‹ Œuvres;Chapitre 251 sur 422 · NERON, NARCISSE · texte numérisé non relu

NERON, NARCISSE

NARCISSE

Seigneur, j'ai tout prévu pour une mort si juste.

Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste *

A redoublé pour moi ses soins officieux :

Elle a fait expirer un esclave à mes yeux ;

Et le fer est moins prompt, pour trancher une vie, 1 395

Que le nouveau poison que sa main me confie.

NÉRON

Narcisse, c'est assez; je reconnois ce soin, Et ne souhaite pas que vous alliez plus loin.

NARCISSE

Quoi ? pour Britannicus votre haine afPoiblie Me défend....

NÉRON

Oui, Narcisse, on'nous réconcilie. 1400

NARCISSE

Je me garderai bien de vous en détourner,

Seigneur; mais il s'est vu tantôt emprisonner :

Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle.

Il n'est point de secrets que le temps ne révèle :

Il saura que ma main lui devoit présenter 1405

Un poison que votre ordre avoit fait apprêter.

I. Locuste fut longtemps comptée, dit Tacite {Annales, livre XII, chapitre Lxvi), parmi les instruments d'État, <c diu inter instrumenta regni hait bita. )) C'était elle qui avait préparé le poison dont mourut Claude. Suétone (iVérora, chapitre xxxiii) dit que Néron dpmanda à Locuste le poison qu'il voulait donner à Britannicus, et que l'essai en fut fait sur un bouc et sur un pourceau. Tacite {Annales, livre XIII , chapitre xv) raconte que l'agent choisi par Néron pour l'empoisonnement de Britannicus fut Julius Pollion, tribun d'une cohoite prétorienne, qui tenait sous sa garde Locuste, alors condamnée pour ses crimes.

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