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CHAPITRE VIII

L'iTàLIC, DEPUIS Là PAIX DB LODI JUSQC'a L'BXPÉDmOH DB CHàlLES VIII. 14M-1494.

Tableau de V Italie au milieu du xv« siècle, L'Italie, riche et florissante par les arts, mais divisée entre un grand nombre de princes , a perdu l'esprit militaire, et doit bientôt perdre l'indépendance nationale. — Essais d'un système d'équilibre, mais point de centre bien déterminé. Politique incertaine et perfide. — Petites guerres interminables ; les condoitieri se font de la guerre un jeu lucratif.

Au nord Venise et Gènes , au milieu Florence et quelques autres villes de Toscane , sont les seules républiques qui subsistent. Florence est affaiblie par la politique trop personnelle des Médicis; Gènes, par les factions qui la soumettent souvent à des princes étrangers; Venise, par un gouvernement dur et soupçonneux malgré son habileté , par ses guerres lointaines avec les infidèles , et par la jalousie de toutes les puissances italiennes, — Au

centre de la Lombardie , s'élève la puissance militaire des ducs de Milan, souvent maîtres de Gènes et rivaux de Venise ; le reste de la Lombardie est partagé entre plusieurs seigneurs qui servent les grandes puissances, comme condottieri; ils sont imités en petit par les tyrans de Romagne. — L'autorité des papes s'affermit dans la ville de Rome , et s'étend peu à peu dans l'État romain. — Au midi, le plus considérable des États de l'Italie, le royaume de Naples, est occupé par un prince espagnol, dont l'autorité lutte contre celle de ses puissants barons. 1. Royaume de Naplee. 1455-1454.— Jbaiiiib II, reine de Naples, adopte successivement Almoiisb le Magnanime, roi d'Aragon, et Louis d'Anjou. Guerre entre Alphonse et René d'Anjou. Succès divers. 1450-1454 , Dans la dernière période de la guerre, le parti d'Anjou est soutenu par François Sforza, nouveau duc de Milan, et par Florence, alors sous la direction de C6me de Médicis; Alphonse d'Aragon a pour alliée Venise, ennemie de Sforza. Effroi inspiré par la prise de Constantinopie ; paix générale de Lodi , 1454.

Alphonse continue la guerre contre Gènes. Les Génois défèrent la seigneurie de leur ville au roi de France ; Jean de Calabre , fils de René d'Anjou, les défend contre Alphonse.

1458, Mort d'Alphonse; son brillant caractère. FERDinARD le Bâtard lui succède sur le tr6ne de Naples ; prétentions de Calixte III ; les barons napolitains appellent Jean de Calabre. 1460-1464 , D'abord vainqueur à Sarno , Jean est chassé de Gènes , et défait à Trofa.

1480-1481 , Occupation d'Otrante par les Turcs. 1484-1486, Guerre de Ferdinand contre Innocent Vm, et ses barons révoltés; traité perfide; le pape appelle eu vain les Français.

II. État romain : 1447-1455, Nicolas V protège les savants. 1448 , Il obtient de TËmpereur la révocation de la pragmatique de Mayence. 1453, Conjuration de Porcaro. — 1455-1458, Calixte III (Borgia).

1458-1464 , Pie II (Sylvius-^neas-Piccolomiui ) obtient de Louis XI la révocation^ de la pragmatique de Bourges , 1461 , et prépare une croisade, 1459-1464.

1464-1471, Paul II. Il abandonne la politique généreuse de son prédécesseur ; arme Mathias Corvjn contre le roi de Bohème , et fait la guerre au duc d'Urbin. — 1471-1484, S^xtb IV (de la Rovère). Puissance de ses quatre neveux. Guerres contre Florence, contre le duc deFerrafe. Il appelle, le premier, les Suisses dans les guerres d'Italie. — 1484-1492, Innocbut VIII. Guerre contre le roi de Naples. — 149â, Alexandre VI (Borgia). m. Florence. 1434-1464, Administration de

TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE

GoMB de Médicis , père de la pairie. Encouragements donnés aux lettres et aux arts. A sa mort , Florence perd la direction de la politique italienne. 1464-1469, PiEBRB !•'. Tentative pour réUblir l'ancien gouvernement. — 1469-1492, Lavreitt, père de$ muêes, et Julibit. 1478, Coi^'uration des Pazzi ; guerre soutenue par Laurent contre Sixte IV et Ferdinand de Naples. Prodigalité de Laurent ; banqueroute de Florence, 1490. — 1492-1494,

PlBIU IL

IV. Miian. 14»0-1466, Usurpation et règne brillant du condottiere Frahçois Sfobza. — 1466- 1476, Tyrannie de son fils GaUas, qui meurt assassiné. — 1476-1494, Jbaw GaUas. Tutelle de Bonne de Savoie ; sage administration de Simonetta. Ambition de Ludovic le More, oncle du jeune duc; il s'empare de la régence, 1480.

y, f^entse. Cette puissance maritime méconnaît l'objet raisonnable de son ambition , et tend à s'agrandir du côté de la terre ferme. 1484, Guerre contre Ferrare. -r Puissance des Vénitiens dans le Levant depuis les croisades. 1465-1479, Guerre contre les Turcs; perte de Négrepont. 1473, 1489, Acquisition de Chypre. — Malgré ses pertes dans le Levant , Venise devient la puissance prépondérante de l'Italie.

VL Autree États, Factions de Gènes ; familles des Doria , Spinola , Grimaldi, Fieschi , des Adorni et Fregosi. 1453, Perte de Péra. Gènes soumise aux Français, 1458-1461 ; au duc de Milan, 1464- 1478. — Républiques de Sienne et de Lucques. — Savoie , sous l'influence de la France. — Maisons d'Esté à Ferrare, Modène et Reggio, de Gonzague à Mantoue ; de Bentivoglio à Bologne ; de Baglioni à Pérouse ; de Montefeltro à Urbin ; de Malatesta à Rimini ; etc.

État de l'Italie en 1493-1494. Ludovic le More tient en captivité son neveu Jean Galéas , duc de Milan, et règne sous son nom. Réclamations de Ferdinand, roi de Naples, et de son fils Alphonse, beau-père de Jean Galéas. Ludovic appelle Charles VllI en Italie.

Inaction des trois puissances qui pouvaient s'interposer, du pape Alexandre VI (sa politique versatile); de Venise (ses espérances ambitieuses); de Florence (incapacité de Pierre de Médicis, successeur de Laurent).

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