Far. Rome et tous vos soldats honorent ses aïeux
BRITANNICUS
Germanicus son père est présent à leurs yeux. 770
Elle sait son pouvoir ; vous savez son courage ;
Et ce qui me la fait redouter davantage,
C'est que vous appuyez vous-même son courroux,
Et que vous lui donnez des armes contre vous.
NÉRON
Moi, Burrhus ?
BURRHUS
Cet amour, Seigneur, qui vous possède
NÉRON
Je vous entends, Burrhus : le mal est sans remède. Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz. Il faut que j'aime enfin.
BURRHUS
Vous vous le figurez.
Seigneur; et satisfait de quelque résistance, Vous redoutez un mal foible dans sa naissance. 780 Mais si dans son devoir votre cœur affermi * Vouloit ne point s'entendre avec son ennemi ; Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire ; Si vous daigniez, Seigneur, rappeler la mémoire Des vertus d'Octavie, indignes de ce prix, 785 Et de son chaste amour vainqueur de vos mépris ; Surtout si de Junie évitant la présence. Vous condamniez vos yeux à quelques jours d'absence : Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer. On n'aime point. Seigneur, si l'on ne veut aimer ^. 790
1. Var. Mais si dans sa fierté votre cœur affermi. (1670 et 76)
2. On peut rapprocher ces vers d'un passage de la tragédie latine à^Octavie. Sénèque veut détourner Néron de l'amour de Poppée :
Fis magna fnentis, blandus atque animi calor
jémor est
Quein si Jovere atque alere désistas ^ caditj Brevique vires perdit exstinctus suas.
{Octane, vers 56i-5'65.)