‹ ŒuvresChapitre 18 sur 232 · RETROUVÉE DANS LES ORIGINES DE LA LANGUE LATINE · texte numérisé non relu

RETROUVÉE DANS LES ORIGINES DE LA LANGUE LATINE

Tandis que je méditais les origines de la lan^^e latine, j*en observai de si savantes dans un grand nombre d^expressions, qu'elles ne semblaient pas être le résultat de Tusage vulgaire, mais le signe de qaelqae doctrine intime et mystérieuse. Et cer* les, il est naturel qu'une langue soit riche en locations philosophiques , si la philosophie est en honneur chez la nation qui la parle. Je pourrais rappeler moi-même que, de notre temps, lorsque la philosophie d'Aristote et la médecine de Galien étaient à la mode , les hommes les moins lettrés n'avaient i la bouche qa' horreur du vide, afUipaihiee et sympathie» ntUureileê, les guaire humeurs et leurs qualiiés, et cent eipressions de cette espèce; puis, lorsque prévalut la physique moderne et que la médecine fut traitée comme un art empirique , on n'entendait parler que de circulation du sang , de coagulation , de drogues utiles et nuisibles, de pression atmosphérique, etc. Avant Femperenr Adrien, les mots ^ens, être, essentia, essence, subskmtia, substance, aceidens, accident, étaient inusités chez les Latins, parce qu'on ne connaissait pas la Métaphysique d'Aristote. Depois cette époque, elle attira l'attention des savants, et ces termes devinrent vulgaires. Ainsi, ayant remarqué que la langue latine abondait en locutions philosophiques, et que, d'un autre côté, Thistoîre nous atteste que les anciens Romains, jusqu'au temps de Pyrrhus , ne songèrent qu'à l'agriculture et à la guerre, j'en induisais qu'ils avaient reçu ces termes de quelque autre nation éclairée, et qu'ils 8*en servaient à l'aveugle. De ces nations éclairées dont ils auraient pu les recevoir , je n'en trouvais que deui , les Ioniens et les Étrusques. Quant à la science ionienne, il est inutile d^en parler longuement; Ton sait de quel éclat brilla Técole Italique. La science des Étrusques est attestée par leur pro-

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