‹ ŒuvresChapitre 117 sur 232 · L. Lucilii Frag · texte numérisé non relu

L. Lucilii Frag

Scipiads roagno improbus objiciebat Asellus Lustrum illo censore malum infelixque fuisse.

— Ex. XI 1. Satyr. — Noniua.—

Nam y etus ille Cato lacessisse appeliari, quod oonscius ips« non

[eratsibi.

— Ex XIV lib. iSI^yr . — Caper apud Pris., in la-

cetto. —

Cohibet et domi mœstus se Albtnus, repudiuro quod fili» re-

[misit.

— Ex XVIII lib. .%ilyr.— Nonius,in remdiere.—

Vellem concilie yestrum, quod dicîtis, olim, Cœlicolc, Tellem, inquam, adfuissemu* priore Concilie. — Sertius, in IX JS». —

Ut nemo sit nostrum quin aut pater optimu' divum, Aut Neptunu* pater, Liber, Saturnu^ pater, Mars, Janus, Qfuirinus pater, nomen dicatur ad unum.

— Lactantius, lib. IV, cap. 3.— C. Lucilii Frag,

Lactantius , IV, 5.

Nunc vero à mane ad noctem, festo atque profesto Totus item pariterque die populusque patresque Jactare indu foro se omnes, decedere nusquam. Uni se atque eidem studio omnes dedere, et arli, Verba dare ut caute possint, pugnare dolose, Blanditia certare, bonum simulare yirum s^ Insidias facere, ut si hostes sint omnibus omnes.

Cic, Defhubuê,

Grccum te Albuti, quam Romanum atque Sabinum,

HISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

(oui son mépris pour la vieille liltéralure de sa patrie, était obligé dédire : Pour Nofvius, on ne le m poê, on le êait} il est , comme d'hier, danê toutes les mémoires.,,

La lâche victoire des nobles sur Nœvius ne lés préserva pas d'attaques plus sérieuses. Dans cette époque de la gloire et de la toute -puissance des Scipions, un patricien de la famille toujours populaire des Yalerii, Yalérius Flaceus, fit venir de Tusculum , et établit près de lui à Rome un jeune Italien d'un génie singulièrement énergique, d'un courage éprouvé et d'une éloquence mordante. C'était un homme roux , aux yeux bleus, d'un aspect barbare, et d'un regard qui défiait ami et ennemi.

Municipem ponti, Titi, Anni, centurionum Pneclaromm homiiiom, ac primoram, signiferumque, M aluiftti dici. Grwoe ergo pnetor Atheow, Id qaod maluisti, te, qnum ad me accedis, talato, XaTps, inquam, Tite, lictores, turma omni cohorsque, XalpsTf hioc hostis Muti Albutius, hinc inimicus.

Cic, De oratore, lib. III.

Quam lepide lexcis compost» ul tesseruls omnes , Arte payimento, atque emblemate vermiculato, Crasaum habeo geoernm : ne rhetorieoterot tu «s.

1 Ces détails et la plupart de ceux qui suivent , sont tirés de Plutarqve.

' Cato, dêR, r.: « Yendat olenm, si precinm habeat, » vinum frinDentumque quod saperait. Yendat boves » vetolos, armenta delicula, oves deliculas, lanam, » pelles , plaustram vêtus , ferramenta vetera , servum » senem, servum morbosum , et si quid aliud saperait, » vendat. Patrem familias vendacem, non emacem esse n oportet. »

« Que le père de famille vende Thnile , si elle a du prix, et ce qui lui reste de vin et de blé. Qu*il vende les FÎeox bœufs, les veaux, les petites brebis, la laine, les peaux, les vieux chariots, les vieux fers, Tesclave vieux, Teaclave malade , et tout ce qui peut être vendu : il faut que le père de famille soit vendeur, non acheteur. »

« Est interdum pries tare mercatnris rem qmerere, ni » tam pericolosam siet ; et item fœnerari , si tam ho- » nestum siet. Majores enim nostri hoc sic habueront ,

* et ita in legibus posuerunt : furem dopli condemnari, » fœneratorem quadrupli. Qnauto pejorem civem existi- » marin tfœneratorem quam furem hinc licet existimare; » etvirumbonumcum laudabant,ita Uudabant : bonum

• agricolam, bonumque colon um. Amplissime laudari » existimatur , qui ita laudabatur. Mercatorem autem » slrenuum studiosumque rei quaerendae existimo ; ve- » rum periculosum et calamitosum. At ex agricolis et » viri fortissimi et milites strenuissimi gignuntur, » maximeque pius quseâtus stabilissimusque consequi- » tur, minimeque invidiosus; minimeque maie oogi- » tantes sunt, qui ip eo studio occupati sunt. »

