‹ ŒuvresChapitre 136 sur 232 · HICHELET · texte numérisé non relu

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choses semblables. Gell., N. A., lY, 5, cite un passage du onzième livre des Annales, qui rapporte une réponse perfide des augures étrusques ; ces Annales s'occupaient donc de menus détails sur les besoins matériels , ou sur les vieilles superstitions. Il était difficile de se les procurer (Tit.-Liv. IV, 5).

Tit.-Liv. Praef . Quse ante conditam condendamve urbem, poetîcis magis décora fabulis , quàm incorruptis rerum gestarum monumentis traduntur , ea nec affirmare, nec refellere in animo est. Datur hœc venia antiquitati, ut miscendo humana divinis, primordia urbium augustiora faciat. Et si oui populo licere oportet consecrare origines suas , et ad Deos referre authores : ea belli glorla est populo romano , ut cùm suum, conditorisque sui parentem Martem poUssimum ferat : lam et hoc gentes humanœ patiantur œquo animo, quàm impenum patiuntur. Sed hœc et bis simiiia, utcunque animadversa aut existimata erunt, haud in magno equidem ponam discrimine.

Tite-Live, l.X, ch. 18. Litteras ad coUegam exSamnio arcessendum missas in Trinis annalibus invenio : piget tamen incertum ponere , cùm ea ipsa inter consules populi romani Jam iterùm eodem honore fungentes discrepatio fuerit ; Appio abnuente missas , Volumnio affirmante Appii se litteris accitum.

Ea neque affirmare , neque refellere, operae pretium est. Liv., lib. V,c.31.

Famâ rerum standum est, ubi certamderogatvetustas

fidem. Liv., lib. Vil, c. 0.

Nec ver5 pauci sunt auctores, Gn. Flavium scribam fastos protulisse, actionesque composuisse... Nam illud de Flavio et fastis, si secus est, commune erratum est : et tu belle ^néfmaon^ei nos publicam propè opinionem secuti sumus. Gic, ad Attic., lib. VI, epist. 1.

Ailleurs, il parle des premiers temps de Rome {de Leg., 1, 1,2, 3) avec beaucoup de légèreté : Respondebo tibi equidem, sed non ante quam mihi tu ipse responderis, Attice : certene non longea tuis aedibus inambulans, postexcessum suum, Romulus Proculo Julio dixerit, se deum esse, et Quirinum vocari, templumque sibi dedicari in eo loeo jusserit ; et Athenis, non longe item a tua illa antiqua domo , Orithyiam Aquilo sustulerit : sic enim est traditum.— ^W. Quorsum tandem, aut cur ista qusêris ? — Marc. Nihil sane , nisi ne nimis diligenter inquiras in ea,quaBislomodomemoriaB sint prodiU. — Att. Atqui multo quarentur in Mario , fictane , an vera sint ; et a nonnullis, quod et in recenti memorià, et in Arpinati homine , vel severiUs à te postulatur. — Marc. Et me Hercule , ego me cupio non mendacemputori : sedtemen nonnulU isti, Tite, faciunt imperitè, qui in islo periculo (cet essai poétique) non ut a poète, sed ut a teste, veritatem exigunt. Née dubito, quiniidem, et cûm Egerià collocutum Numam, et ab Aquilâ Tarquinio apicem impositum pulent.

Atticus dit aUleurs, en engageant Cicéron à composer une histoire de son temps : Ouae ab isto malo prœdicari, quam ut aiunt de Remo et Romulo (de Legibus). J'aime mieux qu'il nous raconte de telles choses, que tous les on dit de Remuset Romulus (Beaufort entend : que de parler, comme on dit, de Remue et de Romulus ; dans ce sens, parler de Remus et de Romulus , serait une expres-

HISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

•ion proverbiale pour dire, parler de contes d*enfants ).

Il ne faut donc pas s^étonner de Tapparente contradiction qui se trouve entre ces passages et ceux du livre de Republtca, Dans ce dernier ouvrage, c*est le grand Scipion qui parle dans un jour solennel au milieu d*une assemblée assez imposante. Son discours est une espèce d^hymne à la gloire de Rome. Ce n^est pas là la place de la critique. Le livre de Legibus , au contraire , est un entretien familier entre Gicéron , Atticus et son frère. Là il peut dire tout ce quUl pense des commencements de Rome. Cependant, même dans le livrede la République, le scepticisme parait quelquefois.

Gic, deJRep,, II, c.9, p. 100-7. Quod babemusigitur instituts reipublicœ tam clarum, ac tam omnibus notum exordium, quam hujus urbis condendae principium profectum a Romulo? qui pâtre Marte natus ( concedamus enim famœhominum, prsesertimnoninveteratœsolum, sed etiam sapienter a majoribusproditœ, bene meriti de rébus communibus ut génère etiam putarentur , non solum esse ingeniodivino)...

« Est-il un gouvernement qui soit né sous des auspices plus brillants et plus célèbres que celui de Rome, fondé parRomulus, fils de Mars? Nous devons, en effet, respecter une croyance qui s^appuie , non-seulement sur Tantiquité, mais sur la sagesse de nos ancêtres, et ne pas blâmer ceux qui , en reconnaissant un génie divin dans les bienfaiteurs des peuples , ont voulu aussi leur attribuer une naissance divine. »

Cic. , de Bep., II , c. 18, p. 152. Scip. Ita est, inquit; sed temporum illorum tantum fere regum illustrata suntnomina. — ... Pour tous ces temps les seuls noms bien connus sont ceux des rois. «

Tit.-Liv., YII, 1. Quœ ab conditâ urbe Româ ad captam eamdem urbem Romani sub regibus primùm, consulibus deinde , ac dictatoribus, decemvirisque , ac tribunis consularibus gessére foris bella, domi seditiones, quinque libris exposui : res cum vetustate nimià obscuras, velut quœ magno ex intervallo loci vix cernuntur : tum quèd et rarœ pereadem tempera litterœ fuêre, una custodia fidelis memoriœ rerum gestarum, et quèd etiam si quse in commentariis pontificum , aliisque publicis privatisque erant monumentis, incensâ urbe pierœque interiêre, Glariora deinceps certioraque ab secunda origine , velut ab stirpibus laelius feraclusque renatœ urbis, gesta domi militiseque exponentur.

