HICHBLET
gieuse et financière; rivalité de puissance entre les Gttîses, les Bourbons et Catherine de Médicis. — IL 1570-1577, Lutte des deux religions; elle est moins mêlée , dans cette période , d'intérêts politiques. — III. 1577-1594, Faction anarchiqne de la Ligue. Philippe II porte son ambition sur la couronne de France. La monarchie française est sur le point de se dissoudre , ou de dépendre de l'Espagne. Henri IV la sauve de ce double danger. — - IV. 1594-1610, Henri IV réunit la France, la rend de nouveau formidable , et se prépare à achever l'abaissement de la maison d'Autriche, lorsqu'il est assassiné.
I. François II. 1560. Les Guises gouvernent par l'ascendant de leur nièce Marie Stuart sur le jeune roi. Leurs intelligences avec Philippe II. Opposition des Bourbons (le roi de Navarre et le prince de Condé), appuyés des Chàtillons (Coligni et Dandelot), de la petite noblesse et des protestants. Versatilité de Catherine de Médicis, modération de l'Hôpital, également impuissantes. Embarras des Guises. Ils reprennent les domaines aliénés , mais sont forcés de supprimer l'impôt qui entretenait les cinquante mille hommes, c'est-à-dire de désarmer le gouvernement au moment où la révolution éclate. — Conjuration d'Amboise.— L'Hôpital, chancelier. Il adoucit l'édit de Châteaubriant par celui de Romorantin. Arrestation du prince de Condé. — 1560-1574. CflARLBs IX. Régence de Catherine de Médicis. Étals généraux d'Orléans. Colloque de Poissi. Édit de Janvier (favorable aux protestants)* Guise, profitant de l'indignation des catholiques, ressaisit, comme chef de parti, le pouvoir qu'il a perdu, comme ministre, à la mort de François II) le parti opposé a perdu son unité par l'abjuration du roi de Navarre et la défection de Montmorenci^ Massacre de Vassi. Première guerre civile, 1562-
Forces des deux partis : La cour domine dans l'Ile-de-France, la Picardie , la Champagne, la Bretagne, la Bourgogne, laGuienne. Les protestants dominent dans l'occident et le midi , surtout dans les villes de Rouen, Orléans , Blois, Tours, Angers, le Mans, Poitiers, Bourges, Angoulême, la Rochelle, Montauban et Lyon. Ainsi isolés, ils ne peuvent facilement donner la main aux protestants de l'Allemagne et des Pays-Bas. Les catholiques reçoivent des secours de Philippe II et du pape , des ducs de Savoie , de Ferrare , de Mantoue , de Toscane. Ils louent des troupes allemandes; mais l'Empire favorise les protestants , dans l'espoir qu'ils livreront les trois évêchés , comme ils livrent le Havre aux Anglais. Les protestants reçoivent des troupes de la reine d'Angleterre, du landgrave de Hesse, surtout de l'électeur palatin.
TABLEAU CHUONOLOGIQUË D£ L*HIST01Rë MODEHNE.
1563, Siège de Rouen. BaUi lie de Dreux. 1565, Assassinat de Guise. La reine ne craint plus que les protestants, et conclut avec eux la convention d'Amboise.
1563-1567. Les catholiques de la Guienne et du Languedoc forment, sous Pinspection du parlement de Toulouse , une association qui sera le premier modèle de la Ligue. Détresse de la cour, qui vend pour cent mille ècus de rentes de biens ecclésiastiques. — Dépense, dix-huit millions ; recelte, dix millions.— La paix est troublée par les poursuites des Guises contre Coligni , par Faugmentation des gardes-suisses et la création des gardes- françaises, par l'ambassade du pape, de Philippe II et du duc de Savoie, par le complot tramé pour livrer à Philippe II Jeanne d'Albret et son ûls ; enfin, par Tédit de Koussillon, qui modifle la convention d'Amboise, 1564. Voyage du roi et de sa mère dans les provinces méridionales, 1564-1565. Entrevue de Catherine de Médicis avec le duc d*Albe à Rayonne.
1567-1568. La cour lève des troupes et appelle six mille Suisses. Seconde guerre, 1567. Les protestants veulent s'emparer du roi, perdent Orléans ; ils sont défaits à Saint-Denis, ne peuvent prendre Giartres, et la cour les amuse par la paix de Longjumeau, qui confirme celle d'Amboise. 1568, Elle ne renvoie point les troupes étrangères, et les protestants ne rendent point les places dont ils sont maîtres. La tentative de faire payer aux chefs des protestants les frais de la guerre , et de saisir en Bourgogne Gondé et Coligni , décide la troUiènte guerre, 1 568 -1 570. L'Hôpital rend les sceaux. L'armée protestante paye elle-même ses auxiliaires allemands. La Rochelle devient leur point d'appui.
