Var. Que la perte d'un cœur qu'elle a trop mérité
3. Les éditions du dix-septième siècle out : remeine. C'est l'orthographe constante^ et non pas seulement accidentelle pour rimer avec Reine ^ du verbe mener à ce temps. — L'édition de 1680 et celle de 1713 portent : rameine, et, à leur exemple, plusieurs impressions modernes, entre autres celle de Geoffroy : ramène.
Elle en sera bientôt instruite par ma voix ,
Et je vais lui parler pour la dernière fois. 490
PAULIN
Je n'attendois pas moins de cet amour de gloire Qui partout après vous attacha la victoire. La Judée asservie , et ses remparts fumants , De cette noble ardeur éternels monuments , Me répondoient assez que votre grand courage 495 Ne voudroit pas , Seigneur, détruire son ouvrage ; I Et qu'un héros vainqueur de tant de nations V Sauroit bien, tôt ou tard , vaincre ses passions.
TITUS
Ah ! que sous de beaux noms cette gloire est cruelle ! Combien mes tristes yeux la trouveroient plus belle, 5 00 S'il ne falloit encor qu'afîronter le trépas ! Que dis-je? Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée. Tu ne l'ignores pas : toujours la Renommée Avec le même éclat n'a pas semé mon nom. 5o5 Ma jeunesse, nourrie à la cour de Néron*, S'égaroit, cher Paulin, par l'exemple abusée, Et suivoit du plaisir la pente trop aisée. ^Bérénice me plut. Que ne fait point un cœur Pour plaire à ce qu'il aime, et gagner son vainquem*? Je prodiguai mon sang; tout fit place à mes armes. Je revins triomphant. Mais le sang et les larmes Ne me suffisoient pas pour mériter ses vœux : J'entrepris le bonheur de mille malheureux. On vit de toutes parts mes bontés se répandre ^ : 5 i 5 Heureux ! et plus heureux que tu ne peux comprendre , Quand je pouvois paroître à ses yeux satisfaits
1. « Educatus in aula cum Britannico siraul. » (Suétone, Ti^w^, chapitre ii.)