« Il n*y aurait rien de mieux que de s^enriohir par le négoce, si cette voie était moins périlleuse ; ou que de prêter i usure , si le moyen était plus honnête; mais

Son nom de famille était /'orctsM (le porcher). Mais il était si avisé dès son enfance , qu'on l'avait surnommé Caion ^ A dix-sept ans, il avait servi contre Hannibal. Depuis, il cultivait un champ voisin de celui du vieux Manius Curius , le vainqueur des Samnites. Le matin, il allait répondre sur le droit et plaider dans les petites villes voisines de Tusculum. Puis, il revenait, se mettait tout nu, labourait avec ses esclaves , mangeait avec eux, buvait comme eux de l'eau , du vinaigre ou de la piquette. Toutefois ce n'était pas un mattre tendre. Le père de famille, dit-il dans son livre d'agriculture, doit vendre les vieilles charrettes, les vieilles ferrailles , les vieux esclaves ^.

telle est sur ce point Topinion de nos ancêtres et les dispositions de leurs lois , quMls condamnent le voleur à restituer le double, et Tusurier à rendre le quadruple. Yous pouvez juger par là combien Pusurier leur parait un citoyen pire que le voleur. Youlaient-ils au contraire louer un homme de bien , ils le nommaient bon laboureur et bon fermier ; et cet éloge paraissait le plus complet qu^on pût recevoir. Quant au marchand, je le trouve homme actif et soigneux d*amasser, mais de condition périclitante et calamiteuse. Pour les laboureurs , ils engendrent les hommes les plus courageux et les soldats les plus robustes ; c*est de leur profeaaion que l*on tire le profit le plus légitime, le plus sAr et le moins attaquable; et ceux qui y sont occupés sont le moins sujeta à penser i mal. • ( Trad. de M. Villemain.)

« Quant à moi, dit Plutarque , je u'auraia jamais le cœur de vendre mon vieux bœuf laboureur , encore moins mon vieil esclave. » a Caton , dit M. Yillemain, n^entendait pas ces délicatesses, il songeait seulement i faire une bonne maison. »

« Dicam de istis Graecis suo loco, Marce fili. Quid « Athenis exquisitum habeam, et quod bonum sit illo- » rum litteras inspioere, non perdiscere , vincam. Ne- » quissimum et indocile genus illorum; et hoc puta » vatem dixisse : Qnandocumque ista gens suas litteras

• dabit, omnia corrumpet; tum etiam si medicos suos n hue mittet. Jurarnnt inter se barbaros necare omnes « medicina; et hoc ipsum mercede faciunt , ut fides iis 0 sit et facile disperdant. Nos quoque dictitant barba-

• ros , et spurcins nos quam alios populos opicorum » appellatione fœdant, interdixi tibi de medicis. «

« Je parlerai de ces Grecs en temps et lieu , mon fils Marcus. Je dirai ce que j^ai observé à Athènes; il peut être bon d*effleurer les arts, mais non de les approfondir, et je le prouverai. Cette race est du monde la plus perverse et la plus intraitable; et je crois entendre un oracle : Toutes les fois que cette nation nous apportera ses arts, elle corrompra tout, et c'est pis encore si elle envoie ici ses médecins. Ils ont juré entre eux d*exterminer, par la médecine, tous les barbares jasqu^au dernier ; et ils n'exigent le salaire de leur métier que pour usurper la confiance et tuer plus à l'aise. Nous aussi ils nous appellent barbares , et nous outragent plus ignominieusement que tous les autres peuples , en

HISTOIAE DE LÀ RÉPUBLIQUE ROMAINE

Établi à Rome par Valériiis, appuyé par Fabius, il devinl saccessivement tribun d'une légion, questeur, préteur, enfin consul et censeur avec son ancien patron.

Envoyé comme préteur en Espagne, il commença par renvoyer les fournisseurs de vivres , déclarant que la guerre nourrirait la guerre. En trois cents jours , il prit quatre cents villes ou villages , qu*il fit démanteler tous à la même heure. Il rapporta dans le trésor une somme immense ; et au moment de se rembarquer, vendit son cheval de bataille, pour épargner à la république les frais du transport. Dans toute l*eipédition, il avait toujours été à pied, avec un esclave qui portait les provisions, et qu'il aidait dans Toccasion à les préparer. Après avoir obtenu le triomphe , il n'en partit pas moins comme simple tribun , pour combattre Antiochus en Grèce. Aux Thermopyles, le général romain embrassa Caton devant toute l'armée, avoua qu'on lui devait la victoire , et le chargea d'en porter la nouvelle i Rome.