Tit.-Liv., VI, 1. Imprimis fœdera ac leges (erant autem eœ duodccim tabulée , et quœdam regiae leges ) , conquiri, quse comparèrent, jusserunt : alia ex eis édita etiam in vulgus ; quae autemad sacra pertinebant, à pontiflcibus maxime , ut religione obstrictos haberent multitudinis animos, suppressa.

Plut., De fortuné Romanorum : « Mais à quoi bon nous arrêter sur des temps qui n'ont rien de clair, rien de certain j puisque, comme rassure Tite-Live,rhistoire romaine a été corrompue, et que les monuments en ont été détruits ? »

Après rincendie de Rome où périrent la plus grande partie des annales des pontifes, on fit chercher les traités, les livres des Douze Tables, etc.; des traités et des lois , point d'autres monuments historiques. Ces traités même étaient inconnus de la plupart des Romains , et ne pou-

vaient plus se lire. En voici deux très-importants, que n*ont connus , ni Tite-Live , ni Denys , ni Plutarque.

Sedem Jovis optimi maximi , auspicato à majoribus pignus imperii conditam , quam non Porsena dediiâ urbe y uequeGalli capta, temerare potuissent, ftirore principum exscindi. Tac, Hist., lib. III, c. 73.

Plin., XXXIV, 14. In fœdere, quod expulsis r^bua populo romano dédit Porsena ; nominatim comprebensum invenimus, ne ferro, niinagriculturâ, utereniur.

Polyb., m : a II y a tant de difiBérence entre Tandenne langue latine et celle de ce temps , que les plus habiles ont bien de la peine , avec toute leur applicatii» , de venir à bout d'en expliquer certains mots... Il n*estpas étonnant que Philinus ait ignoré que ce traité existât; puisque, de mon temps, les plus avancés en âge des Romains et des Carthaginois , et ceux même cpiî étaient le plus au fait des affaires , n'en avaient aucune connaissance.»

Polybe nous donne le texte d'un autre traité non moins important (livre III). C'est le premier qui fiit conclu entre les Carthaginois et les Romains ; nous l'avons rapporté plus haut. Il y est convenu , que si les Carthaginois pillent une ville italienne, ils garderont, non pas la ville, à la vérité , mais le butin qu'ils auront fait. Ce qui prouve qu'ils traitaient aux conditions qu'ils voulaient.

Suet., in Jul. Cœs,, 90. Inito honore, primue omnium instituit, ut tam senatûs, quàm populi, diurna acta conficerentur et publicarentur.

Livius, lib. YIII , c. 111. Rarse per ea tempera litterae (à la fin du quatrième siècle de Rome), f^ox. aussi Festus, V. clavus. La coutume c/art/^etult^ renouvelée à la fin du quatrième siècle de Rome : ex seniorum memoriâ repelilum. Livius, YIII, c. 111.

Tit.-Live. lY, 3. Si non ad fastes, adcommentarios Pontificum admiitimnr, ne ea quidem scimus, quae omnes peregrini sciunt , consules in locum regum successisse, nec aut juris msgestatisque quicquam babere quod non antea in regibus fuerit?

De tout ce qui précède, il résulte que, l» les Romains, et particulièrement Gicéron, se moquaient des commencements de leur histoire; Tite-Live lui-même a souvent des doutes ; â» les fœdera et leges retrouvés en partie n'étaient guère montrés , et ne pouvaient se lire; 30 les annales des pontifes avaient été brûlées en grande partie , et le reste était tenu secret ; 4» les actes du sénat ne commencent qu'à J. César; 5» les clous même ne restent pas pour suppléer aux autres documents. LUisage ciavifigendi fui renouvelé es seniorum memoriâ; il avait donc été interrompu.

Nous allons prouver maintenant : 1» qu'il n'y a point d'écrivain ni d'historien romain antérieur à Gaton; 30 que les premiers historiens de Rome ont été des Grecs; S» que Denys et Polybe ne font aucun cas des historiens qui les ont précédés ; 40 que les historiens de Rome diffèrent et se contredisent sur une infinité de points.

Denys d'Halycamasse , au commencement de son premier livre , s'exprime ainsi : « Hiéronyme de Gardie est le premier, que je sache, qui ait touché légèrement à l'histoire des Romains dans une histoire des succès-

HISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

seurs d* Alexandre. Ensuite Timée en a parlé aussi dans une histoire universelle et dans Thistoire particulière qu'il a écrite des guerres de Pyrrhus. Ajoutez Antigone, Polybe, Silène, et je ne sais combien d'autres qui ont traité ces sujets de différentes manières. Chacun de ces historiens a parlé fort peu des Romains , et encore sans aucune exactitude et d'après des bruits populaires. Or, les histoires que les Romains ont écrites en grec sur ces premiers temps , ne diffèrent en rien de cellesHsi. Leurs plus anciens historiens sont : Q. Fabius et L. Gincius, qui tous deux florissaient du temps des guerres puniques. Ces deux auteurs ont parlé avec assez d'exactitude de ce qu'ils ont vu et appris par eux-mêmes. Mais ils ont parcouru légèrement ce qui était arrivé depuis la fondation de Rome jusqu'à eux. »

Le même historien dit ailleurs , liv. I : « Les Romains n^ont pas un historien , pas un écrivain ; tout ce qu'ils disent, ils l'empruntent à ce qui reste des livres sacrés. i>

UaXaioç /iht ovv ov7s vuyya^cvf o&7s Xoycypàfoç wlt Pw/Mc^wy où^< «7$. *£x uaXat&v fUvlot XàyMV jv Upolç HXlotç att^M-

Cicéron, in Brut,, 16 : Necverè habens quemquam antiquiorem {Catone) cujus quidem scripta proferenda putem , nisi Appii Gseci oratio hsec ipsa de Pyrrho , et nonnullœ mortuorumlaudationes forte délectant, et hœ quidem extant.

