Les éditions de I7i3 et de 1728 donnent ce vers ainsi
Et quel étoit le fruit de son emportement ?
Les éditions de 1768, de 1808 et celle de M. Aimé-Martin ont, ainsi que d'Olivet, relevé cette prétendue variante, qui n'est qu'uue faute d'impression .
2. L'édition de 1736 donne de ce vers et du suivant cette correction, tirée, y est-il dit, de l'exemplaire des comédiens :
Vous l'accusez, Seigneur, de ce dessein bizarre; Cependant, tourmenté de ses propres destins.
ANDROMAQUE
Ses yeux s'ouvroient , Pyîade ; elle écoutoit Oreste, 741 Lui parloit , le plaignoit. Un mot eût fait le reste.
PYIiADE.
Vous le croyez.
ORESTE
Hé quoi? ce courroux enflammé Contre un ingrat...,
PYLADE
Jamais il ne fut plus aimé.
Pensez-vous , quand Pyrrhus vous l'auroit accordée , Qu'un prétexte tout prêt ne Teut pas retardée .^^ 7 5 M'en croirez-vous ? Lassé de ses trompeurs attraits , Au lieu de l'enlever, fuyez-la pour jamais*. Quoi ? votre amour se veut charger d'une furie Qui vous détestera , qui toute votre vie Regrettant un hymen tout prêt à s'achever, 7 5
Voudra. . , .
OR ESTE
C'est pour cela que je veux l'enlever.
Tout lui riroit , Pylade ; et moi , pour mon partage , Je n'emporterois donc qu'une inutile rage ? J'irois loin d'elle encor tâcher de l'oublier? Non, non , à mes tourments je veux l'associer. 76 C'est trop gémir tout seul. Je suis las qu'on me plaigne Je prétends qu'à mon tour l'inhumaine me craigne , Et que ses yeux cruels, à pleurer condamnés, Me rendent tous les noms que je leur ai donnés.
PYLADE
Voilà donc le succès qu'aura votre ambassade : 7 6 Oreste ravisseur !
ORESTE
Et qu'importe , Pylade ?
I. Var. Au Heu de l'enlever, Seigneur, je la fuirais. (1668 et 73) — 11 y a dans ces deux éditions fuirais^ par un a, pour rimer avec attraits.