‹ Œuvres;Chapitre 297 sur 422 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Chargé de mille cœurs conquis par mes bjjsjifaits !

Je lui j ois tout ^ Paulin. Bécompense cruelle ! ^out ce que je lui dois va retomber sur elle. 520 iPour prix de tant de gloire et de tant de vertus ,

Je lui dirai : « Partez, et ne me voyez plus. »

PAULIN

Hé quoi ? Seigneur, hé quoi ? cette magnificence Qui va jusqu'à l'Euphrate étendre sa puissance, Tant d'honneurs , dont l'excès a surpris le sénat, 5^5 Vous laissent-ils encor craindre le nom d' insérât ? Sur cent peuples nouveaux Bérénice commande.

TITUS

Foibles amusements d'une douleur si grande*!

Je connois Bérénice , et ne sais que trop bien

Que son cœur n'a jamais demandé que le mien. 53 o

Je l'aimai, je lui plus. Depuis cette journée

(Dois-je dire funeste , hélas ! ou fortunée ?) ,

Sans avoir en aimant d'objet que son amour ,

Etrangère dans Rome , inconnue à la cour,

Elle passe ses jours , Paulin , sans rien prétendre 5 3 5

Que quelque heure à me voir, et le reste à m' attendre.

/Encor si quelquefois un peu moins assidu

'Je passe le moment où je suis attendu, Je la revois bientôt de pleurs toute trempée. Ma main à les sécher est longtemps occupée. 540 Enfin tout ce qu'Amour a de nœuds plus puissants , Doux reproches , transports sans cesse renaissants , Soin de plaire sans art , crainte toujours nouvelle, Beauté, gloire,, vertu, je trouve tout en elle. Depuis cinq ans entiers chaque jour je la vois, 545

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