Tant de vigueur et de sévérité pour lui-même prêtait une autorité merveilleuse à l'àpreté cynique de ses attaques contre les mœurs des nobles. C'était

nous traitaot d^opiqQes.Mon fils, je t'interdis les médecins. »

Plut., Cat,vii,y c. 59 : « Caton avait toujours an grand nombre d'esclaves qu'il achetait parmi les prisonniers ; il choisissait les plus jeunes , comme plus susceptibles d'éducation. Aucun de ses esclaves n'allait jamais dans une maison étrangère qu'il n'y fût envoyé par Caton ou par sa femme ; et toutes les fois qu'on demandait à l'esclave ce que faisait son maître, il répondait : « Je n'en sais rien. >» 11 voulait qu'un esclave fût toujours occupé dans la maison ou qu'il dormit. Il aimait les esclaves dormeurs , parce qu'il les croyait plus doux que ceux qui aimaient à veiller; après que le sommeil avait réparé leurs forces, ils étaient plus propres à remplir les tâches qu'on leur donnait. Persuadé que rien ne portait plus les esclaves à mal faire que l'amour des plaisirs , il avait établi que les siens pourraient voir en certain temps les femmes de la maison pour une pièce d'argent qu'il avait fixée, en leur défendant d'approcher d'aucune autre femme. Dans les commencements , lorsqu'il était encore pauvre, et qu'il servait comme simple soldat, il ne se fâchait jamais contre ses esclaves, et trouvait bon tout ce qu'on lui servait. Rien ne lui paraissait plus honteux que de quereller des esclaves pour sa nourriture. Dans la suite, quand sa fortune fut augmentée , et qu'il donnait à manger à ses amis et aux officiers de son armée, il faisait, aussitôt après le dîner, donner les étrivières à ceux de ses esclaves qui avaient servi négligemment ou mal apprêté quelques mets. 11 avait soin d'entretenir toujours parmi eux des querelles et des divisions : il se méfiait de leur bonne intelligence et en craignait les effets. Si un esclave avait commis un crime digne de mort , il le jugeait en présence de tons

surtout contre les Scipions qne les Fabias et les Valérius semblaient l'avoir lâché, dès son arrivée à Rome. Dans sa questure en Sicile , il accusa les dépenses de l'Africain, et sa facilité à imiter les Grecs. Scipion le renvoya, en disant : « Je n'aime pas un questeur si exact. »

Il ne fallait pas moins que l'énergie de Caton pour réprimer l'insolence et la tyrannie des grandes familles qui se tenaient étroitement unies pour l'oppression du peuple. Quintius Flaminius avait nommé Scipion prince du sénat. Deux fils de Paul Emile étaient entrés par adoption dans les familles des Scipions et des Fabius. Des deux filles du grand Scipion, l'une épousa Sempronius Gracchus, l'autre Scipion Nasica. Ainsi , malgré les haines de famille , toute l'aristocratie se tenait par des mariages ; c'est ce qui rendait les grands si forts contre la justice, et les mettait au-dessus des lois. Un gendre de Fabius ayant été accusé de trahison, son beau-père, pour le faire absoudre, n'eut qu'à dire qu'il était innocent, puisqu'il était resté le gendre de Fabius. Scaurus étant accusé plus tard, se justifia de la manière suivante : Yarius de Sucrone accuse iEmilius Scaurus d'avoir reçu des présents

les autres, et, s'il était condamné, il le faisait mourir devant eux.

n Devenu enfin trop ardent à acquérir des richesses, il négligea l'agriculture, qui lui parut un objet d'amusement plutôt qu'une source de revenus; et, voulant placer son argent sur des fonds plus sûrs et moins sujets à varier, il acheta des étangs, des terres, où il y eût des sources d'eaux chaudes , des lieux propres à des foulons , des possessions qui occupassent beaucoup d'ouvriers, qui eussent des pâturages et des bois, dont il retir&t beaucoup d'argent, et dont Jupiter, comme il le disait lui-même, ne pût diminuer le revenu. Il exerça la plus décriée de toutes les usures , l'usure maritime ; et voici comment il s'y prenait. Il exigeait de ceux à qui il prétait son argent qu'ils fissent , au nombre de cinquante, une société de commerce, et qu'ils équipassent autant devaisseaux , sur chacun desquels il avait une portion qu'il faisait valoir par un de ses afiranchis, qui , étant comme son facteur , s'embarquait avec les antres associés, et avait sa part dans tous les bénéfices. Par là il ne risquait pas tout son argent, mais seulement une petite portion dont il tirait de gros intérêts. Il prêtait aussi de l'argent k ses esclaves pour acheter de jeunes garçons ; et, après les avoir exercés et instruits aux frais de Caton, ils les revendaient au bout d'un an. Caton en retenait plusieurs qu'il payait an prix de la plus haute enchère. Il excitait son fils h ce commerce usuraire, en lui disant qu'il ne convenait tout au plus qu'à une femme veuve de diminuer son patrimoine. •

