Var. (édit. de 1669) : quelque écliantillon
2. Var. (édit. de 1669) : et que la régularité de Ménandre et de Térence me sembloit bien plus glorieuse et même plus agréable à imiter que la liberté de Plaute et d'Aristophane.
3. Les éditions de 1713, 1728, 1786 ont : œ les gens de cour. » D'Olivet indique des comme variante.
i42 LES PLAIDEURS.
Ils auroient tort, à la vérité, s'ils me reprochoient d'avoir fatigue leurs oreilles de trop de chicane. C'est une langue qui m'est plus étrangère qu'à personne, et je n'en ai * employé que quelques mots barbares que je puis avoir appris dans le cours d'un procès que ni mes juges ni moi n'avons jamais bien entendu ^. ' Si j'appréhende quelque chose, c'est que des personnes un peu sérieuses ne traitent de badineries le procès du chien et les extravagances du juge. Mais enfin je traduis Aristophane, et l'on doit se souvenir qu'il avoit affaire à des spectateurs assez difficiles. Les Athéniens savoient apparemment ce que c'étoit que le sel attiquej et ils étoient bien sûrs, quand ils avoient ri d'une chose, qu'ils n'a voient pas ri d'une sottise.
Pour moi, je trouve qu'Aristophane a eu raison de pousser les choses au delà du vraisemblable. Les juges de l'Aréopage n'auroient pas peut-être trouvé bon qu'il eût marqué au naturel leur avidité de gagner, les bons tours de leurs secrétaires, et les forfanteries de leurs avocats. Il étoit à propos d'outrer un peu les personnages pour les empêcher de se reconnoître. Le public ne laissoit pas de discerner le vrai au travers du ridicule ; et je m'assure qu'il vaut mieux avoir occupé l'impertinente éloquence de deux orateurs autour d'un chien accusé, que si l'on avoit mis sur la sellette un véritable criminel, et qu'on eût intéressé les spectateurs à la vie d'un homme.
Quoi qu'il en soit, je puis dire que notre siècle n'a pas été de plus mauvaise humeur que le sien, et que si le but de ma comédie étoit de faire rire, jamais comédie
1 . Dans l'édition de M. Aimé-Martin on lit : « et je n'ai employé. »
2. Var. (édit. de 1669) : que je puis avoir retenus dans le cours d'un procès que ni moi ni mes juges n'ont jamais bien entendu.
AU LECTEUR
n'a mieux attrapé son but. Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez longtemps réjoui le monde. Mais je me sais quelque gré de l'avoir fait sans qu'il m'en ait coûté une seule de ces sales équivoques * et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avoient tiré.
I. Var. (édit. de 1669-87) : un seul de ces sales équivoques.
ACTEURS
DANDIN, juge*.
LÉANDRE, fils de Dandin.
CHICANNEAU, bourgeois 2.
ISABELLE, fille de Chicanneau.
LA COMTESSE
PETIT JEAN, portier.
L'INTIMÉ, secrétaire^ LE SOUFFLEUR.
La scène est dans une ville de basse Normandie.
1. Racine a pris le nom de Perrin Daiîdin dans Rabelais {Pantagruel^ livre III, chapitre xli). Là toutefois Perrin Dandin n'est pas un juge, mais un a appointeur de procès. » Le même chapitre de Rabelais offrait à Racine un nom de juge, Brïdoje, qui lui a semblé sans doute moins heureux, et dont Beaumarchais plus tard devait s'emparer : tout le monde connaît Brïdoison.
2. Nous avons conservé à ce nom les deux qui sont dans toutes les éditions imprimées du vivant de Racine. C'est seulement dans les éditions plus récentes qu'on l'écrit Chicaneau. Voyez plus bas, p. 160, note 2 . Rabelais a encore fourni ce nom j mais chez lui les chicanons sont des huissiers, non des plaideurs.
3. Le nom de l'Intimé est emprunté à la langue du Palais : V intimé est le défendeur en cause d'appel.
LES PLAIDEURS
COMÉDIE