Principes de la Mythologie historique
41-42. Dans cette période qui suivit le déluge universel , les descendants impies des fils de Noé retournèrent à Tétat sauvage, se dispersèrent comme des bêtes farouches dans la vaste forêt qui couvrait )a terre , et, par l'effet d'une éducation toute bestiale, redevinrent géants à l'époque où il tonna la première fois après le déluge. C'est alors que Juplier foudroie et terrasse les géants. Chaque nation païenne eut son Jupiter. — Il fallut sans doute plus d'un siècle après le déluge pour que la terre moins humide put exhaler des vapeurs capables de produire le tonnerre.
45. Toute nation païenne eut son Hercule , fils de Jupiter ; le docte Yarron en a compté jusqu'à quarante. — Voilà l'origine de l'héroïsme chez les premiers peuples, qui faisaient sortir leurs héros des dieux.
Cette tradition et la précédente qui nous montre d'abord tant de Jupiters , ensuite tant d'Hercules chez les nations païennes, nous indique que les premières sociétés ne purent se fonder sans religion, ni s'agrandir sans vertu. — En outre, si vous considérez l'isolement de ces peuples sauvages qui s'ignoraient les uns les autres, et si vous vous rappelez l'axiome. Des idées uniformes nées chez des peuples inconnus entre eux doivefU avoir un motif commun de vérité, vous trouverez un grand principe, c'est que les premières fables durent contenir des vérités relatives à l'état de la société, et
par conséquent être l'histoire des premiers peuples.
44. Les premiers sages parmi les Grecs furent \es poêles théologiens, lesquels, sans aucun doute, fleurirent avant les poètes héroïques , comme Jupiter fut père d'Hercule.
Des trois traditions précédentes, il résulte que les nations païennes, avec leurs Jupiters et leurs Hercules, furent, dans leurs commencements, toutes poétiques, et que d'abord naquit chez elles la poésie divine, ensuite Y héroïque,
4î$. Les hommes sont naturellement portés à conserver dans quelque monument le souvenir des lois et institutions sur lesquefles est fondée la société où ils vivent.
46. Toutes les histoires des barbares commencent par des fables.