CHAPITRE XI
^IMlBft AGB BB Là EtrORMB. [-8011 ttABLlSSBHMT BH
allbmaghx bt dahs lbs pats ocgidbhtavx bt sbf-
TBIfTBIOIlAlIX DB l'bDBOPB. 8A PBBHltBB LCTTBCOIfTBB LA MAISON d'aUTBICHE. 1S17-1&&9. ]
Événement gui préparèreni la Ré/brme: Séjour des papes en France. Schisme d'Occident. — Attaques dirigées contre les papes, par Arnaud de Brescia, par Savonarole, et par les conciles de Bâie et de Constance. Pragmatiques d'Allemagne et de France. — Hérésies de Valdus, Wiclef, Jean Huss.
Les résultats immédiats ou prochains de la Ré-> forme furent : 1<» relativement à la religion, la séparation de la moitié de l'Europe de l'Eglise catholique ; ^ relativement à la politique , presque toutes les révolutions , presque toutes les guerres civiles ou extérieures jusqu'au traité de Westphalie.
§ I. — Établissement de la Réforme en Allemagne. Sa première lutte contre la maison d*Âutriche. 1517-1555.
1517, Luther attaque la vente des indulgences. 1518, 11 en appelle au pape, mieux informé; 1519, à un concile général. Mort de Maximilien; vacance de l'Empire. Vicariat de Frédéric le Sage, électeur de Saxe , et protecteur de Luther. Longue absence de ChablbsK^uint, Empereur élu. Captivité de Babylone, Mélanchton, Carlostadt, etc. 1521, Luther comparait à la diète de Worms. Son séjour à Wartbourg. 1522, La diète de Nuremberg demande un concile général.
La révolution, jusque-là toute religieuse, devient une révolution politique, par l'effet de quatre événements : \^ Anabaptisme, prêché par Muncer; 1 524 -1 525 , guerre des paysans de Souabe ; 2^ 1525, Sécularisation de la Prusse , par Albert de Brandebourg, grand maître del'ordreTeutonique ; 3<*1525, 1526, Établissement public du luthéranisme dans l'électoral de Saxe, et dans le landgraviat de Hesse; 4<' 1526, Ligue catholique de Dessau, luthérienne de Torgau.
La rupture du traité de Madrid et l'invasion de Soliman en Hongrie obligent Charles -Quint d'accorder aux protestants une tolérance temporaire. La
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
paix de Cambrai, 1bâ9, le rend libre de séTîr. Diète de Spire, qui défend toute innovation. Les réformés proUfÈtent, 1 1(50, Diète d'Augsbourg ; Cofifèêêian d^j4ug»bourg, Ferdinand , roi des Romains. 1551 , Ligue de Smaikalde (encouragée par la France , l'Angleterre , la Suède , et le Danemark ; invasion de Soliman).
1552-1546. Accord provisoire de Nuremberg. Les guerres contre les Turcs et contre les Français diffèrent la rupture de quatorze ans. Cependant la paix est troublée : 1<* par les violences des prolestants et par les poursuites de la chambre impériale; 9i!^ 1554, par la révolte des anabaptistes de la Westphalie, qui s'emparent de Munster; 5<> 1554, par l'expulsion des Autrichiens du Wurtemberg ; 4° 1558, par la conclusion de la êainte Ligue contre les protestants ; 5<* 154S, par la spoliation de Henri de Brunswick, chassé de ses États par l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse; 6<» 1545-1546, parla tentative de l'électeur archevêque de Cologne pour séculariser ses États, et par son expulsion. — Dans cette période, de 1555 à 1559, l'électeur de Brandebourg , l'électeur palatin , et le duc de Saxe établissent le culte réformé dans les pays de leur obéissance.
1540, 1541 , Conférences inutiles de Worms et de Eatisbonne. [Renouvellement de l'alliance de François I^' et de Soliman.] 1544 , Seconde diète de Spire [paix de Crépy]. — 1542, 1545, Convocation, ouverture du concile de Trente. Les protestants refusent de s'y rendre. 1546, Mort de Luther.
