‹ Œuvres;Chapitre 229 sur 422 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Faut-il sacrifier le repos de vos jours? Contraindrez- vous César jusque dans ses amours?

AGRIPPINE

Quoi? tu ne vois donc pas jusqu'où l'on me ravale,

Albine? C'est à moi qu'on donne une rivale. 880

Bientôt, si je ne romps ce funeste lien,

Ma place est occupée, et je ne suis plus rien.

Jusqu'ici d'un vain titre Octavie honorée ,

Inutile à la cour, en étoit ignorée.

Les grâces , les honneurs par moi seule versés 8 8 5

M'attiroient des mortels les vœux intéressés.

Une autre de César a surpris la tendresse :

Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse.

Le fruit de tant de soins , la pompe des Césars ,

Tout deviendra le prix d'un seul de ses regards. 890

Que dis-je? l'on m'évite, et déjà délaissée....

Ah ! je ne puis, Albine, en souffrir la pensée.

Quand je devrois du ciel hâter l'arrêt fatal*,

Néron, l'ingrat Néron Mais voici son rival.

Page 1