CHAPITRE PREMIER
OIIBUT BB l'bOBOFB. [TUBQUIB, 145S-1611; bongbib, BOBÈHB, 1440-lftl6; BMPIBB, 1440-1519; SUISSB, 14U-1S16.]
S L — Turquie, 1453-1513.
Tableau de l'empire des Turcs vers le milieu du quinzième siècle.— Causes de leur agrandissement : 1® esprit fanatique et militaire ; 2® troupes réglées, opposées aux milices féodales des Européens et à la cavalerie des Persans et des mameluks ; institution des janissaires ; 5® situation particulière des ennemis des Turcs : à l'Orient, troubles politiques et religieux de la Perse , faibles fondements de la puissance des mameluks; à l'Occident, discordes de la chrétienté ; la Hongrie la défend du côté de la terre, Venise du c6té de la mer ; mais elles sont affaiblies, l'une par l'ambition de la maison d'Autriche, l'autre par la jalousie de l'Italie et de toute
l'Europe ; héroïsme impuissant des chevaliers de Rhodes, et des princes d'Albanie.
Division : 1. 1453-1470, Jusqu'à la prise de Négrepont ; Mahomet II complète la conquête de l'empire grec ; il n'attaque encore la chrétienté que par terre. II. 1470-1481, Maître de la mer, il menace l'iUlie par le nord et par le midi. lU. 1481-151S, L'ardeur conquérante des Turcs se ralentit sous Bajaxet II.
I. 1453, Prise de Constantinople. 1456, Maio- HBT II arrêté devant Belgrade par Jean Huniade. Il détruit les derniers États grecs de Morée, 1458, et de Trébisonde, 1462, s'empare du duché d'Athènes (l'une des dernières possessions des Latins), et, par la conquête de la Servie et de la Bosnie , 1458, 1463, se fraye un chemin vers l'Italie.
Alarmes de l'Occident. Venise traite avec les Turcs, 1454. Ligue deLodi, 1454. Diètes de Francfort et de Ratisbonne. Le duc de Bourgogne et le roi de Portugal prennent la croix. Zèle de Pie II,
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
qui publie la croisade au congrès de Mantoue, 1 459. Ligue du Pape , de Mathias Gorvin , de Venise et de Scanderbeg, 1463.
Efforts inutiles de Pie II pour réunir les croisés à Ancône ; sa mort, 1464. Succès et mort de Scanderbeg, 1465-66. —Invasion de la Croatie, et prise de Négrepont (à la vue d'une flotte vénitienne), 1469-70.
II. 1471, Le Pape etVenise se liguent avec Ussum Cassan, roi de Perse, qui est défait, 1475. Les Turcs, qui ont ravagé le Frioul dès 1 47S, pénètrent en 1477 jusqu'aux environs de Venise. Avec Crola etScutari tombent les derniers boulevards des possessions vénitiennes, 1478. La conquête de Caffa et de la Crimée, dont Mahomet II investit Mengéli Gttéral, ferme la mer Noire au commerce des Européens, et leur 6te leurs communications ordinaires avec la Perse. Venise obtient la paix en se soumettant an tribut, 1479.
1480, Une flotte turque assiège Rhodes, vaillamment défendue par le grand maître d'Aubusson, tandis qu'une autre, appelée par les Vénitiens dans le royaume de Naples , assiège et prend Otrante. 1481, Mort de Mahomet II.
III. 1481-151S, Bajaut U. Zizim son frère lui dispute le trône, et se réfugie à Rhodes. Bajaxet fait mettre à mort le vizir Achmet , malgré la révolte des janissaires. Jusqu'à la mort de son frère, 1494, Biyazet ménage les chrétiens, et tourne ses armes contre les mameluks et les Persans. Défait par les mameluks à Issus, 1488, il prépare leur ruine en dépeuplant la Circassie , où ils se recrutaient. — 1499-1505, Guerre contre les Vénitiens. Diversions de Wladislas, roi de Bohème et de Hongrie, et d'Ismaël Sophi I"*, schah des Persans. Venise obtient la paix en abandonnant Lépante, Modon et Coron. — 1505-1510 , Longue paix qui indispose les Turcs contre Bajazet. Il veut abdiquer en faveur d' Achmet. Révolte de son second fils Sélim, qui est vaincu d'abord , mais qui le force ensuite d'abdiquer, et le fait périr, 1512.
$ II. — Hongrie et Bohème, 1440-1516.