1546-1547. Première guerre du proieetantiême en Allemagne. Charles traite avec Soliman , s'allie avec le pape , et gagne Maurice , duc de Saxe. Lenteur et irrésolution des confédérés. Maurice envahit l'électorat de Saxe. Dissolution de la ligue, et soumission de la plupart des protestants. [François!*' excite Soliman , le pape , Venise et le Danemark contre Charles-Quint , et négocie avec les protestants; mort de François !«'.] 1547, Nouvelle invasion de l'électorat de Saxe. Bataille de Muhlberg. Captivité de l'électeur de Saxe et du landgrave de Hesse. — Réduction des Bohémiens.
1547-1551 . Charles-Quint arbitre de l'Allemagne. Diète d'Augsbourg; l'électorat de Saxe donné à Maurice. Translation du concile de Trente à Bologne. 1548, Intérim; les villes libres sont forcées de s'y soumettre. Charles entreprend de faire passer la couronne impériale sur la tête de son fils. — Politique de Maurice. 1551 , Siège de Magdebourg. 1551- 1552 , Maurice s'allie avec Henri II , roi de France.
1552, Seconde guerre, Maurice surprend Charles- Quint; fuite de l'Empereur. Henri s'empare de Melz, Toul et Verdun. Convention de Passau. 1555, Paix de relig ion, coi\c\no h Augsliourg. Les protes-
tants professent librement leur religion, conservent les biens ecclésiastiques qu'ils, possédaient avant 1552, et peuvent entrer dans la chambre impériale. Ce traité contient plusieurs germes de guerre.
(Voy.ch. }i;ni,sn).
1555-1556, Abdication de Charles-Quint. Fbi»1' haitd , Empereur : Philippe II , roi d'Espagne et de Naples , souverain des Pays-Bas et des Indes. 1558, Mort de Charles-Quint.
État politique de r Allemagne depuis 1519 /««gu'en 1555. Dès le commencement de cette période, il existe la plus grande défiance contre la maison d'Autriche, et dans ses États héréditaires, et dans l'Empire : 1519, les États autrichiens se confédèrent pour le maintien de leurs privilèges, et ceux de l'Empire n'élisent Charles-Quint qu'en lui imposant la première capitulation. 1521, En vain il cherche à les rassurer en cédant à son frère ses États héréditaires d'Allemagne; les électeurs forment, la même année , une nouvelle union ( renouvelée en 1552) ; le conseil de régence est rétabli , mais Ferdinand d'Autriche en est lieutenant général avec l'électeur palatin. Ce conseil tombe en désuétude lorsqueFerdinanddevientroides Romains,1550-51 .
— Plusieurs événements concourent encore à augmenter le pouvoir de la maison d'Autriche. 1552, La noblesse paye pour s'exempter du ban et de l'arrière-ban. 1555, Dissolution de la ligue de Souabe (l'Autriche domine dès lors dans le midi de l'Allemagne, où il ne reste de puissance considérable que la Bavière qui lui est dévouée). Pour les autres changement» survenus dans la constitution germanique, ou dans la situation des princes, voy. plus haut.
De la Bohème et de la Hongrie , 1526-1567. Pour échapper au joug autrichien , la Hongrie et la Bohême avaient besoin d'être puissamment soutenues par la Pologne , avec laquelle l'analogie de mœurs , de race et de langue , les liait naturellement. Faute de ce secours, une partie des Hongrois subit le joug des Autrichiens, le reste appelle les Turcs, odieux auxiliaires, qui fortifient plutôt le parti allemand par la crainte qu'ils inspirent. L'introduction du protestantisme dans les deux royaumes achève de les rendre étrangers à la Pologne , tandis que la différence de mœurs et de langue les empêche de faire corps avec les protestants d'Allemagne. — La Transylvanie seule reste à peu près indépendante.