1569, Les protestants vaincus à Jarnac ( mort de Condé), et à Montcontour (blessure de Coligni). Henri de Béarn , à la télé du parti protestant , dont Coligni est le véritable chef. — Le roi, abandonné par les troupes italiennes et espagnoles , les protestants sur le point de l'être par les troupes allemandes, concluent la paix i Saint-Germain, 1570. Conditions avantageuses pour les protestants : culte libre dans deux villes par province , places de sûreté ( la Rochelle, Montauban , Cognac et la Charité); mariage projeté du jeune roi de Navarre; espérance donnée à Coligni de commander les troupes que la cour enverrait au secours des protestants des Pays-Bas.
IL 1570-1577, Les protesUnts attirés à Paris par le mariage du roi de Navarre. 1572, Saint- Barthélemi.Lacour laisse aux protestants le temps de reprendre courage, et constate sa faiblesse en assiégeant inutilement la Rochelle, 1575. Création du parti des PolitiqtMs, qui devient bientôt l'auxiliaire des protestants. Des deux frères du roi, l'atné
est éloigné pour un an de la France ( par sa royauté de Pologne) ; le plus jeune se met à la tète des PolUiques. 1574, Mort de Charles IX. —1574-1589, Hknki III. Fuite de Henri de Navarre et du duc d'Alençon.
La versatilité de Henri III , la conduite du duc d'Alençon , qui se met à la tête des protestants de France , et ensuite de ceux des Pays-Bas, décident le parti catholique à chercher un chef hors de la famille royale. Le traité de 1576 détermine la formation de la Ligue. Par ce traité, le roi cède à son frère l'Anjou , la Touraine et le Berri ; liberté du culte partout, excepté à Paris; chambre mi-partie dans chaque parlement; villes de sûreté, Angouléme , Niort, la Charité , Bourges , Saumur et Mézières, où les protestants mettront des garnisons payées par le roi. [Pour tout ce qui suit, voyex mes tableaux synchroniques XII et XIIL]
III. 1577-1594. — 1577, Formation de la Ligue. Henri de Guise le Bala/H, Politique de Philippe II. États de Blois. Henri III se déclare chef de la Ligue. — 1577-1579, Cinquième et sixième guerres. Prise de Cahors. — 1580, Septième guerre, — 1584, Mort du duc d'Anjou (auparavant duc d'Alençon). Prétentions du cardinal de Bourbon. Espérances secrètes de Henri de Guise et de Philippe II. 1585, Traité de Henri III avec les ligueurs, conclu k Nemours. — 1586-1598, Huitième guerre. 1587, Bataille de Centras. Succès de Henri de Guise. Organisation de la Ligue. Conseil des Seijse. 1588, Journée des Barricadée. États de Blois. Assassinat de Henri de Guise. 1589, Alliance de Henri III et du roi de Navarre. Siège de Paris. Assassinat de Henri III. Extinction de la branche de Valois (1328-1589). Tableau de la France. Dissolution imminente de la monarchie.
1589-1610, HenbiIV, roi de France et de Navarre, premier roi de la maison de Bourbon. Charles X , roi de la Ligue. Mayenne. Combat d'Arqués. — 1590-159S, BaUille d'Ivry. Siège de Paris, de Rouen. Savantes campagnes du prince de Parme, qui sauve ces deux places. Combat d'Aumale. —
1593, États de Paris. Philippe II demande le trône de France pour sa fille. Abjuration de Henri IV.
1594, Il entre à Paris.
IV. 1594 -1610. Soumission de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne, de la Bourgogne, de la Provence et de la Bretagne; des ducs de Guise, de Mayenne, et de Mercœur. 1594-1598, Henri IV reconnu par le pape. — 1595-1598. Guerre contre les Espagnols.Ils prennent Cambrai, Calais, Amiens. 1 598, i>ai> Je rervins {malf^ré Elisabeth et les Hollandais). Philippe II perd ses conquêtes , excepté le comté de Charolais. — Édit de Nantes ; les réformés obtiennent l'exercice public de leur culte ,
TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
et toos les droils civils; ils conservent leur importance , comme parti politique.
1600-1610. — 1600-1601, Conquêtes sur le duc de Savoie. Mariage du roi avec Marie de Médicis. 160S, Conspiration de Biron. 1604, Conspiration de la famille d*Entragues. —Médiation du roi entre le pape et Venise , 1607 ; entre TEspagne et les Provinces-Unies, 1609. Ses projets pour rabaissement de la maison d'Autriche, et pour Torganisation de la république européenne. 1610, Assassinat de Henri IV.