Pline l'Ancien , liv. XIY, ch. 4 : Nec sunt vetustiora de illà re (Galonis scriptis de agriculturà) latin» linguœ praecepta; tàm propè ab origine rerum sumus!

Tit.-Liv., liv. YIII, sub finem : Nec quisquam œqualis temporibus illis scriptor extat quo satis certo auctore sletur.

Tit.-Liv., liv. II : Auctor longé antiquissimus (Fabius Pictor).

Plin., liv. XIII, c. 5 : Vetustissimus auctor annalium (il parle de Gassiusqui vivait vers 607).

Gic, de Legibus, lib. I (éd. Leclerc, in-18, 33 vol-, p. 300). Quamobrem aggredere, quœsumus, etsume ad banc rem {hûtoriam) tempus; qu» est à nostris hominibus adhuc aut ignorata , aut relicta. Nam posl annales pontificum maximorum , quibus nikU potest eêsejucundius (expression ironique, selon M. Leclerc, p. 363 ), si aut ad Fabium, aut ad eum, qui tibi semper in ore est, Gatonem, aut ad Pisonem , aut ad Fannium , aut ad Yennonium venias ; quanquam ex bis alius alio plus habet virium , tamen quid tam exile , quam isti omnes? Fannii autem aetate conjunctus Antipater paulo inflavit vehementius , habuitque vires agrestes ille quidem atque horridas, sine nitore ac palœstrâ , sed tamen admonere reliquos potuit, ut accuratius scriberent, Ecce autem successere huic Gellii, Glodius, Asellio, nihil ad Gœlium, sed potius ad antiquorum languorem atque inscUiam. Nam quid Macrum numerem cujus loquacitas habet aliquid arguUarum ; nec id tamen ex illa erudita Grsecorum copia , sed ex librariolis latinis ; in orationibus autem multus etineptus, adaummam impudentiam. Sisenna, ejus amicus, omnes adhuc nostros scriptores , nisi qui forte nondùm ediderunt , de quibus existimare non possumus , facile superavit. Il tamen neque orator in numéro vcstro unquam est babilus, et in historia puérile quiddatn consectatur :

ut unum CUtarchum, neque pr»terea quemquam , de Gnecis legisse videatur ; eum tamen Telle dnntaxat imitari, quem si assequi posset, aliquantum ab optimo tamen abesset. Quare tuum est munus ; hoc a te expectatur, etc.

Gic, de Legibus, 1, 9, p. 301-3 de Téd. in-18, 33 vol. c Commencez donc , je vous prie , et prenez du temps pour un travail jusqu'à présent ignoré ou négligé de nos auteurs, car après les annales des grands pontifes , composition sans contredit (ironiquement, selon la note de Leclerc) des plus agréables, si nous passons à Fabius ou à celui dont vous avez sans cesse le nom à la bouche , à votre Gaton, ou bien encore à Pison, à Fannius, à Yennonius , en admettant que parmi eux l'un soit plus fort que l'autre ; quoi de plus mince cependant que le tout ensemble? Le contemporain de Fannius, Gœlius Antipater, éleva bien peu le ton ; il montra une certaine vigueur rude et inculte , sans éclat , sans art , et du moins pouvait-il avertir les autres d'écrire avec plus de soin; mais voilà qu'il eut pour successeurs des Gellius, un Glodius , un Asellion , qui se réglèrent moins sur son exemple que sur la platitude et l'ignorance des anciens. Gompterai-je Macer, dont le bavardage a bien quelques pensées, mais de celles qu'on trouve, non dans les savants trésors des Grecs, mais dans nos chétifi recueils latins? Dans ses discours, une prolixité , une inconvenance qui va jusqu'à l'extrême impertinence. $isenna , son ami , a sans doute surpassé tous nos historiens , ceux du moins qui ont publié leurs écrits; car nous ne pouvons juger des autres. Jamais cependant comme orateur on ne l'a compté parmi vous, et dans l'histoire il laisse bien voir, à sa petite manière , qu'il n'a pas lu d'autre Grec que Glitarque , et que c'est lui seul qu'il veut imiter ; et toutefois l'eût-il égalé , il serait encore loin d'être parfait. Yous le voyez , Gicéron , c'est votre affaire ; on l'attend de vous : Quintus penserait-il autrement? »

Ibid... A quibus temporibus scribendis capiat exordium? Ego enim ab ultimis censeo, quoniam iila sic scripta sunt, utne tegantur quidem, « De quelle époque doit-il d'abord s'occuper? Selon moi, des temps les plus reculés, car les histoires que nous en avons sont telles , qu'on ne les lit seulement pas. »

Polyb., III. « On demandera peut-être d'où vient que je fais ici mention de Fabius? Ge n'est pas que je juge sa narration assez vraisemblable pour devoir craindre qu'on n'y ajoute foi; car ce qu'il écrit est si absurde , et a si peu d'apparence , que les lecteurs remarqueront bien , sans que j'en parle , le peu de fond qu'on peut faire sur cet homme , dont la légèreté se découvre ellemême. Ge n'est que pour avertir ceux qui le liront, de s'arrêter moins au titre du livre qu'à ce qu'il contient, car il y a bien des gens qui , faisant plus d'attention à celui qui écrit qu'à ce qu'il raconte , croient devoir ajouter foi à tout ce qu'il dit, parce qu'il a été contemporain, et qu'il était sénateur. Pour moi , comme je ne crois pas devoir lui refuser toute créance , je ne veux pas non plus qu'on s'y. fie tellement , qu'on ne fasse aucun usage de son propre jugement ; mais plutôt que le lecteur, sur la nature des choses mêmes qu'il a rapportées, juge de ce qu'il en doit croire. »

HiSTOlKE D£ LÀ RÉPUBLIQUE ROHÀINE.

