‹ Œuvres;Chapitre 266 sur 422 · SCÈNE VIP · texte numérisé non relu

SCÈNE VIP

AGRIPPINE, BURRHUS

AGRIPPINE

Ah ciel! de mes soupçons quelle étoit l'injustice ! 1695

Je condamnois Burrhus, pour écouter Narcisse.

Burrhus, avez- vous vu quels regards furieux

Néron en me quittant m'a laissés pour adieux ?

C'en est fait : le cruel n'a plus rien qui l'arrête;

Le coup qu'on m'a prédit va tomber sur ma tète. 1700

Il vous accablera vous-même à votre tour.

BURRHUS

Ah ! Madame, pour moi j'ai vécu trop d'un jour. Plùt au ciel que sa main, heureusement cruelle, Eût fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle !

I. Cette scène est la scène vm dans l'édition de 1670. Voyez ci-dessus, p. 334, note I.

J. Ragijne. If 22

BRIÏANNICUS.

Qu'il ne m'eût pas donné, par ce triste attentat, 1705

Un gage trop certain des malheurs de TÉtat !

Son crime seul n'est pas ce qui me désespère ;

Sa jalousie a pu l'armer contre son frère ;

Mais s'il vous faut, Madame, expliquer ma douleur,

Néron l'a vu mourir sans changer de couleur. 17 10

Ses yeux indifTérents ont déjà la constance

D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance.

Qu'il achève, Madame, et qu'il fasse périr

Un ministre importun, qui ne le peut souffrir.

Hélas ! loin de vouloir éviter sa colère, 1 7 1 5

La plus soudaine mort me sera la plus chère.

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