AdmintstraHon de Henri If^ : État des finances à son avènement. Tentatives de réforme. — 1596, Assemblée des notables de Rouen. Le roi confie les finances à Sully. Ordre et économie. I/agricolture protégée (Olivier de Serres). Manufactures nouvelles. Encouragements donnés au commerce et aux arts. 1604, Traité de commerce avec le sultan. Canal de Briare. Embellissements de Paris. — Réforme de la justice. 1605 , Édit contre les duels. 1604, Institution dé la Paulette, — Colonies (1557, au Brésil; 1564, dans la Floride), à Cayenne, au Canada. Fondation de Québec, en 1608. — Prospérité de la France , et son état formidable à la fin du régne de Henri IV.
^ UI. — Rivalité de rAngleterre , de TÉcosse et de TEspagne. — Règne d'Elisabeth. 1558-1603.
L*intervention de l'Angleterre dans les affaires du continent, jusque-là bornée et capricieuse, s*étend et devient régulière sous Elisabeth. L'intérêt politique, en Angleterre comme en Espagne, est subordonné à l'intérêt religieux.
Dangers qui entourent Elisabeth. Légitimité de sa naissance contestée. Prétentions de Marie Stuart, reine d'Ecosse [et bientôt de France], au trône d'Angleterre. Philippe II, après avoir recherché la main d'Elisabeth , fait cause commune avec Marie Stuart dès qu'elle n'est plus reine de France (depuis 1560). — Mécontentement des catholiques et des calvinistes d'Angleterre. Lorsque l'Ecosse est fermée aux intrigues de Philippe II , l'Irlande révoltée favorise le débarquement des troupes espagnoles. Embarras des finances.
Tandis que le protestantisme affaiblit la France, la Suisse, l'Allemagne, il a fortifié l'Angleterre, où le souverain est resté armé de toute la puissance de l'ancienne hiérarchie. Protestante zélée , Elisabeth joint à l'autorité d'une reine le pouvoir énergique d'un chef de parti.
Elisabeth diffère trente ans (de 1558 à 1588) la
* Décadence da Portugal , insensible soas Jean III, 1591-1557; rapide sous Ssbastibn, 1557-1578, qui périt dans une expédition contre les Mores d'Afrique.
guerre ouverte avec l'Espagne; mais elle soulève les protestants d'Ecosse , secourt faiblement ceux de France, et encourage puissamment ceux des Pays-Bas, auxquels elle est liée de plus par l'intérêt du commerce anglais. La guerre éclate enfin ; elle développe les forces de l'Angleterre , et lui assure la libre navigation des mers.
1558, Avènement d'ÉusABBTH. 1559, Elle fonde l'Église anglicane. Son intervention dans les guerres de France et des Pays-Bas. (Voy. $ I et $ II de ce chapitre.) — 1559-1587, Sa rivalité avec Marti Stvart. Troubles de l'Ecosse presbytérienne. 1560, Traité d'Edimbourg, et abolition de la religion catholique. Marie renonce aux armoiries d'Angleterre. — 1565, Mariage de la reine d'Ecosse avec Darniey , bientôt assassiné. 1567 , Jacques VI proclamé par les Écossais révoltés. — Marie se réfugie en Angleterre , où elle est retenue prisonnière par Elisabeth, 1568-87. Conspirations en sa faveur. 1587, Marie Stuart décapitée.
1 588-1605. Philippe II entreprend la conquête de l'Angleterre. 1588, Destruction de U flotte invincible. 1589, Expédition du Portugal ; 1596, de Cadix ; deFrance, 1591-97. 1595, Révolte d'Irlande, excitée par l'Espagne. l601,Mortducomted'Essex. 1603, Mort d'Elisabeth, et fin de la maison deTudor.
Administration d'Élùabeth, Étendue de la prérogative royale. Elle contient les dissidents , mais avec moins de cruauté que Henri VIII, et ne réprime les puritains qu'après sa victoire sur la flotte invincible. Par son économie elle acquitte les dettes des gouvernements précédents (quatre millions sterling), favorise l'essor du commerce et de l'industrie , et plutôt que d'assembler fréquemment le parlement, elle recourt aux monopoles, aux emprunts, etc. La marine anglaise portée de 42 bâtiments à 1232. Brillantes expéditions de Hawkins, Frobisher, Davis, Drake et Cavendish. 1584, Premiers établissements dans l'Amérique septentrionale.