Denys d'Halycarnasse , li?re 1 , p. 6. « J*al demeuré à Rome pendant vingt- deux ans, et j*y ai appris à fond la langue du pays. Pendant tout ce temps, j'ai été uniquement occupé à mMnstruire de ce qui concernait le sujet de mon entreprise. Je n'ai mis la main à l'œuvre qu'après avoir été instruit de bien des choses par des gens fort savants avec qui j'ai lié connaissance. Le reste, je l'ai tiré des historiens qu'ils estiment, comme Porcins Cato , Fabius, Yalerius Antias , Licinius Macer, iClius, les deux Gellius, les deux Galpurnius et divers autres qui ont quelque réputation. »

Le même, Uv. lY : « Je ne puis me dispenser de reprendre Fabius de son inexactitude en fait de chronologie..., tant cet historien a été négligent, et s'est peu soucié de rechercher la vérité de ce qu'il rapporte ! »

Ov7n( êXtyw ivJh iv rettç lalopUtt^ aù7ou rà utpl t^v i^tXi.9tv T»I( àXviBtl«i ilaXaln^pw»

Le même , liv. VU : « Mon auteur est Ouintus Fabius, et je n'ai pas besoin d'alléguer d'autre autorité que la

sienne. » K.o2y7<u 4a6<u ^sSccf<&7i^ xp^fl^^^i* ^'^c où^t/it&t Itc itéfASvoi atvlioti ilipciç,

Tite-Live avoue la diversité des opinions relativement aux Horaces , aux Curiaces , et à la mort de Coriolan. En parlant d'un fait arrivé vers 994 , il exprime un doute sur la date : Denys ne doute dans aucun des trois cas.

Caton n'était point un critique. Il prétend que les premiers habitants du Latium furent des Achéens , ce qui est contraire à toutes les données de l'antiquité. 11 dit lui -même qu'il écrivit son histoire en beaux caractères, afin que son fils eût de grands exemples sous les yeux. Rien ne se passe mieux de critique qu'un but moral, f^ox. le plat recueil de Valère - Maxime. Mais Caton est encore le plus grave des premiers historiens de Rome. Que dire de Galpurnius Piso Frugi et de Yalerius d'Antium? Aulu-Gelle nous en a conservé des passages singulièrement puérils ( Aul.-G., liv. 11 , ch. 14 ). « Eum- » dem Romulum dicunt ad cœnam vocatum ibi non

* multum bibisse , quia postridiè negotium haberet. Ei » dicunt : Romule, si istuc omnes homines fàciunt, » vinum vilius sit. Is respondit : Imè verè carum , si

• quantum quisque volet, bibat : nam ego bibi quantum » volui. « — Yalerius nous apprend que Romulus et Remus avaient été instruits à Gabie dans les lettres grecques, et que leur grand-père avait pris beaucoup de soin de leur éducation, f^qy, l'Auctor de origine gentis romanœ, et Festus, v. Homa, -^ Nous rapporterons ici un passage de Plutarque , qu'il doit avoir copié dans quelqu'un de ces premiers historiens de Rome :

(Plut.,iVi»ma, c. 90.)«L'Aventin n'était pas encore renfermé dans l'enceinte de Rome , ni même habité , mais il avait des sources abondantes et des bois touffus. On y voyait venir souvent , dit-on, deux divinités, Picus etFaunus, qu'on peut comparer aux satyres et aux pans; et qui, parcourant toute l'Italie, opéraient, au moyen de drogues puissantes et de charmes magiques, les mêmes effets que ceux qu'on attribue à ces demidieux que les Grecs appellent Dactyles Idéens. Numa se rendit maître de Picus et de Faunus, en mettant du vin et du miel dans la fontaine oà ils venaient boire. Quand ils furent en son pouvoir, ils changèrent plusieurs fois

de forme , et prirent des figures de spectres et de fantômes aussi extraordinaires qu*effk«yantes; mais, lorsqu'ils se virent si bien liés qu'il était impossible d^échapper, ils découvrirent l'avenir à Numa, et lui enseignèrent l'expiation des foudres, telle qu'on la pratique aujourd'hui , par le moyen d'oignons, de cheveux et d^ancbois ( /JM htiôèv) . D'autres disent que ces dieux ne loi apprirent pas cette expiation ; que seulement , par leurs charmes , ils firent descendre Jupiter. Le dieu , irrité de la violence qu'on faisait , dit à Numa de faire Texpiation ai>ec de9 iêteê... Numa,rinterrompant,ajouta &'oigntms.Vî'hommes, continua Jupiter. Numa, pour éluder cet ordre cruel, lui dit : Jvec leurs cheveux. Avecdevivaniê.,., répliqua Jupiter. Anchaiê, se hâta de dire Numa. Ce fut la nymphe Égérie qui lui suggéra ces réponses. Jupiter s'en retourna avec des dispositions ftivorables, qui firent donner à ce lien le nom d'Ilicium; et l'expiation se fit conformément aux réponses de Numa. •

Cependant , il y eut quelques historiens moins crédules; nous avons déjà parlé d'un Clodlus que cite Plutarque , et selon lequel les anciens monuments de l'histoire romaine furent brûlés dans l'incendie du Capîtole et rétablis ensuite au profit des familles Illustres qui y insérèrent de fausses généalogies.

