‹ Œuvres;Chapitre 226 sur 422 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE

AGRIPPINE

Hé bien ! je me trompois, Burrhus, dans mes soupçons?

Et vous vous signalez par d'illustres leçons! 8io

On exile Pallas, dont le crime peut-être

Est d'avoir à FEmpire élevé votre maître.

Vous le savez trop bien. Jamais sans ses avis

Claude, qu'il gouvernoit, n'eût adopté mon fils.

Que dis-je ? A son épouse on donne une rivale \ 8 1 5

On afFranclîit Néron de la foi conjugale.

Digne emploi d'un ministre, ennemi des flatteurs,

Choisi pour mettre un frein à ses jeunes ardeurs,

De les flatter lui-même, et nourrir dans son âme

Le mépris de sa mère et l'oubli de sa femme ! 820

BURRHUS

Madame, jusqu'ici c'est trop tôt m'accuser.

L'Empereur n'a rien fait qu'on ne puisse excuser*

N'imputez qu'à Pallas un exil nécessaire :

Son orgueil dès longtemps exigeoit ce salaire;

Et l'Empereur ne fait qu'accomplir à regret 825

Ce que toute la cour demandoit en secret.

Le reste est un malheur qui n'est point sans ressource ;

Des larmes d'Octavie on peut tarir la source.

Mais calmez vos transports. Par un chemin plus doux,

Vous lui pourrez plutôt ramener son époux : 8 3o

Les menaces, les cris le rendront plus farouche.

AGRIPPINE

Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche.

Je vois que mon silence irrite vos dédains ;

Et c'est trop respecter l'ouvrage de mes mains.

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