‹ Œuvres;Chapitre 396 sur 422 · Yoyez ci-dessus, vers ii · texte numérisé non relu

Yoyez ci-dessus, vers ii

2. Toutes les éditions imprimées du vivant de Racine ont: V appas, et non : Vappât. Voyez ci-dessus, p. 3 12, note 2.

BAJAZET

Ainsi donc mon amour étoil récompensé,

Lâche, indigne du jour que je t'avois laissé ?

Ah ! je respire enfin ; et ma joie est extrême

Que le traître une fois se soit trahi lui-môme.

Libre des soins cruels où j'allois m'engager, 1275

Ma tranquille fureur n'a plus qu'à se venger.

Qu'il meure. Vengeons-nous. Courez. Qu'on le saisisse;

Que la main des muets s'arme pour son supplice.

Qu'ils viennent préparer ces nœuds infortunés

Par qui de ses pareils les jours sont terminés. 1280

Cours, Zatime : sois prompte à servir ma colère.

ZATIME.

Ah! Madame.

ROXANE

Quoi donc?

ZATIME.

Si sans trop vous déplaire, Dans les justes transports, Madame, où je vous vois, J'osois vous faire entendre une timide voix : Bajazet, il est vrai, trop indigne de vivre, 1285 Aux mains de ces cruels mérite qu'on le livre. Mais tout ingrat qu'il est, croyez-vous aujourd'hui Qu'Amurat ne soit pas plus à craindre que lui ? Et qui sait si déjà quelque bouche infidèle Ne l'a point averti de votre amour nouvelle? 1290 Des cœurs comme le sien, vous le savez assez. Ne se regagnent plus quand ils sont offensés; Et la plus prompte mort, dans ce moment sévère. Devient de leur amour la marque la plus chère.

ROXANE

Avec quelle insolence et quelle cruauté 1295

Ils se jouoient tous deux de ma crédulité !

Quel penchant, quel plaisir je sentois à les croire î

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