Dans Cornélius Nepos et Yarron , il y a absence complète de critique. La légèreté de ce dernier est surtout frappante dans ses étymologies de la langue latine. Il avait composé une histoire des familles troyennes , et des généalogies dans le genre de celles d*Atticus. Les éloges que donne Gicéron à son érudition ne prouvent rien pour son jugement, comme nous l'avons montré. — Salluste ne parait pas s'être inquiété beaucoup de la vérité. Suétone rapporte , dans son Histoire des grammairiens , qu'il fit rassembler par un philologue grec. Atteins, des archaïsmes et des anecdotes, pour les employer dans son histoire; le fond lui importait peu, il ne s'occupait que de la forme. — Nous avons d^à parié de la négligence de Tite-Live ; il ne connaissait pas même les traités, comme nous l'avons prouvé. Quelquefois il traduit Polybe sans en avertir, et nous voyons , en rapprochant l'original de la traduction , qu'elle est faite avec la plus grande légèreté; il lui arrive de rapporter le même fait plusieurs fois. Mais, au moins, Tite-Live a le mérite de donner la poésie pour de la poésie.

La partialité de Denys et de ceux qu*il a suivis est évidente : à l'en croire, les Romains seraient le peuple le plus juste et le plus modéré. Cependant ils ont conquis le monde , et il est bien extraordinaire que les peuples leur aient toujours donné si à propos des motifiil^ilimes d'agression. Pendant cinq cents ans, dit-il, le Forum n'est point ensanglanté, malgré les disputes continuelles des patriciens et des plébéiens. 11 est bien extraordinaire que ces guerriers , qui sont animés de la haine la plus violente , se rencontrent tous les jours sur la place sans jamais se coudoyer. Lors même que le frein des lois est brisé , lorsqu'ils se retirent sur le Mont Sacré, ils meurent plutôt que de toucher aux possessions des patriciens. Dans les disputes, ils observent toujours chez Denys un ordre parfait; l'un attaque, l'autre répond, vous croiriez presque voir la modération et le flegme cérémonieux de la Chine.

HISTOIRE DE LA RéPUBUQUE ROMAINE.

Tous ces historieas des premiefs temps de Rome se diviseot sur les points les plus importants.

D'abord sur le fondateur de Rome, {f^aijr. Den., 1, 73, Festus, V. Borna.)

Romam appellatam esse Cephalon Ger^^thius, qui de adventu^nese in Italiam videtur conscripsisse, ait ab homine quodara comité iCnes... Apollodorus in Euxe- Dide ait , ^nea , et Laviniâ natos Mayllem , Mulum Rhomumque, atque ab Rhomo urbi tractum nomen Alcimus ait Tyrrheniâ iCneae natum filium Romulum fhiisse, atque eo ortam Albam Mnete neplem, cujus fi- Uus Domine Romus condiderit urbem Romam. Antigo- BUS Italie» historise scriptor ait, Rhomum quemdam Domine , iove conceptum , urbem condtdisse in Palatio Romœ eique dédisse nomen, etc. Festus rapporte encore les opinions d*une foule d'autres historiens : l'opinion d'Aristote est que Rome était une cité grecque fondée au retour de la guerre de Troie. Marinus,lupercaliorum poeta , In Servio , ad V. 30. Ecl. I.

Roma ante Romulum fuit,

Et ab ea oomen Romuius adquisivit.

Sed Dea flava et candida,

Roma ^culapii fitia

NoTUm nomen Latio facit ,

Quod coaditricis nomine

Ab ipso omnes Romam Tocant.

La date de la fondation de Rome n'était pas plus certaine que le nom du fondateur. Fabius Pîctor , Gaton , Polybe, Varron, Cicéron, Trogue Pompée, Eutrope, diffèrent d'opinion. Toutefois , ils la placent tous après la première olympiade; Timée , au contraire, prétend qu'elle fut fondée la même année que Gartbage , c'està-dire trente- huit ans avant la première olympiade. Ennius a dit que Rome était fondée depuis :

Septingenti sunt pauld plus yel minus anni.

Or, Ennius vivait deux cents ans avant J.-C. : ce qui placerait la fondation de Rome neuf cents ans avant J.-G. Le calcul que l'on suit ordinairement est celui de Varron, qui n'a pas plus d'autorité que les autres.

On ne sait pas quels furent les premiers hlibitants de l'Italie : selon Tite-Live et Plutarque , c'étaient des bandits; Denys, au contraire , vante la probité des compagnons de Romuius.

Denys prétend que le premier Tarquin reçut la soumission de douze villes étrusques; Tite-Live n'en dit pas un mot.

Gomment Servius obtint-il la royauté? en flattant le peuple, selon Tite-Live; en flattant les grands, selon Denys.

L'origine des comices par tribus , le fait peut-être le plus important de l'histoire romaine, est exposée d'une manière différente par les historiens.

Dans l'histoire des premières années de Rome, Tite- Live et Denys ne sont jamais d'accord, excepté pour rhistoire de Porsenna. Et sur ce point , ils sont contredits par d'autres historiens. Tite-Live dit qu'il se retira pour faire plaisir aux Romains, Denys d'Halicamasse qu'on lui envoya les insignes de la royauté, ce qui était une marque de vassalité. Tacite dit expressément que

la ville fut rendue, dêdiiâ urbe, et Pline confirme le témoignage des deux derniers en citant les conditions du honteux traité que Porsenna imposa aux Romains.

Horatius Godes périt dans Polybe. Dans les autres historiens , il échappe au danger.

Quant à Mucius Scévola, Glélie, les trois cents Fabius et l'origine de la questure , les avis sont très-difFérents. Il en est de même pour les commencements du tribunal , qui a une si grande importance dans l'histoife de Rome.

La guerre de Porsenna est reproduite en abrégé trente ans après. Tit.-Liv., II , 25-6 : Obsessa urbs foret , super bellum annonft premente (transierant enim Etrusci Tiberim) ni Horatius consul ex Yolscis esset revocatus adeèque id belium ipsis institit mœnibus , ut primé pugnatum ad Spei sit œquo marte , iterùm ad portam Collinam... Ab arceJaniculipassim in Roraanum agrum impetus dabant.

On n'est pas d'accord sur la date de la prise de Rome par les Gaulois. Le plus grand nombre la placent la première année de la quatre-vingt-dix-huitième olym- {uade. Tite-Live et Plutarque nous parlent de la victoire de Gamille sur les Gaulois. Polybe, Suétone, Plutarque et Strabon prétendent que les Gaulois ne furent point battus par Gamille, mais que les Romains se rachetèrent.

