aiCHELET
fonde connaissance des cérémonies religieuses. Car la culture de la théologie civile annonce toujours la culture de la théologie naturelle ; les rites sont toujours plus augustes là où l'on a conçu les idées les plus justes de la divinité; ainsi c'est dans le christianisme que les cérémonies sont le plus saintes, parce que c'est là qu'on trouve la doctrine la plus pure sur la nature de Dieu. L'architecture des Étrusques, la plus simple que l'on connaisse, fournit une preuve très-forte qu'ils devancèrent les Grecs dans la géométrie. Qu'une bonne et grande partie de la langue ionienne ait été importée chez les Latins, c'est ce dont témoignent les étymoloffies; il est constant que les Romains reçurent de l'Étrurie les cérémonies du culte des dieux , et en même temps les formules sacrées et les paroles pontificales. Je crois donc pouvoir conclure avec assurance que c'est chez ces deux nations qu'il faut chercher forigine des expressions philosophiques des Latins; et j'ai résolu de retrouver, dans les origines de la langue latine , la sagesse antique de l'Italie : travail que personne, autant que je sache, n'a encore entrepris, mais qui mérite peut-être d'avoir provoqué le regret de Racon. Platon, dans le Gratyle , essaya de retrouver , par la même voie, la sagesse antique des Grecs. Ainsi ce qu'ont fait Yarron dans ses Origines , Jules Scaliger dans son TmUiè des causes de la langue Mine, François Sanctius dans la Minerve, et Gaspard Scioppius dans les notes qu'il y a jointes, tout cela est très-différent de notre entreprise. Ces savants se sont proposé de tirer de la philosophie dans laquelle ils étaient trèsversés , une explication des causes de la langue et de tout l'ensemble de son système : mais nous, sans nous assujettir aux opinions d'aucune école, nous rechercherons dans les origines mêmes des mots , quelle a été la philosophie de l'Italie antique.
DE L'ANTIQUE SAGESSE DE L'ITALIE