La Hongrie et la Bohème flottent au xv« siècle entre les deux puissances esclavone et allemande , qui les environnent (Pologne et Autriche). Réunies de 1455 à 1458 sous un prince allemand, quelque temps séparées et indépendantes sous des souverains nationaux (la Bohème jusqu'en 1471, la Hongrie jusqu'en 1490) , elles sont de nouveau réunies sous des princes polonais, jusqu'en 1526, où elles passent définitivement sous la maison d'Autriche.
1440, Mort d'Albert, duc d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohème.
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1440, Ladislajb le Posthutne, fils d'Albert d'Autriche , est couronné à sa naissance roi de Bohème, et élevé à la cour de Tempereur Frédéric UI.
1444, Régence de George Podiebrad.
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1440, WlabislasYI, roi de Pologne, est appelé au trône par les Hongrois.
Guerre heureuse contre les Turcs. Trêve, bientôt rompue.
1444, Wladislas périt en combattant les Turcs à Varna. Les Hongrois demandent en vain pour roi Ladislas d'Autriche ( le Posthutne)^ que retient rempereur Frédéric lU.
Régence de Jean Huniade.
1455, Ladislas d^Autriche prend possession des couronnes de Hongrie et de Bohème. Exploits et mort de Jean Huniade. L'un de ses fils décapité. 1458, Mort de Ladislas d'Autriche. L'empereur Frédéric III revendique en vain toute la succession de Ladislas.
1458 , Mathias Goavm , fils de Jean Huniade, est élu roi de Hongrie. Il s'allie avec le pape et Venise contre les Turcs, sur lesquels il remporte de brillants avantages.
Le pape Paul II ofi^e à Mathias Carvin la couronne de Bohème.
1467, Réduction de la Moldavie et de la Valachie.
1468, Mathias Gorvin envahit la Bohème.
1471, Casimir, second fils du rot de Pologne, essaye en vain d'enlever à Mathias la couronne de Hongrie.
1477, Mathias, n'ayant pu conquérir la Bohème, se dédommage aux dépens de l'Autriche, sous le prétexte que Frédéric lll lui a refusé sa fille. Il envahit ses États, et lui impose un traité ignominieux.
1479-85, Nouveaux succès obtenus sur les Turcs.
1485,Mathias feit la conquête de l'Autriche, et s'en maintient en possession Jusqu'à sa mort.
1490, Mort de Mathias.
La chrétienté perd son principal défenseur, la Hongrie ses conquêtes et sa préj^ndérance politique. La civilisation , qu'il avait essayé
1458, PoaiXBiAD, roi de Bohème. Il s'appuie sur le parti des Hussites contre la maison d'Autriche.
1465, Paul II prive Podiebrad de la couronne de Bohème.
1460, Podiebrad oppose à Mathias Gorvin l'alliance du roi de Pologne , dont il fait reconnaître le fils aîné, Wladislas, pouraon successeur.
1471, Wladislas II (de Pologne ), roi de Bohème.
1475, Convention avec le roi de Hongrie, confirmée en 1478. Wladislas cède la Moravie, la Lusace et la Silésie, qui lui reviendront si Mathias meurt le premier.
HOlIGftIX. lOllftHK.
d*introduire dans ce royaume, est ajournée pour plusieurs siècles.
Wladislas (de Pologne), roi defiohtoe, étant élu roi de Hongrie, est attaqué par son frère Jean Albert et par Maximiiien d'Autriche , qui tous deux prétendent à cette couronne. Il apaise son frère par la cession de la Silésie, 1491 , et Maximiiien, en substituant à la maison d'Autriche le royaume de Hongrie, en cas qu'il manque lui-même de postérité mâle (Y. 1^6). — Sous Wladislas, et sous son fils Louis U, qui lui succède, encore enfant, en 1516, la Hongrie est impunément ravagée par les Turcs.
$ m. — Empire, 1440-1519.
Divisùm : I. Agrandissement de la maison d'Autriche. IL Organisation et constitution de l'Empire.
I. La couronne impériale est rentrée dans la maison d'Autriche depuis 1438. Politique toute personnelle de Fkâotoïc 111 (1440-1493). Il sacrifie ses intérêts d'Empereur à ceux de prince autrichien. — 1442, U abandonne les droits de l'Empire sur les états allemands du duc de Bourgogne. 1448, U lie les intérêts de la maison d'Autriche à ceux des Papes, en substituant le Concordat germanique à la Pragmatique sanction. Il se fait sacrer par Nicolas Y, mai s ne prend aucune part aux affaires d'Italie, ni aux guerres des Turcs. 1455, Il érige l'Autriche en archiducbé. 1457, Ses prétentions sur la Bohême et la Hongrie. L'Autriche, partagée à la mort de Ladislas le Posthume entre Frédéric III et son frère Albert, est réunie à la mort d'Albert, 1463. Élections de Mayence, 1459, et de Cologne, 1473; le candidat, soutenu par l'Empereur , l'emporte dans la première , malgré Frédéric le Yictorieux, électeur palatin ; dans la seconde, malgré Charles le Téméraire.