Quant aux guerres suivantes contre les Gaulois, nous voyons lesennemis de Rome continuellement battus dans Tite-Live : mais nous avons le récit de Polybe que nous pouvons opposer à celui de Thistorien latin. Selon Polybe , les Romains ne remportent que deux victoires ; du reste, les succès sont balancés. Dans Tite-Live, au contraire , ils remportent huit victoires , et des plus sanglantes : chaque fois , vingt mille, trente mille hommes restent sur le champ de bataille. Polybe ne parle pas du combat singulier de Manlius Torquatus : il faut observer que Polybe écrivait dans Rome, où il était prisonnier; que l'ami de Scipion Émilien devait craindre de dire du mal des Romains , et qu'il eût été dangereux pour lui de leur retrancher une victoire qu'ils auraient réellement remportée. — f^cx» «ne foule d'observations du même genre dans Beaufort et Niebuhr.

Pour réunir tout ce qui se rapporte à la critique de l'histoire des premiers temps de Rome, nous placerons ici les notes du chapitre Yl de notre livre II. (Page 579, Rame envahie par les idées de la Grèce.)

P. 572-575. — -Premiers rapports de Rome avec la Grèce, f^oy. Blum., Einleitung, etc. — Surl'AvenHn, tables en caractères grecs , Denys , IV. — Marseille envoya un secours, Justin., XLUl , ^.—Statue à un Hermodore, Plin., Hist. nat., XXXIV, 5. — ^ Pxlhagore, v<^. Niebuhr, 1I« vol. —Après la prise de frètes, présents à Delphes , Tit.-Liv., V, 28. — Prise de Rome connue de bonne heure à Athènes. Plut., in Gam.,c.22. PUn., Hist. nat., lll , n. — Ambassadeurs à Alexandre qui se plaint, Plin., 1. Strab., V. — Romains prononcent mal le grec , Denys , XVII , 7.

P. 575. — iVerîéne, v(^. les notes sur le chap. des OscL—Janus nommé avant Jupiter, voy. Greuzer,

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II« vol. ^Prirent le titre de descendante d'Énée, Plut., in Flamin. viUi. — Nourri par une louve , eelon l'usage des liéros de l'antiquité, vcty, Tliistoire de Cyrus et les traditions poétiques des Scandinaves. — Fondre en airain la louve allaitant les jumeaux» En 458. rox, Niebubr.

P. 373. — Le premier fut un Diodes de Péparèthe , copié par Fabius Pictor , Plut, in Rom.

P. 373. — Peu de nations dans des circonstances moins favorables à la poésie. Cependant les passages suivants semblent faire allusion à d*anciennes poésies nationales. Cic, Tuscul*, I, lY, 2. Gravissimus auctor in originibus dixit Gato, morem apud majores hune epularum fuisse, ut deinceps, qui accubarent, canerent ad tibiam clarorum virorum laudes atque virtutes. ^ Nonius, II, 70, verbo ^Ma.* (aderant) in conviviis pueri modesti , ut cantarent carmina antiqua , in quibus laudes erant majorum, assft voce, et cum tibicine. [Assâ voce, à voix seule et sans accompagnement.] — Festus, extr., v. Camenœ, Mus«, quod canunt antiquorum laudes. {Cascus, vêtus; casmenœ, antiquœ.) — Quintilien ne connaissait rien de ce poème héroïque plébéien , qui , selon Niebuhr , existait encore au temps d'Auguste, Inst. orat., X, 9, 7. — Gic, Brutus. Atque utinam extarent illa carmina , quœ mullis sseculis ante suam statem in epulis esse cantitata à singulis convivis de clarorum virorum laudibus , in originibus scriptum reliquit Gato. — Denys, lib. I , sur Romulus et Remus : à« iv roXi nKtplotç t/ivolç vitb Pw/iaiwv f7f xal y&v dStJau

P. 374. — ... Évehmère,.,» Son vc^yage à l'île de Panchaie.,, Dieux, hommes supérieurs,., Slrab., II. Euseb., Prsep. evang.. Il, 3. Diod., I, VI, 41. Sextus Empir., éd. Fabric, IX, 17. Gic.,de N. D., I, 43. Lactan., Div. Inst., 1, 11. Id. De ira Dei. Arnob., IV, 39.— jiphrodite,entremetteuse, d'après Évebmère. Lactant., Div . Instit., 1, 17. Cadmus , cuisinier du roi de Sidon, quise sauve avec une joueuse de flûte, A then . ,XIV,168.

P. 374. — Dioclès fUt suivi par Fabius Pictor; Fabius, par Cincius Mimentus, Caton et Pison. Plut., in Rom. Denys, h — Fabius est méprisé de Po- Ixbe, et même de Denys, vcjr, plus haut. — Sur le surnom hérédiUire de Pictor, vox- Plin., Hist. Nat., XXXY, 4. Fabius Pictor , envoyé à Delphes après Gan-

nés, Tit.-Liv., XXU, 56. Appian., B. Hann., p. 339

Cincius Alimentus, plébéien, préteur en Sicile après le retour de Marcellus, prisonnier d'Hannibal, Tit.- Liv., XXI, 38. Gell., XYI, 4. Livres de Gincius sur les comices , sur les anciens mots , sur le pouvoir consulaire , sur les fastes , etc., indiqués par Festus, v. patricios , reconductœ, rodus , scenam , prœtor, refugium, subici, sanates, trientes. Macrob. Saturn., I, 13. ~ Fabius et Gincius écrivirent Thistoire romaine en grec, Denys , 1. L'histoire de Fabius existait aussi en latin. — Caton écrit en gros caractères , pour que son fils.,. Plut. , in Gat., c. 30. — Puérilité de L. Calp, Pison Frugi, et de f^alérius d'Antium, Dans le premier , Romulus ne boit pas trop de vin à souper , pour mieux

faire ses aflRaires le lendemain; Gell., XI, 14. Dans l'autre , Romulus et Rémus sont instruits dans les sciences grecques et latines à Gables , aux frais de leur grand père ; Auct. de orig. gentis romanœ. f^oy. plus haut. — L'histoire étaU pour les Rotnains un exercice oratoire , comme nous le savons positivement pour Soiluste. Il se faisait rassembler les faits et les vieux mots (on connaît son goût pour les archaïsmes) par un Grec , nommé Atteins ; Suet., De illustr. gramm.

