ACTE IV, SCÈNE IV
Donner à sa vertu des armes contre moi.
J'oppose à ses raisons un courage inutile :
Je ne Técoute point avec un cœur tranquille. 1460
NARCISSE
Burrhus ne pense pas, Seigneur, tout ce qu'il dit :
Son adroite vertu ménage son crédit ;
Ou plutôt ils n'ont tous qu'une même pensée :
Ils verroient par ce coup leur puissance abaissée ;
Vous seriez libre alors , Seigneur ; et devant vous 1465
Ces maîtres orgueilleux fléchiroient comme nous.
Quoi donc? ignorez-vous tout ce qu'ils osent dire?
<c Néron, s'ils en sont crus, n'est point né pour l'Empire;
Il ne dit, il ne fait que ce qu'on lui prescrit :
Burrhus conduit son cœur, Sénèque son esprit. 1470
Pour toute ambition , pour vertu singulière ,
Il excelle à conduire un cliar dans la carrière ,
A disputer des prix indignes de ses mains ,
A se donner lui-même en spectacle aux Romains .
A venir prodiguer sa voix sur un théâtre , 1 4 7 5
A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre ,
Tandis que des soldats, de moments en moments.
Vont arracher pour lui les applaudissements. >»
Ah ! ne voulez-vous pas les forcer à se taire ?
NÉRON
Viens, Narcisse. Allons voir ce que nous devons faire.
FIN DU QUATRIÈME ACTE
BKITANNICUS.