— Pour la Hongrie, voyez le règne de Soliman. BohèmeA\y^6^ Ferdinand revendique la couronne
de Bohême, comme lui appartenant du chef de sa femme, sœur du dernier roi, et en vertu des pactes de succession. Les états l'obligent de reconnaître qu'il a été volonlairement élu. Il annule cet acte en 1»i5 et ir>18. — i:>16. Les étals de Bohême
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
refusent de combattre les protestants d*AileKnagne. 1547, Ferdinand veut lever des troupes sans Tautorisation des états ; les Bohémiens se confédèrent pour le maintien de la constitution ef de la langue nationale, La bataille de Muhlberg entratne leur soumission et l'anéantissement de leurs libertés. Ln Bohême perd son commerce. lt$67, Abolition des pactes de religion aux états de Prague.
De ta Suisse et de Genève, 1»16-1564. — 1516, Premières prédications de Zuingle , à Claris. Les cantons de Zurich, de Bâle, de Schaffhouse, de Berne , et les villes alliées de Saint-Call et de Mulhausen embrassent sa doctrine. Les cantons de Lucerne, Uri, Schwilz, Unterwalden, Zug, Fribourg, Soleure , et le Valais , restent fidèles à la religion catholique. Claris et Appenzel sont partagés. 1528 , Ligue xatholique. 1529, Ligue protestante, et première guerre de Cappel. 1531 , Seconde guerre , et bataille de Cappel , où les protestants sont défaits.
1519, Genève s*allie avec Fribourg contre son évéque et le duc de Savoie, qui la réduit pour quelque temps. 1526, Nouvelle alliance de Cenève avec Fribourg et Berne. 1528, Introduction du protestantisme. 1535-34, Le duc de Savoie elTévéque de Cenève entreprennent en vain d'assujettir cette ville. 1538 , L'occupation de la Savoie par les Français et les Impériaux consolide l'indépendance de Genève. — 1535 , Arrivée de Calvin à Genève , et abolition de la religion catholique. 1541 , Retour et toute-puissance de Calvin à Cenève (jusqu'à sa mort , 1564). Protégée par l'alliance des Suisses, Genève devient le foyer du calvinisme , qu'elle propage surtout en France , aux Pays-Bas et en Ecosse.
1^ IL— Établissement de la Réforme en Angleterre et en
Ecosse, 1515-1559.
Politique de l'Angleterre dans les affaires religieuses avant la Réforme. Statuts des proviseurs , de prœmunire. Influence de Wiclef.
Longue fluctuation religieuse de l'Angleterre depuis l'introduction de la Réforme ; elle a un double résultat : 1° la politique suit celte fluctuation; l'Angleterre protestante ou catholique est ennemie ou alliée de la maison d'Autriche; 2<* les sectes protestantes se multiplient en Angleterre plus qu'en aucun autre État de l'Europe ; c'est là seulement que la Réforme se développe avec toutes ses conséquences.
1513-1547, HBifRi YIII. Dans les premières années de son règne (1513-1527), rien ne peut faire prévoir la révolution religieuse qui doit en troubler la seconde moitié (1527-1547). — Aveuglé par l'ancienne rivalité, il se laisse armer deux fois contre la France par l'adresse de Ferdinand le Catholique et de Charlcs-Quint, qui gagnent ses favoris, 1512,
1522; mais il se déclare pour elle après la bataille de Pavie, 1525, et se trouve longtemps retenu dans l'alliance de François I"** par son divorce avec la tante de Cbarles-Quint. Dans cette première période, il témoigne son zèle pour la religion catholique en écrivant contre Luther, et reçoit de Léon X le titre de Défenseur de la foi,
1527-1547. Occasion de la réforme en Angleterre : Henri YIII demande à Clément VII de casser son mariage avec Catherine d'Aragon, tan te de Charles-Quint, 1527. Hésitation du pape. Disgrâce de Wolsey. Décision du parlement. 1531 , Le roi déclaré chef de l'Eglise anglicane. 1532 , Cranmer prononce le divorce, et Henri épouse Anne de Bo- Icyn. 1534. Le roi excommunié se sépare de Rome, sans embrasser le protestantisme. 1536, Suppression des couvents. 1539, Loi des six articles, Henri YIII persécute les catholiques et les protestants. Ses mariages; morts tragiques d'Anne de Boleyn et de Catherine HoTvard, 1536, 1542. — Guerre contre l'Ecosse, 1542, et contre la France, 1543. — Bouleversement de la propriété sous Henri YIII , par suite de la dissipation des biens ecclésiastiques confisqués par le roi, et de la permission donnée aux possesseurs de domaines féodaux de les aliéner.
