ACTE II, SCEINE V
Je ne te vante point cette foibîe victoire , 6 5 5
Titus. Ah ! plùt au ciel que sans blesser ta gloire Un rival plus puissant voulût tenter ma foi, Et pût mettre à mes pieds plus d'empires que toi , Que de sceptres sans nombre il pût payer ma flamme , Que ton amour n'eût rien à donner que ton âme ! 660 C'est alors, cher Titus, qu'aimé, victorieux. Tu verrois de quel prix ton cœur est à mes yeux * . Allons , Phénice , un mot pourra le satisfaire . Rassurons-nous, mon cœur, je puis encor lui plaire : Je me comptois trop tôt au rang des malheureux. 66 5 Si Titus est jaloux , Titus est amoureux.
I. La Zaïre de Voltaire exprime un sentiment semblable clans la même scène i de l'acte I, dont nous avons déjà cité plus liant deux vers :
... Si le ciel sur lui déployant sa rigueur, Aux fers que j'ai portés eût condamné sa vie, Si le ciel sous nos lois eût rangé la Syrie, Ou mon amour me trompe, ou Zaïre aujourd'hui Pour l'élever à soi descendroit jusqu'à lui.
FIN DU SECOND ACTE
4o4 BÉRÉNICE.