‹ ŒuvresChapitre 34 sur 232 · AXIOHBS OftiTtRADX · texte numérisé non relu

AXIOHBS OftiTtRADX

1-4. Réfiitation des opinions que Ton s^est formées jusqu'ici des commencements de la civilisation.

1 . Par un effet de la nature infinie de l'intelligence de l'homme, lorsqu'il se trouve arrêté par l'ignorance, il se prend lui-même pour règle de tout.

De là deux choses ordinaires : La renommée croit dans sa marche; elle perd sa force pour ce qu'on voit de près ( fama crescit eundo ; minuit prœsentia famam). La marche a été longue depuis le commencement du monde , et la renommée n'a cessé de produire les opinions magnifiques que l'on a conçues jusqu'à nous de ces antiquités que leur extrême éloignement dérobe à notre connaissance. Ce caractère de l'esprit humain a été observé par Tacite (Agricola) : omne ignotumpro magnifico est; l'inconnu ne manque pas d'être admirable.

2. Autre caractère de l'esprit humain : s'il ne peut se fiiire aucune idée des choses lointaines et inconnues, il les juge sur les choses connues et présentes.

C'est là la source inépuisable des erreurs où sont tombés toutes les nations , tous les savants, au sujet des commencements de Vhumanité; les premières s'étant mises à observer , les seconds à raisonner sur ce sujet dans des siècles d'une brillante civilisation, ils n'ont pas manqué de juger, d'après leur temps , des premiers âges de l'humanité , qui naturellement ne devaient être que grossièreté, faiblesse, obscurité.

5. Chaquenation, grecque ou barbare, a fbllement prétendu avoir trouvé, la première, les commodités de la vie humaine, et conservé les traditions de son histoire depuis l'origine du monde. Ce mot précieux est de Diodore de Sicile.

Par là sont écartées à la fois les vaines prétentions des Chaldéens, des Scythes, des Égyptiens et des Chinois, qui se vantent tous d'avoir fondé la civilisation antique. Au contraire, Josèphe met les Hébreux à l'abri de ce reproche en faisant l'aveu magnanime qu't/s sont restés cachés à tous les peuples paUèns, El en même temps l'histoire sainte nous représente le monde comme jeune ^ eu égard

PHILOSOPHŒ DE L'UISTOIM.

à la vieillesse que lai supposaient les Ghaldéens, les Scythes, les égyptiens, et que lui supposent encore aujourd'hui les Chinois. Preuve bien forte en faveur de la vérité de Thistoire sainte.

A la vanité des nations, joignez celle des savants; ils veulent que ce qu'ils savent soit aussi ancien que le monde. Le mot de Diodore détruit tout ce qu'ils ont pensé de cette sagesse antique qu*il faudrait désespérer d'égaler ; prouve l'imposture des oracles de Zoroastre le Ghaldéen , et d'Anacharsis le Scythe, qui ne nous sont pas parvenus, du Pimandre de Mercure Trismégisle, des vers d'Orphée, des vers dorés de Pythagore (déjà condamnés par les plus habiles critiques) ; enGn découvre à la fois l'absurdité de tous les sens mystiques donnés par l'érudition aux hiéroglyphes égyptiens , et celle des allégories philosophiques par lesquelles on a cru expliquer les fables grecques.

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