LOUIS XII
Les causes réelles des guerres d'Italie sont : 1® la
puissance nouvelle de la France et de TEspagne, dont toutes les forces viennent d*ètre concentrées dans la main des rois par Thabileté de Louis XI et de Ferdinand le Catholique. Les deux nations doivent devenir conquérantes ; la seconde, réunie aux Pays-Bas, et au nouveau monde, doit remporter en Italie. 2<* La situation de Tltalie,. dont la richesse, les divisions, et la faiblesse morale semblent appeler les conquérants.
Indépendamment des prétentions que la maison de France élève au trène de Naples en vertu des droits de la branche d*Anjou, elle en fait bientôt valoir d'autres sur le Milanais en vertu des droits de la branche d'Orléans. Mais un roi d'Espagne, devenu Empereur, lui disputera encore le Milanais, comme fief de l'Empire.
Les guerres d'Italie se divisent en trois périodes, dans lesquelles elles augmentent toujours d'importance et de durée. Dans la première, sous Charles Vlll , la guerre a pour objet la possession du royaume de Naples, 1494-1495. >- Dans la seconde, Louis XII occupe et perd le Milanais et le royaume de Naples ; les Espagnols s'établissent pour deux siècles dans ce royaume, 1499-1514. — Dans la troisième, François I^^ lutte en vain contre Charles- Quint pour la possession du Milanais, 1515-1544. L'influence espagnole s'étend sur toute l'Italie. — La première période n'est qu'une invasion passagère. La seconde présente la destruction de l'ancien système politique de l'Italie* A la fin de cette période, et surtout dans la troisième , les étrangers vainqueurs des Italiens luttent entre eux pour le partage des dépouilles.
1 494 - 1 495, Expédition de Charlee VlUen Italie, Projets chimériques du roi de France. Il confie la régence à la reine et au sire de Beaujeu , et part avec 52,000 hommes. L'alliance des Suisses, de la Savoie , du Montferrat , et du duc de Milan , lui livre l'entrée de l'Italie, mais il n'est sûr ni de Venise, ni de Florence , ni du pape. — Irrésolution du roi de Naples, Alphonse II ; sa flotte est repoussée des c6tes de Gênes, et son armée du Milanais. — Charles VIII entre en Toscane* Fermentation de Florence ; prédications de Savonarole, Pierre de Médicis est chassé. Pise secoue le joug de Florence. — 1495, Alexandre VI traite avec le roi, et lui remet Zizim. -^ Alphonse II abdique la couronne de Naples en faveur de Ferdinand II, qui luimême est forcé de s'éloigner. Charles VIII entre dans Naples.
Mécontentement des grands et du peuple. Ligue de Ludovic, des Vénitiens et d'Alexandre VI avec Ferdinand le Catholique et Maximilien contre les Français. — Retour de Charles VIII. Brillante victoire de Fornoue. — Ferdinand II chasse les Fran-
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çais du royaume de Naples avec le secours de Ferdinand le Catholique. — Mais la coalition se dissout. Mort de Charles VIIl, en 1498.
Cette ligue presque européenne contre la France offre le premier essai du système d'équilibre.
1498, Avènement de Louis XII. Caractère de ce prince et de son ministre George d'Amboise. Louis divorce avec Jeanne de France pour épouser Anne de Bretagne.
Guerreê de Louiê XII en Italie, I. Jusqu'aux traités de Blois, 1499-1504. II. Jusqu'à la sainte Ligue,! 504 -151 1 . IIL Jusqu'à la mort de Louis XII, 1511-1515.
L 1499-ltt04. Traité avec Venise pour le partage du Milanais. Ludovic le More n'est secouru d*aucun de ses alliés ; les Turcs seuls font une diversion*
L'armée de Ludovic se dissipe, toutes les villes ouvrent leurs portes. Louis Xll entre dans Milan. Ludovic, avec une armée de Suisses, reprend le Milanais. Il est livré par les siens à Loais XII.
1500, Ligue secrète de Louis XII et de Ferdinand le Catholique contre Frédéric, roi de Naples. Secours perfide de Gonzalve de Cordoue. Frédéric se remet entrelesmainsdeLouis XII. — 1500-1503, Mésintelligence des vainqueurs au sujet de la Capitanate. Gonzalve bloqué dans Barlette. Louis trompé par le traité de Lyon. Défaite des Français à Séminara , à la Cérignole. Les Espagnols sont maîtres du royaume de Naples, 1503.