P. 375. Rapprochement entre Quintiue Caeso et Quintus Marcius Goriolanus. L'histoire de Coriolan est la traduction poétique de celle de Caeso. Caeso (de coodere, frapi>er) n'a pas une ville des Voleques; il a seulement tué d'un coup de poing un homme appelé yolscius. Il s'exile; mais le Sabin Appius Herdonius vient bientôt avec des esclaves pour ramener les exilés. Il s'empare du Gapitole. Les tribuns disent que Caeson est avec lui : Cœsonem Romm esse. — Exules sêrvique duce Ap, Herd, Sabine, ut exules injuria puisas in patriam reduceret. — Se f^olscoset Mquos coneiiaturum, — PatHciorum hospUes clientesque, perlatà lege.,. fnajore silentio quam venerint, abituroe. Un Yalérius (famille populaire) les chasse du Gapitole : Collège senatum retinente, — Gonsules ne f^eièns hostis moveretur,,, multi exulum cœde suâ fasdavere templum... Mais le père de Gœso est nommé consul, et fait rappeler son fils...

P. 873-376. — Sur les généalogies et les falsifications auxquelles elles ont donné lieu , vqy^ surtout Beaufort.

Yarron avait fait un livre sur les familles treijnennes.., Servius, iCn.,v. 117, 704.

Gorn.-Nepos, Attici vita, c. 18. Sic familianim originem subtexuit ( Atticus), ut clarorum virorum propagines possimus cognoscere. Fecit hoc idem separatlm in aliis libris ; ut , M. Bruti rogatu , Juniam fàmiliam à stirpe ad hanc œtatem, ordine enumeraverit, notans qui, à quo ortus , quos honores, quibusque temporibus cepisset. Pari modo , Marcelli Glaudii {subaudOur ko- GATD ) , Marcellorum , Scipionis , Gornelii et Fabii Maximi , Gorneliorum et Fabiorum , et iEmilionim quoque...

Plin., XXXY,c. 3. Extat Messalœ oratoris indignatio, quâ prohibuit inseri genti sua» Lsvinorum alienam imaginem. Similis causa Messalœ seni expressit volumina illa , qus de familiis condidit, cùm Scipionis Pomponiani transisset atrium, vidissetque adoptione testamentarià Salutiones (hoc enim Aieratcognomen), Africanorum dedecore irrepentes Scipionum nomini.

Cependant on attribue à Messala une généalogie qui nous reste de la maison Julia, et où cette maison remonte à Dardanus (Beaufort, 10-141. Il ne renvoie à aucune source).

Plut., Numa, I. « Un certain Glodius, dans un livre qu'il a intitulé : De la correction des temps, soutient que les anciennes (tables généalogiques) furent brûlées, lorsque les Gaulois saccagèrent Rome, et que celles qu'on a aujourd'hui ont été falsifiées pour flatter quelques familles qui voulaient absolument faire remonter leur origine aux premières races et aux plus

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illiMtres maisons de Rome, quoiqu'elles leur fussent tout à fait étrangères. » (Passage mutilé par Beautort; je Pal complété. )

Liv. , YIII, 40. — Vitiatam memoriam funebribus laudibus reor, falsisque imaginum titulis, dum familia ad se qusMfue fàmam rerum gestarum honorumque fallente mendacio trahunt. Inde cerlè et singulorum gesta, et publica monimenta rerum confusa. Nec quisquam «Mfualis temporibus illis scriptor extat , quo satis certo autore stelur.

Cic, Brutus, 16. — Quamquam bis laudationibus bistoria rerum nostrarum facta est mendosior. Multa enim scripta sunt in eis , quœ facta non sunt , falsi triumpbi, plures consulatus , gênera etiam falsa , et ad plebem transitiones, cum homines bumiliores in alienum ejusdem nominis infUnderentur genus : ut si ego me à M. Tullio, qui patricius consul anno dectmo post reges exactos fuit.

Les Fabius sont déjà mêlés aux fables d'Hercule. Celui qui ftrappa Rémus fût un Fabius. Ovid., Epist. ex Ponto, m, 3, y. 100.— Pour la défaite des trois cents Fabius , pour le passage de Fabius Dorso à travers les Gaulois, Tite-Liye s'en rapporte à Fabius Pictor! (Liy.,vm,80etsuiy.)

Dans ce qui suit : nous suivons Beaufbrt en Tabrégeant :

Gens Sulpicia, patricienne. Dans le vestibule de Galba , on voyait les images de ses ancêtres paternels remontant jusqu'à Jupiter, les maternels jusqu'à Pasipbaé. ( Sueton., Galba , 9.)

Getu Ankmia, remontant à Anton , fils dllercule. ( Plutarque , vie d'Antoine. )

Getu AeiUa, Elle parait dans le G« siècle. Manius Acilius Glabrio , premier consul de cette maison , vainqueur d'Antiocbus aux Thermopyles, repoussé de la censure,«comme homme nouveau. Plus tard, la même famille descend d'Énée. Cette origine héroïque est un des motifi pour lesquels Pertinax conseille au sénat de lui préférer Acilius ( Hérodien , II , c. 10 ). — La même famille, dérivant son nom du grec akeomai, guérir, semble, à en juger par ses médailles, vouloir descendre aussi d'Esculape. f^cty. Creuzer, II, p. 554.

Stemmate nobilium deductom nomen ayorom, Glabrio , Aqmlini Dardana prog^nies.

