Tome m, p
BÉRÉNICE
en 1797. Deux représentations de Bérénice données en février 1807 réussirent très-peu; elles offrirent cette singularité que le rôle très-sacrifié d'Antiochus était joué par Talma; c'était Damas qui s'était chargé de celui de Titus. Il y avait trente-sept ans qu'on n'osait plus remettre Bérénice sur la scène, lorsqu'au mois de janvier 1844 Mlle Rachel reprit le rôle qu'avaient illustré les Champmeslé et les Gaussin. Elle ne j le garda pas longtemps : soil que nous ne sachions plus guère \ nous contenter d'un intérêt aussi simple que celui de cette douce élégie , soit que l'actrice eût conscience qu'il manquait cette fois quelque chose à son talent, plus remarquable par la fière énergie que par le don des larmes. Elle avait cependant déployé dans l'interprétation de ce rôle quelques-unes de ses grandes qualités. « Un organe pur, encore vibrant et à la fois attendri, dit M. Sainte-Beuve^, un naturel, une beauté continue de diction , une décence tout antique de poses , de gestes , de draperies, ce goût suprême et discret qui ne cesse d'accompagner certains fronts nés pour le diadème, ce sont là les traits charmants sous lesquels Bérénice nous est apparue; et lorsqu'au dernier acte, pendant le grand discours de Titus, elle reste appuyée sur le bras du fauteuil, la tête comme abîmée de douleur; puis lorsqu'à la fin elle se relève lentement, au débat des deux princes, et prend, elle aussi, sa résolution magnanime, la majesté tragique se retrouve alors, se déclare autant qu'il sied, et comme l'a entendu le poëte : l'idéal de la situation est devant nous. »
L'édition de 1697 est celle que nous suivons pour le texte de Bérénice^ comme pour celui des pièces précédentes. Nous donnons les variantes de 1671, édition séparée et la première de toutes, et celles des recueils de 1676 et de 1687.