Conquête de la Roroagne par César Borgia. Mort du pape Alexandre VI. D'Amboise prétend à la tiare, et arrête sous les murs de Rome l'armée qui devait reconquérir Naples, 1503. Exaltation de PiB III, de JuLBsII (Julien de la Rovère). Les conquêtes de César Borgia reprises par le pape, ou envahies par les Vénitiens. — 1504, Dernière défaite des Français dans le royaume de Naples , sur le Garillan.
II. 1501-1514. Caractère de Jules II. Double but de sa politique : l*» faire de l'État ecclésiastique la puissance prépondérante de l'Italie; 2<* chasser les barbares au delà des Alpes. Le premier de ces projets contraria l'autre.
Richesses et puissance de Venise enviées de tous les souverains. Mécontentements particuliers de Jules II, de Louis XII, de Maximilien et de Ferdinand.
1504-1505. Traités de Blois avec Maximilien et Philippe le Beau , et avec Ferdinand le Catholique. Louis XII promet Claude sa fille au jeune Charles d'Autriche, en lui donnant pour dot le Milanais, la Bretagne et la Bourgogne, et abandonne ses droits sur Naples à Ferdinand , comme dot de sa nièce Germaine de Foix. Louis et Maximilien s'allient
contre Venise, pour se partager les possessions continentales de cette république. Les événeroenis de l'Espagne suspendent l'exécution de cette partie du traité.
1506, États de Tours. Révocation du traité de Blois. Claude de France, fiancée au comte d'Angoulème (depuis François l**^). — 1507, Révolte de Gênes , bientôt réprimée par Louis XII.
1508, Ligue de Cambrai p seconde coalition européenne , première entreprise suivie de concert dans un but commun par la plupart des États civilisés. — L'existence de Venise était nécessaire au pape, à la France, et à l'Autriche qui l'attaquaient.
Le résultat immédiat de la guerre qui commence avec la ligue de Cambrai, est l'agrandissement du pape et l'affermissement de Ferdinand ; son résultat lointain est la perte du Milanais pour Louis XIL
1509, Bataille d'Agnadel. Les Français prennent Brescia, Bergame, Crème et Crémone; le pape, Rimini , Ravenne , Faenza; le duc de Ferrare s'empare du Polésin deRovigo; Maxiipilien, de Vérone, Vicence et Padoue; Ferdinand recouvre Trani, Brindes , Otrante , etc.
Prudence et fermeté des Vénitiens. Ils délient leurs sujets du serment de fidélité et promettent de les indemniser. Ils battent le marquis de Mantoue, échouent à l'attaque de Ferrare, mais reprennent Padoue où ils soutiennent contre Maximilien un siège mémorable , et détachent Jules II de la ligue. Le pape, maître de la Romagne, médite l'exécution de son second projet, l'expulsion des barbares.
Économie mal entendue de Louis XII, qui réduit les pensions des Suisses , et ne leur permet plus de s'approvisionner dans la Bourgogne et le Milanais. Jules II appelle les Suisses en Italie, et commence la guerre contre les Français. Irrésolution et scrupules du roi de France* Concile de Pise; concile de Latran.
III. 1511-1515, Sainte Ligue, formée par le pape (assisté des Suisses), par Ferdinand le Catholique et par les Vénitiens contre Louis XII ; Henri VIII et Maximilien y accèdent ensuite.
Gaston de Foix , neveu de Louis XII, générai de l'armée française en Italie» Il fait rebrousser chemin aux Suisses, délivre Bologne, et reprend Brescia. 1512, Brillante victoire de Ravenne; Gas^ Ion y péril.
1513, Les Suisses établissent dans le Milanais Maximilien Sforia, fils aîné de Ludovic. Jules 11 lui donne le titre de duc, mais réunit Parme et Plaisance aux États de l'Église. — Les Médicis rétablis à Florence par les confédérés. — Mort de Jules II. Exaltation de Léon X (Jean de Médicis).
Les Vénitiens se détachent de la ligue pour s'u-
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nir aux Français. Ils attaquent de concert le Milanais» Victoire des Suisses à Novarre. Les Français repassent les monts.
La France attaquée de tous côtés. Ferdinand , avec le secours des Anglais , s*emparede la Navarre et chasse Jean d*Albrel. Henri VIII, vainqueur des Français à Guinegate , en Picardie ; des Écossais
alliés de la France, à Flowden. Les Suisses envahissent la Bourgogne.
Louis XII conclut une trêve avec Ferdinand ^ abjure le concile de Pise , laisse le Milanais à Maximilien Sforza, et épouse la sœur de Henri VIII, 11(14. Sa mort, 1515. (Voy. plus bas Tadministralion de Louis XII. )
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