M. Cassen a placé à la suite de ses lettres de Fronton et de Marc-Aurèle, des traductions élégantes et fidèles de plusieurs morceaux de Caton et autres auteurs anciens.

pour trahir la république ; ^nojlius Scaurus déclare qu^il est innocent : lequel des deux croirex-vous ? L'accusateur d*un Métellus ayant mis sous les yeux des juges les registres qui devaient les convaincre de concussion, tout le tribunal détourna les yeux ^ Ainsi rien n'arrêtait Taudace de ces rot>i comme les appelait le peuple. L'Africain surtout, dont on avait mis la statue dans le sanctuaire de Jupiter ^ , et qui avait dédaigné un consulat à vie, exerçait une véritable dictature. Un jour que les questeurs craignaient de violer une loi en ouvrant le trésor public, Scipion, alors simple particulier, se fit donner les clefs, et ouvrit '.

Il n'y avait plus de république, si quelqu'un n'avait le courage de tenir tête aux Scipions , et d'exiger qu'ils rendissent compte comme citoyens. Caton en trouva l'occasion après la guerre d'Antiochus (187). Leur conduite dans cette guerre avait été plus que suspecte ( FoxeM plus haut). Les deux frères avaient réglé les conditions de paix de leur autorité privée. Quelles sommes rapportaient-ils de cette riche Asie , quelles dépouilles du successeur d'Alexandre, du maître d'Antioche et de Babylone?

Au jour du jugement, Scipion ne daigna pas répondre aux accusateurs, maisil monta à la tribune, et dit : u Romains, c'est à pareil jour que j'ai vaincu en Afrique Hannibal et les Carthaginois. Suivezmoi au Capitole pour rendre grâce aux dieux, et leur demander de vous donner toujours des chefs qui me ressemblent. » Tousie suivirent au Capitole, peuple, juges, tribuns, accusateurs, jusqu'aux greffiers. Il triompha en ce jour , non plus d'Hannibal et de Syphax, mais de la magesté de la république et de la sainteté des lois.

D'autres disent que les licteurs des tribuns du peuple ayant déjà mis la main sur son frère, l'Africain le leur arracha, déchira les registres, et dit : Je ne rendrai pas compte de quatre millionê de eeetereeê, lorsque j'en ai fait entrer au trésor deux cents miUions. Je n'ai rapporté pour moi qu'un surnom de l'Aflrique. Puis il se retira dans une terre qu'il avait à Literne, en Campanie. Son ennemi Tib. Sempronius Gracchus , alors tribun du peuple, empêcha lui-même qu'on ne l'inquiétât dans son exil volontaire. Il y mourut , et fit écrire sur sa tombe ces mots amers et injustes : Ingrate patrie , tu ne possèdes pas même mes os.

Ses ennemis le poursuivirent encore dans la personne de son frère. Les Pétilius, tribuns du peuple, d'autres disent M. ou Q. Naevius ( parent du poète?)

> f^op. Val. Maxime, II, 10; III, S; IV, 1,8; VIII,1. 3 Id.,yiII, 15. roy.auBÙ Aol.-Gell.,yiI, 1, et IV, 18.

' Val. Max., III, 7.

proposèrent de nouveau une enquête «tir l'argent reçu ou extorqué d'Antiockus, Caton appuya la proposition, et elle fut convertie en loi par le suffrage unanime des trente -cinq tribus *, Les accusés furent condamnés. Le jugement portait que L, Scipion, pour accorder au roi Antiochus une paix plus avantageuse, avait reçu de lui six mille livres d'or et quatre cent quatre-vingts livres d'ar" gent de plus qu'il n'avait fait entrer dans le trésor; A. Hostilius, son lieutenant, quatre-vingts livres d^or et quatre cent trois d'argent ; C. Furius, son questeur, cent trente d'or, et deux cents d'argent, Lucius Scipion parut justifié par sa pauvreté. On ne trouva pas chei lui la somme qu'il était condamné à payer. Mais l'aristocratie n'en reçut pas moins un coup terrible. Caton fut bientôt, malgré les efforts des nobles, élevé à la censure, et chargé de poursuivre ces recherches sévères que personne ne pouvait plus éluder depuis l'humiliation des Scipions.

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