à côté de l'œuvre du père, celle du fils, modeste disciple, qui n'a jamais pu suivre que de bien loin ces traces paternelles qu'il cherchait pieusement.

Je t'aimerai, bonté suprême,

Mon défenseur et mon salut'.

Grand Dieu, d'un cœur plein de toi-même

Daigne accepter l'humble tribut.

De mes rivaux la haine impie 5

Attaquoit mon sceptre et ma vie ;

Tu sauves ma glou'e et mes jours :

En rendre grâce à ta tendresse ,

C'est assurer à ma foiblesse

Un nouveau droit à tes secours. i o

Déjà, dans mon âme éperdue

La mort répandant ses terreurs ,

Présentoit partout à ma vue

Et ses tourments et ses horreurs * :

Ma perte étoit inévitable ; 1 5

J'invoquai ton nom redoutable ,

Et tu fus sensible à mes cris :

Tu VIS leur trame sacrilège ,

Et ta pitié rompit le^iége

1. a Diligam te, Domine, fortitudo mea : Dominus firmamentuui « meum, et refugium ineum, et liberator meus. Deus meus adjutor « meus, et sperabo in eum. Protector meus, et cornu salutis meae, et c susceptor meus. » (Psaume xvii, versets 2 et 3.)

2. Racine, dans une des notes dont nous avons pailé, propose ici la Tariante :

Tout l'appareil de ses horreurs.

0 Lequel, dit-il, aimeriez-vous mieux. Monsieur? Dit-on présenter des tourments à la vue de quelquun ? D'un autre côté, partout et tout

r appareil. » — « Circumdederuut me dolores mortis Dolores in-

« ferni circumdederunl me : prœoccupaverunt me laquei mortis. » Psaume xvii, versets 5 et 6.)

i4o POESIES DIVERSES.

Où leurs complots m a voient surpris ' . « o

Tu dis , et ta voix déconcerte

L'ordre éternel des éléments.

Sous tes pas la terre entr'ouverte

Voit chanceler ses fondements.

Dans sa frayeur le ciel s'abaisse; 2 5

Devant ton trône une ombre épaisse

Te dérobe aux yeux des vivants;

Des chérubins , dans le silence ,

L'aile s'étend : ton char s'élance

A travers les feux et les vents*. 3o

Au-devant des pâles victimes

Que poursuit ton glaive perçant.

Prête à sortir de ses abîmes ,

La mer accourt en mugissant.

Intéressés à ta vengeance*, 3 5

Tous les fléaux , d'intelligence ,

S'unissent pour leur châtiment :

Du monde , près de se dissoudre ,

Le chaos en proie à la foudre

N'est plus qu'un vaste embrasement. 40

Quand tu soulèves la nature

1. « Eripxxit me de ininiicis meis fortissiiuis, et ab liis qui oderunt « me. » (Psaume xvii, verset 18.)

2. a Comraota est et contremiiit terra : fundamenta montium a conturbata sunt, et commota sunt, quoniam iratus est eis.... Incli- « navlt cœlos, et descendit; et caligo sub pedil)us ejus. Et asceiidit « super cberubim, et Aolavit; volavit super pennas ventorum. Et poa suit tenebras latibulum sauna, in circuitu ejus tabernaculumejus. » (^Ibidem, versets 8 et 10-12.)

3. i Et apparucrunt fontes aquarum, et revelata sunt fundamenta « orbis terrarum : ab increpatione tua, Domine, ab inspiratione spi- 0 ritus irae tua;, t {Ibidem^ verset 16.)

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