^ IV. — Ëlat des quatre puissances belligérantes après la seconde lutte de la Réforme, et suites prochaines de celte lutte.
I. Espagne, Administration intérieure de Philippe II. Ses revenus surpassent ceux de tous les princes chrétiens réunis, et plusieurs de ses entreprises échouent faute d'argent. — - 1568, Mort de don Carlos. 1568-71, Extermination des Mores de Grenade. — 1580, Conquête du Portugal , qui ne compense pas la perte des Pays-Bas ^ — 1591 ,
1578-1580, Henri le Cardinal. Victoire du duc d*Â]be sur Antonio de Crato, à Alcantara.
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TABLEAU CHRONOLOGIQUE DE L'HISTOIRE MODERNE
Soulèvement des Aragonais. Le justisa mis à mort par ordre de Philippe II.
Règne des favoris ( de Lerme sous Philippe III , 1598-1621 ; d'Olivarès sousPhiuppk IV, 162M665). Épuisement de TEspagne sous le rapport des métaux précieux, et sous le rapport de la population (Yoy. les années 1600, 1605, XIV» et XYI» tableaux synchroniques). L'Espagne ne produisant plus de quoi acheter les métaux de l'Amérique, ils cessent de Tenrichir. De tout ce qu'on imporle en Amérique, un vingtième au plus est manufacturé en Espagne. A Séville, les 16,000 métiers qui travaillaient la laine et la soie vers 1556, sont réduits à 400 vers 1621 . — l'Espagne chasse, en 1609, un million de sujets industrieux (les Mores de Valence ) , et se voit forcée d'accorder une trêve de douze ans aux Provinces-Unies.— La marine espagnole, forte de mille vaisseaux, vers 1520, est détruite de 1588 à 1639 ( bataille des Dunes). L'infanterie espagnole cède la prééminence à rinfanteric française, surtout depuis 1645 (bataille de Rocroi). — 1640, Révolte de la Catalogne. Révolution de Portugal : avènement de la maison de Bragance , dans la personne de Jkan IV.
II. Pravinceê' Unies. 1609-1621. La nouvelle république prend un accroissement rapide de prospérité et de grandeur ; mais le principe de sa décadence s'annonce déjà par les querelles du slathouder et du syndic. — Maurice et Barnevelt. Gomaristes et Arminiens. 1618-1619, Synode de Dordrecht; 1619, Barnevelt décapité.
1621-1648. Renouvellement de la guerre avec l'Espagne. Spinola, Frédéric Henri. 1625, Prise de Breda par les Espagnols. 1628, Prise de Bois-le-Duc par les Hollandais. Bâtai Ile de Berg-op-^om. 1652, Prise de Maestricht. — 1655, Alliance des Provinces-Unies avec la France pour le partage des Pays- Bas espagnols, (Voyez, pour la suite de celte guerre, la page, 524, etc. ) — Philippe II, en fermant aux Hollandais le port de Lisbonne , les a forcés de chercher aux Indes les denrées de l'Orient. 1595, Expédition de Cornélius Houtman. 1602, Compagnie des Indes orientales. D'abord établie dans les fies, elle s'étend sur les côtes du continent. 1619, Fondation de Batavia.l62t,Compagnie des Indes occidenUles. 1650-1640, TenUtives sur le Brésil. Établissements dans les lies de l'Amérique.— 1648,/'aûr de Munster; l'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces -Unies, leur laisse leurs conquêtes en Europe, et au delà desmer8,et consent à fermer l'Escaut.
III. France et Angleterre. La tranquillité intérieure de ces deux royaumes et leur importance politique sont attachées à la vie de leurs souverains, Henri IV et Elisabeth. — En France, les
protestants et les grands ont été contenus plutôt qu'affaiblis.Double résultat de la mort de Henri IV : 1<* la France, de nouveau faible et divisée, se rouvre à l'influence espagnole, jusqu'au ministère de Richelieu ; ^ la guerre religieuse, qui doit embraser l'Europe , éclatera plus tard , mais elle se prolongera, fauted'un puissant modérateur qui la domine et la dirige. — En Angleterre , la nécessité de la défense nationale et le caractère personnel d'Elisabeth ont rendu le pouvoir royal sans bornes ; mais le changement des mœurs , l'importance croissante des communes, le fanatisme des puritains amèneront,sous des princes moins fermes et moins habiles, le bouleversement du royaume.
Dès la mort d'Elisabeth et de Henri lY, nous pouvons apercevoir de loin la révolution d'Angleterre, et la guerre de Trente Ans.