‹ Œuvres;Chapitre 223 sur 422 · Far. Rome et tous vos soldats honorent ses aïeux · texte numérisé non relu

Far. Rome et tous vos soldats honorent ses aïeux

BRITANNICUS

Germanicus son père est présent à leurs yeux. 770

Elle sait son pouvoir ; vous savez son courage ;

Et ce qui me la fait redouter davantage,

C'est que vous appuyez vous-même son courroux,

Et que vous lui donnez des armes contre vous.

NÉRON

Moi, Burrhus ?

BURRHUS

Cet amour, Seigneur, qui vous possède

NÉRON

Je vous entends, Burrhus : le mal est sans remède. Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz. Il faut que j'aime enfin.

BURRHUS

Vous vous le figurez.

Seigneur; et satisfait de quelque résistance, Vous redoutez un mal foible dans sa naissance. 780 Mais si dans son devoir votre cœur affermi * Vouloit ne point s'entendre avec son ennemi ; Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire ; Si vous daigniez, Seigneur, rappeler la mémoire Des vertus d'Octavie, indignes de ce prix, 785 Et de son chaste amour vainqueur de vos mépris ; Surtout si de Junie évitant la présence. Vous condamniez vos yeux à quelques jours d'absence : Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer. On n'aime point. Seigneur, si l'on ne veut aimer ^. 790

1. Var. Mais si dans sa fierté votre cœur affermi. (1670 et 76)

2. On peut rapprocher ces vers d'un passage de la tragédie latine à^Octavie. Sénèque veut détourner Néron de l'amour de Poppée :

Fis magna fnentis, blandus atque animi calor

jémor est

Quein si Jovere atque alere désistas ^ caditj Brevique vires perdit exstinctus suas.

{Octane, vers 56i-5'65.)

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