La Réforme, bornée au culte par Henri YIII, est étendue au dogme sous Edouard Yl , entièrement abolie par Marie , pour être rétablie par Elisabeth.
1547-1553, Edouard YI. Sommerset protecteur. Invasion heureuse en Ecosse. 1548, Établissement du protestantisme. Union projetée de l'Angleterre et de l'Ecosse. Sommerset, repoussé de l'Ecosse, est renversé par les intrigues de Dudley, 1549. Dudley détermine le jeune roi à exclure de la succession au trône ses sœurs Marie et Elisabeth.
1553-1558, Marib. Mort de Jeanne Gray. La religion catholique est rétablie. Persécution des protestants. Marie épouse l'infant d'Espagne (Philippe II ), 1554, et le seconde dans la guerre contre la France, 1557.
1558, Avènement d'Elisabeth, qui fonde l'Église anglicane, 1559.
Ecosse, iMZ, 1542, Les deux victoires que Henri YIII remporte sur les Écossais , au commencement et à la fin de son règne, coûtent la vie aux rois Jacques lY et Jacques Y (le second meurt de chagrin). Sous la minorité de Jacques Y, sa mère, Marguerite d'Angleterre, et le duc d'Albany, soutenu par la France, se disputent le pouvoir. Jacques Y s'unit étroitement à la France par deux mariages, 1536, 1558. La Réforme s'introduit en Ecosse malgré lui, vers Fan 1530. Après sa mort, les Anglais demandent, les armes à la main, pour Edouard YI, la jeune Marie Stuart, que Marie de Lorraine, sa mère, destine au Dauphin de France.
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
mn
§ III. — Établissement de la Referme dans les trois royaumes du Nord ; leurs révolutions politiques.
État deê trots rojraumes du Nord à Vèpoque de la jRéfbrme, Violences de Chiistibbr II (1813-1525). 11 irrite également la noblesse danoise , contre laquelle il protège les paysans ; la Suède, qtt*il inonde de sang, 15S0; les villes hanséatiques, auxquelles il a fermé les ports du Danemark par des prohibitions , 1517, et se trouve bientôt puni du mal et du bien qu'il a fait. — Beau-frère de Cbarles-Quint, et soutenu en Danemark par les évéques , il associe sa cause à celle de la religion catholique , tandis que les nouvelles dynasties établissent la réforme. Dans les deux États , la révolution religieuse est subordonnée à la révolution politique. — La révolution se fait en Danemark par les grands et les évéques contre les paysans; en Suède, par les paysans et la noblesse inférieure contre les évéques (qui, dans ce royaume , étaient aussi les grands). Le pouvoir royal , appuyé sur le peuple , va s*élever en Suède sur les ruines de celui des grands, tandis qu'il diminue en Danemark à chaque avènement.
15â3 , Ghristlern II remplacé en Suède par Gus- TAVB Wasa ; en Danemark et en Norwége , par son oncle, Fi*Biiic I"', duc de Holstein. 1825, Frédéric l^ permet Texercice du luthéranisme en Danemark; 1529, Gustave Wasa rétablit en Suède.
Danemark et Nonoége. 1531-52, Descente de Ghristiern II en Norwége , et sa captivité. 1535 , Mort de Frédéric !«'; guerre civile. Intervention de Lubeck.— 1554-1559. Chbistibbii III, vainqueur, abolit le culte catholique, 1536, et incorpore la Norwége au Danemark, 1537. 1541-44, Ligue avec la France et la Suède contre Charles-Quint. 1559 ,
FBtDtBIC II.
