LA NAISSANCE D'UN ENFANT DE NICOLAS VITART
Ce sonnet nous a été conservé par Louis Racine àdius ses 3Ic' moires . Quoiqu'on le trouve déjà par conséquent dans notre tome I, p. 217 et 218, nous avons cru devoir le reproduire Ici parmi les essais poétiques de la jeunesse de Racine. Geoffroy lui avait aussi donné place dans son édition, tome V, p. 571. Il fut composé à l'occasion de la naissance de Marie-Charlotte Vitart, fille de Nicolas Vitart, née le i-' mai 1660. Cette même année Racine avait écrit un autre sonnet, dont il parle à l'abbé le Vasseur dans sa première lettre. Celui-là était adressé au cardinal ilazarin ; nous ne l'avons plus.
Il est temps que la nuit termine sa carrière : Un astre tout nouveau vient de luire en ces lieux ; Déjà tout l'horizon s'aperçoit de ses feux ; Il échauffe déjà dans sa pointe première.
Et toi, fille du jour, qui nais devant ton père, 5
Relie Aurore, rougis, ou te cache à nos yeux : Cette nuit un soleil est descendu des cieux. Dont le nouvel éclat efface ta lumière.
Toi qui dans ton matin parois déjà si grand,
Rel astre, puisses-tu n'avoir point de couchant ! 10
Sois toujours en beautés une aurore naissante.
A ceux de qui tu sors puisses-tu ressembler ! Sois digne de Dapbnis et digne d'Amarante * : Pour être sans égal, il les faut égaler.
1 . Daphnis et Amarante sont les noms poétiques que , dans sa correspondance, Racine donne à M. et à Mme Vitart.
AUX POÉSIES DIVERSES. 2o5