Maximilikn l^r, fils et successeur de Frédéric ( 1493-1519), fonde la grandeur de la maison d'Autriche, par ses mariages et par ceux de ses enfants. Il épouse en 1477 Marie, héritière de Bourgogne ; en 1494, Blanche-Marie^ nièce de Ludovic Sforza, duc de Milan. Son fils, Philippe le Beau, souverain des Pays-Bas, épouse en 1506 Jeanne la Folle, héritière d'Espagne. Enfin, par un traité conclu en 1515, un de ses deux peUts-fils doit épouser Anne, sœur du roi de Bohême et de Hongrie. — Maximiiien recueille les successions du Tyrol, 1496, de Goritz, 1500, et une partie de celle de Bavière, 1505.
L'affaiblissement de la maison de Saxe contribue indirectement à augmenter la puissance de celle
d'Autriche. 1464 , A la mort de Frédéric le Bon , électeur de Saxe , ses deux fils , Ernest et Albert , tiges des branches Ernestine et Albertine, parla-* gent ses États. 151S, A la mort de Guillaume, duc de Juliers, deBerg, et comte de Ravensberg, Maximilieu assure cette succession au duc de Clèves , gendre de Guillaume, de crainte que ses États n'agrandissent la maison de Saxe à laquelle il en avait lui-même donné l'expectative.— Yigueur de l'administration deMaximilien dans ses États héréditaires : c'est le premier empereur qui ait des troupes permanentes. Formation des landsknechts et rettres. Division des États héréditaires de l'Autriche en districts. Hiérarchie des tribunaux, des conseils administratifs, etc.
U. La paix publique est en vain ordonnée par de fréquents édits. Cependant les éléments jusquelà confus du corps germanique tendent à s'ordonner.—1467, Diète de Nuremberg, où les états délibèrent pour la première fois en trois collèges séparés. 1475 , Les villes elles-mêmes se séparent en ban du Rhin et ban de Souabe. — Le besoin universel d'ordre et de justice détermine la formation de la ligue des États de Souabe (contre les vio* lences des princes) , de l'Union électorale (contre les empiétements de l'Empereur), 1488, 1502; ainsi que la création de la Chambre impériale, du conseil de Régence, et du conseil Aulique, 1495, 1500, 1501; tous les princes imitent, dans leurs États hérédilaires, cette dernière institution. Organisation de l'Allemagne occidentale en six cercles (Bavière, Franconie, Saxe, Rhin, Souabe, West^phalie), 1500, auxquels sont joints, en 151S, quatre autres cercles (Autriche, Bourgogne, Bas-Rhin, Haute-Saxe). — Yers la fin du règne de Maximiiien, la noblesse immédiate est exclue des diètes et retranchée du corps des états. — Établissement des postes sous cet Empereur.
S IV. — Suisse, 1453-1515.
La liberté helvétique a été fondée par la victoire de Morgarlen, 1315, et par la ligue de Bruunen. Lorsque les Suisses n'ont plus rien à craindre de l'Autriche, ils s'unissent avec elle contre le duc de Bourgogne. 1476-77, Yictoires de Granson, de Morat et de Nanci. — Les huit cantons (Uri, Untervalden, Schwitz, Lucerne, Zurich, Glaris, Zug, Berne) sont portés au nombre de treize, parla réunion de Fribourg et de Soieure, 1481, de Bàle et de Schaff bouse, 1501 , et d'Appenzel, 1513. En 1497, les Grisons entrent dans l'alliance des Suisses. — 1499, Dernière victoire des Suisses sur les Autrichiens.
Alliés de Charles YII dès 1453, ligués avec
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Louis XI contre le duc de Bourgogne, 1474, enfln substitués par lui aux francs archers, 1480, ils composent , dans les guerres d'Italie , la meilleure partie de Finfanterie de Charles YIII et de Louis XII. Dès qu*ils ont passé les Alpes à la suite des Français, ils sont accueillis par le pape, qui les oppose aux Français eux-mêmes, et dominent un instant dans le nord de l'Italie ( sous le nom de Maximilien Sforza). Après leur défaite de Marignan, 1515, les discordes religieuses les armeront les uns contre les autres , et les renfermeront dans leurs montagnes.