Suède. Après avoir renversé le pouvoir des évéques, Gustave Wasa diminue celui des nobles, en mettant des impôts sur les fiefs , 1530 ; il réprime les soulèvements de la Dalécarlie , et fait déclarer la couroqne héréditaire dans sa maison , 1544. 1556-57, Guerre contre les Russes. — Gustave crée la marine suédoise , et établit une armée permanente. -<- 1560 , Ébic XIY.
GHAPIISIE XII.
SBCORD A6B DB LA KAPOBIB. [ BSPAGRB BT PATS-BAS , 1565- 1<48; FIAIICB, 1547-ietO; AIIGLBTBBBB BT tCOSSB, 1555- I60S.]
La seconde lutte de la Réforme a pour théâtre les pays les plus occidentaux de TEurope. pour ac-
teurs des puissances maritimes. L*exaltation des passions religieuses et politiques la rend plus sanglante et plus longue que la première. Tout espoir de conciliation est détruit par la dissolution du concile de Trente , en 1563. — Dans l'Empire , partagé entre deux ligues régulières , la première lutte de la Réforme n'a point eu les caractères les plus terribles d'une guerre civile ; en France , aux Pays- Ras , et en Ecosse , la guerre aura lieu de ville à ville et d'homme à homme.
Vaste puissance de Philippe II , malgré la division de l'empire de Gharles-Quint , et la politique opposée de la branche allemande de la maison d'Autriche. Philippe II attaque la Réforme dans les Pays-Ras, en France et en Angleterre. L'Angleterre succède à la France dans le r61e de principal antagoniste de l'Espagne ; Elisabeth devient le chef des protestants d'Europe, comme Philippe II des catholiques. Pendant longtemps, la France, les Pays-Ras et l'Ecosse servent de champ à la guerre indirecte que se font ces deux puissances. Ce n'est que vers la fin qu'elles s'attaquent directement.
Résultats de cette lutte : 1» les trois États attaqués obtiennent ou défendent leur indépendance; 2^ création de la république des Provinces-Unies, qui, avec l'Angleterre, doit conlre-balancer tantôt la puissance de la maison d'Autriche et tantôt celle de la France ; 3» la Hollande et l'Angleterre deviennent des puissances essentiellement maritimes; 4<* l'Espagne perd les Indes orientales et la domination des mers.
$ L — Révolutions et guerre des Pays-Bas, 1556-1600.
Situation géographique des Pays-Bas. Peuple Relge (grands, nobles, bourgeois manufacturiers) ; peuple Ratave (bourgeois commerçants ou marins). Diversité de leurs constitutions et privilèges. Leur industrie commerciale dans les derniers siècles du moyen âge. Leur esprit de résistance , encouragé par les localités d'un pays couvert de villes populeuses, et coupé de canaux.
État des Pays-Bas depuis la mort de Charles le Téméraire, 1477, Marie de Rourgogne épouse Maximilien d'Autriche. 1481 , Â la mort de celte princesse, les états de Flandre prennent la tutelle de ses enfants. Guerres de Maximilien contre la France. 1488, Maximilien prisonnier de ses sujets, à Rruges. — Administration populaire de Philippe le Reau et de Charles-Quint. Charles complète les dix-sept provinces des Pays-Ras, par la réunion d'Utrecht et d'Over-Yssel ,1527, de Groningue et de Gueldre< 1545 ; il les met sous la protection du corps germanique , et en proclame l'indissolubilité, 1518-49. Vers la fin de son règne, il per-
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L HISTOIRE BIODERNE
sécutelesprolesUnls. •— SousCharles-Quinl, prince flamand, les Flamands ont gouverné en Espagne, en Italie, en Allemagne. Philippe II, prince castillan , entreprend de les soumettre aux lois et aux mœurs de l'Espagne.
