ACTE III, SCÈNE II
Que sa flamme attendroit si tard pour éclater,
Qu'il reviendroit à moi quand je Tallois quitter ?
Je veux croire avec vous qu'il redoute la Grèce ,
Qu'il suit son intérêt plutôt que sa tendresse ,
Que mes yeux sur votre àme étoient plus absolus. 8 i 5
O RESTE
Non, Madame : il vous aime, et je n'en doute plus. Vos yeux ne font-ils pas tout ce qu'ils veulent faire? Et vous ne vouliez pas sans doute lui déplaire.
HERMIONE
Mais que puis-je, Seigneur? On a promis ma foi.
Lui ravirai-je un bien qu'il ne tient pas de moi? 820
L'amour ne règle pas le sort d'une princesse :
La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse.
Cependant je partois; et vous avez pu voir
Combien je relâcliois pour vous de mon devoir.
o RESTE.
Ah ! que vous saviez bien, cruelle.... Mais, Madame ,
Chacun peut à son choix disposer de son âme.
La vôtre étoit à vous. J'espérois; mais enfin
Vous l'avez pu donner sans me faire un larcin.
Je vous accuse aussi bien moins que la fortune.
Et pourquoi vous lasser d'une plainte importune ? 8 3o
Tel est votre devoir, je l'avoue ; et le mien
Est de vous épargner un si triste entretien.