— Anson., in prof. Burdig., n. 94. —

— Plusieurs maisons p/éMtennes s'étant élevées aux plus hautes dignités , se cherchaient des ancêtres parmi les rois de Rome. Quoique Plutarque et Denys ne donnent point d'enfants mâles à Numa , on lui attribuait quatre fils, Pompo, Calpus, Pinus et Mamercus , tiges de quatre maisons illustres.

Une médaille de la famille Pompania porte sur le revers l'image et le nom de Numa : cependant cette famille était plébéienne, et Cornélius Nepos, dans la vie de son amiPomponius Atticus, dit que celte maison avait toujours été de l'ordre équestre. Pomponius Atticus ab origine ultimâ stirpis romanœ , perpetuo acceptam à mi^oribus equestrem obtinuit dignitatem. Corn. Nepot, vlta Attici, cap. 1.

La famille Pinaria voulait remonter non-seulement Jusqu'à Pinus , mais jusqu'au temps d'Évandre et d'Hercule. (iCneid., VIII.)

De Calpus , la famille Caljmmia (vos , 6 Pompilius sanguis. Hor., Ars. p. — Fi^. aussi Plutarque, et Festus, verbo Calpumii, l'auteur du panégyrique à Pison, et deux médailles avec la tête de Numa ). Cependant elle était plébéiennCf et n'arriva au consulat qu'en 575, deux siècles après que l'accès en eut été ouvert aux plébéiens.

De Mamercus, la famille Marcia, ou bien d'une fille de Numa , mère d'Ancus Marcius. Marcia , sacrifico deductum nomen ab Anco. Ovid., Fast, YI, 805. Cette famille plébéienne soutenait sans doute , comme tant d'autres , que, patricienne dans son origine, elle n'était devenue plébéienne que par adoption et pour s'ouvrir l'accès au tribunat. Les membres d'une branche de cette famille s'appelaient Marcius Bex,

C. Marcius Rutilus, premier censeur plébéien surnommé Cemorinus, Médaille d'un de ses descendants avec la tête de Numa et le port d'Ostie fondé par Ancus Marcius. Autre avec la tête d'Ancus et l'image d'un aqueduc , fondé par Ancus Marcius , rétabli par le préteur Q. Marcius Rex. Cependant les deux fils d'Ancus avaient été bannis , selon la tradition , pour avoir assassiné le premier des Tarquins.

Genê HostUia, plébéienne, parvenue au consulat vers la fin du 6« siècle. Médaille de L. Hostilius Mancinus avec l'image du roi Tullus. Autres médailles analogues.

Allusion à Servius Tulliuê dans une médaille du plébéien M. TuUius Decula , consul en 673.

Sur une médaille d'un P. Sulpicius QutWniM (consul subrogé en 717; autre en 741 de Rome), on voit la louve allaitant les deux enfants. Cependant Tacite nous apprend que cette famille n'est pas même romaine : Nihil ad veterem et patriciam Sulpiciorum familiam Quirinus pertinuit , ortus apud municipium Lanuvium. Tacit. L., Annal., lib. III , c. 55.

Gens Menimta, descendant de Mnestée, compagnon d'Énée. Cependant elle parait dans l'histoire avant le 0« siècle; elle a plusieurs tribuns du peuple, et ne parvient au consulat que sous Auguste.

Peut-être Virgile suit-il le livre des fàmillei troyenr nés de Varron (Servius, Mn, V., 704, 117), lorsqu'il fait descendre la gens Memmia de Mnestée, la Clueniia de Cloanthe , la Geganta de Gyas , la Sergia de Sergeste , la Nautia de Nautes.

Gens Julia. Médailles avec la tête de Vénus, ou Ënée portant son père. ^ctr. le fragment de l'oraison funèbre de Julia , tante du dictateur Jules -César. Suet., c. 6.

La famille Mucia prétendait descendre de Mucius SccBVOla. Pour trouver l'origine de ce surnom , elle inventa une circonstance que Denys a passée sous silence.

Sur la famille Licinia: Qussita ea propriœ fàmili» laus, leviorem auctorem Licinium facit. Tit-Liv., lib. VII , c. 9.

Famille Furia. La fameuse victoire de Camille doit être une fable. La famille Livia prétendait qu'un Drusus avait repris l'or aux Gaulois. Suet. in Tib., 5 : Drusus,

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bottium duce Drauso cominus trucidato , sibi posterisque cognonem invenit. Traditur etiam pro Prœtore ex proYincià Gallià reluliwe aurum, Senonibus olim in obsidione Gapitolii datum : nec , ut fama est , extortum à Gamillo. ~ Famille Junia, On rattachait à dessein Marcus Brutus à la famille de Tancien Brutus du côté de son père , et du côté de sa mère à celle de Servilius Abala ( Plut. — Cic, Brutus , c. 14. — Denys , V). Brutus lui-même fit mettre sur ses monnaies d*un côté la tête de Tancien Brutus, de Tautre celle d*Ahala, avec leurs noms. Atticus avait entrepris une généalogie de Brutus. Gom. Nep., 18. (Sur la médaille, t7(>^. Vaillant,

in gente Junia, n. S et 4. Morell., tab. I, n. 9, A. ) — Cependant l'ancien Brutus n^avait point laissé de postérité. Les iunii étaient plébéiens, et n*arrivèrent au consulat qu*après que cette dignité eut été communiquée aux plébéiens. -- Obi igitur ^cÀoréxi^Aux illud tuum, quod vidi in Parthenone , Ahalam et Brutum ? Cicero , £pist. ad Attic. , lib. XII , ep. 40. « Que devient donc cette œuvre favorite (que J'ai vue dans votre Parthenon), Ahala et Brutus? » Etenim si autores ad liberandam patriam desiderarentur , Brutos ego impellerem , quorum uterque L. Bruti imaginem quotidie videret , àlter etiam Ahalse. Cicero, Philip., II , c. 9.

FIN DES ÉCLAIRCISSEMENTS

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