Un des caractères les plus remarquables de la révolution des Pays-Bas, c'est que les insurgés offrent en vain de se soumettre à la France , à la branche allemande de la maison d'Autriche, à TAngleterre , et se décident enfin , faute d*un souverain , à rester en république. Elisabeth les refuse, dans Topinionqu'indépendants ils résisteront mieux à l'Espagne ; elle ne prévoit pas que la Hollande va devancer l'Angleterre dans Tempire des mers et le commerce du monde.
Division : V 1556-1K67, Troubles qui préparent la guerre civile. — SI» 1568-1579, Guerre civile avant Vunion d'Utrecht. — S« 1579-1609, Suite de la guerre civile jusqu'à la trêve ; Vunion d'Uirechi donne aux insurgés du nord le caractère de nation ; la victoire leur est assurée par la diversion des Espagnols en France.
1.1556-1567. — 1556, AvénementdePBiLippiII. Nouveaux évêchés, persécution des protestants, inquisition, séjour des troupes espagnoles. — Marguerite de Parme gouvernante; ministère de Granvclle. Chefs des mécontents : Guillaume le Taci^ turne, prince d'Orange, les comtes d'Egmont et de Horn. 1563, Rappel de Granvelle. 1566, Compromis de Breda. Gueuserie. — 1567-1575, Ty« rannie du duc d'Albe. Conseil des troubles. Exécutions, confiscations. Fuite du prince d'Orange et de cent mille personnes. Gueux marins, gueux des bois,
H. 1568-1579. — 1568-69, Guerre civile. Tentative du prince d'Orange et de son frère. Supplice des comtes d'Egmont et de Horn. 1569 , Les nouvelles taxes étendent l'insurrection. -^ 1572, Prise de Briel par les gueux marins. Révolte de la Zélande et de la Hollande ; union de Dordrecht, Siège de Harlem. — 1574-1576, Modération de Réquesens, successeur du duc d'Albe. Défaite et mort de Louis et de Henri de Nassau , à Mocker. Invasion de la Hollande et de la Zélande. Siège de Leyde. — 1576, Pillage d'Anvers. Pacification de Gand ; union des provinces belges et bataves. — 1577-1578, Don Juan d'Autriche. Sa conduite artificieuse. L'archiduc Mathias appelé dans les Pays- Bas. — Le prince de Parme succède à don Juan,
III. 1579-1609. — 1579, Union d'Uirechi. Fondation de la république des Sept Provinces-Unies.
1580, Le duc d'Anjou appelé par la république.
1581 , Déclaration d'indépendance. Perfidie et départ du duc d'Anjou. 1584 , Guillaume assassiné.
— Succès du prince de Parme -, siège d'Anvers , 1585. 1586, Traité des Provinces-Unies avec Elisabeth; inhabileté et trahison de Leicester. [1588, Philippe II attaqueen vain l'Angleterre. 1591-1598, il divise ses forces en prenant part à la guerre civile de France.] 159S, Mort du prince de Parme. 1588- 1609 , Succès de Maurice , fils de GuiUaume le Taciturne.1595, Ligue de Henri lY avec les Provinces- Unies, contre l'Espagne. 1598 (Paix de Yervins), Mariage de l'archiduc Albert, gouverneur des Pays- Bas, avec Glaire Isabelle Eugénie, fille de Philippe II , à laquelle il transfère la souveraineté des Pays-Bas. Mort de Philippe II. — Phiuppb III. Les Espagnols arment contre eux leurs alliés d'Allemagne. 1600, Les États-Unis prennent l'offensive. Siège et baUille de Nienport. 1601-1604 , Siège d'Ostende. 1606, Campagne savante de Spinola.
— 1607-1609, Négociations pour la paix. Victoire navale de Gibraltar. 1609, Trêve de douze ans, conolue sous la médiation de Henri IV.
^ II. — Ëtat intérieur de la France depuis le milieu do xve siècle, 1450-1650.— Troubles de reli^ioD. Guerres civiles et étrangères, 1550-1610.
Le pouvoir royal , relevé par Charles VII et par Louis XI , après la guerre des Anglais , devient absolu entre les mains de leurs quatre successeurs, et se dissout dans les guerres de religion , jusqu'à ce que, relevé de nouveau par Henri IV et par Richelieu, il triomphe et s'affermisse sous Louis XJV.
— Développement rapide de la richesse nationale, après les périodes de troubles, sous Louis XII, sous Henri IV , sous Louis XIV. — Augmentation des dépenses , nécessitée surtout par celle des forces militaires.
AugmenUUion des farces miUtairee. Charles VU, 1,700 hommes d'armes, francê archers, François i«', 7^,000 lances, 6,000 chevau-légers, et souvent 19 i 15,000 Suisses. — Louis XI a substitué l'infanterie mercenaire des Suisses à l'infanterie nationale des francs archers ; François I*' substitue les landsknechts aux Suisses, et lorsque les landsknechts ont été détruits à Pavie, il forme une infanterie nationale sous le nom de légions protinciales (1534).
Augmentation des impôts, Charles VII , moins de deux millions. — Louis XI, cinq millions. — François I^^" presque neuf mi liions. (Dépense : neuf millions et demi.) — Les ressources ont considérablement augmenté , mais non pas en proportion des dépenses.
Moyens et ressources. Pour subvenir à ces dépenses, les rois ne convoquent point les états généraux , depuis 1484. [Assemblés une seule fuis à
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L HISTOIRE MODERNE
Tours, en 1506, et seolement pour annuler le traité de Blois. ] Ils leur substituent des assemblées de notables (1926, 151(8), et le plus souvent lèvent de Targent par des ordonnances , qn*ils font enregistrer au parlement de Paris.
Le parlement de Paris , affaibli sous Charles Yll et Louis XI par la création des parlements de Grenoble, Bordeaux et Dijon (1451, 6â, 77); sous Louis XII , par celle des parlements de Rouen et d'Aix ( 1499 , 1501 ). Il reçoit de François I» la dé< fcnse de s'occuper d'affaires politiques (15â7). D'ailleurs , la vénalité et la multiplication des charges lui ùtent de son influence.
Quatre moyens d'obtenir de l'argent : augmentation des impôts, emprunts, aliénation du domaine royal , vente des charges de finances et de judicature.
Louis XII , te Père du peuple, diminue d'abord les impôts , et vend les offices de finances (1499) ; mais il est forcé vers la fin de son règne d'aug* menter les impôts, de faire des emprunts, et d'aliéner les domaines royaux (1511 , 1514).
Le règne de François l^ est l'apogée du pouvoir royal, avant Richelieu. — 1515, Concordat. 1539, Ordonnance qui restreint les juridictions ecclésiastiques. — Police organisée. 1517 , Ordonnance sur la chasse. — Nouveaux impôts (particulièrement en 1523). Vente et multiplication des charges dejudicatnre (1515, 1522, 1544). Premières rentes perpétuelles sur l'hôtel de ville. 1532, 1544, Aliénation des domaines royaux. Loterie royale.
Henri II, forcé d'abolir la gabelle dans les provinces au delà de la Loire, impose les églises, aliène les domaines (1552, 1559), crée un grand nombre de nouveaux tribunaux (1552, 55, 59), double toutes les charges du parlement , tous les offices de finances (1553), et fait des emprunts aux villes. Dette de 43 millions. La dépense excède la recette de deux millions et demi par an.
Les progrès du calvinisme sont une cause de révolution encore plus active que l'embarras des finances. 1535, Premières persécutions. 1545, Massacre des Yaudois. 1551, Édit de ChÂteaubriant. 1552 , Arrêt du parlement contre les écoles buU- «onmére«. Établissement de l'inquisition. 1558, Les protestants font une procession publique dans Paris. 1559, Le roi saisit lui-même dans le parlement plusieurs conseillers.
En 1555, une seule église réformée en France , celle de Paris. De 1555 à 1562, les églises réformées se multiplient jusqu'au nombre de deux mille cent cinquante.
Troubles de religion.
Division : I'« période. 1559-1570, Crise reli-