ICUBLBT
ceps, celui qui est obligé sur immeuble envers le trésor. On continua de dire dans les lois romaines, juraprœdiorum, pour désigner les servitudes qu'on appelle réelles, et qui sont attachées à des immeubles. Ces terres manucaptœ furent sans doute appelées d'abord mancipia, et c'est certainement dans ce sens qu'on doit entendre l'article de la loi des Douze Tables, quinexumfacietfnancipiumque. Les Italiens considérèrent la chose sous le même aspect que les anciens Latins, lorsqu'ils appelèrent les terres poderi, de podere, puissance ; c'est qu'elles étaient acquises par la force; ce qui est encore prouvé par l'expression du moyen âge, presas terrarum, pour dire les champs avec leurs limites. Les Espagnols appellent prendas les entreprises courageuses ; les Italiens disent imprese pour armoiries, et termini pour paroles , expression qui est restée dans la scolastique. Ils appellent encore les armoiries insigne, d'où leur vient le verbe insignare. De même Homère, au temps duquel on ne connaissait pas encore les lettres alphabétiques , nous apprend que la lettre dePretus contre Bellérophon fut écrite en signes, vA/iata.
Pour compléter tout ceci, nous ajouterons trois vérités incontestables : 1°dès qu'il est démontré que les premières nations païennes furent muettes dans leurs commencements, on doit admettre qu'elles s'expliquèrent par des gestes ou des signes maté" riels,qm avaient un rapport naturel avec les idées; 2° elles durent assurer par des signes les limites de leurs champs, et conserver des monuments durables de leurs droits; 5® toutes employèrent la monnaie, — Toutes les vérités que nous venons d'énoncer nous donnent Vorigine des langues et des lettres, dans laquelle se trouve comprise celle des hiéroglxphes, des lois, des noms , des armoiries, des médailles, des monnaies, et en général , de la langue que parla, de ïécriture qu'employa, dans son origine, le droit naturel des gens ^
furent employés au moyen âge, lorsque les nations, redevenues muettes, perdirent Pusage du langage vul- ^ U---(^
gaire. Il ne nous reste aucune connaissance des langues t» \ ^*^^ que parlaient alors les Italiens, les Français, les Espa- ji v ' gnols et les autres nations de ce temps. Les prêtres seuls savaient le latin et le grec. En français clerc voulait dire souvent lettré; au contraire, chez les Italiens, Ittico se disait pour illeitré, comme on le voit dans un beau passage de Bante. Parmi les prêtres mêmes, il y avait tant d'ignorance, qu'on trouve des actes souscrits par des évêques, où ils ont mis simplement la marque d'une croix, faute de savoir écrire leur nom. Parmi les prélats instruits , il y en avait même peu qui sussent écrire. Le père Mabillon, dans son ouvrage de re diplomaticd, a pris le soin de reproduire par la gravure les signatures apposées par des évêques et des archevêques
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Pour établir ces principes sur une base plus solide encore, nous devons altaquer l'opinion selon laquelle les hiéroglyphes auraient été inventés par les philosophes, pour y cacher les mystères d'une sagesse profonde, comme on Ta cru des Égyptiens. Ce fut pour toutes les premières nations une nécessité naturelle de s'exprimer en hiéroglyphes. A ceux des Égyptiens et des Éthiopiens nous croyons pouvoir joindre les caractères magiques des Ghaldéens; les cinq présents, les cinq paroles tnatèrielles que le roi des Scythes envoya à Darius fils d'Hystaspe; les pavots que Tarquin le Superbe abattit avec sa baguette devant le messager de son fils ; les rébus de Picardie employés, au moyen âge, dans le nord de la France. Enfin les anciens Ecossais (selon Boëce ), les Mexicains et autres peuples indigènes de l'Amérique écrivaient en hiéroglyphes , comme les Chinois le font encore aujourd'hui.
1 . Après avoir détruit cette grave erreur , nous reviendrons aux trois langues distinguées par les Égyptiens ; et pour parler d'abord de la première, nous remarquerons qu'Homère, dans cinq passages, fait mention d'une langue plus ancienne que la sienne, qui est Vhéroïgue; il l'appelle langue de$ dieux. D'abord dans l'Iliade : Les dieux, dit-il, appellent ce géant Briarée, les hommes Égéon; plus loin, en parlant d'un oiseau, son nomest Chatcischez les dieux, Cymindis ches les hommes; et au sujet du fleuve de Troie, les dieux rappellent Xanihe, et les hommes Scamandre, Dans l'Odyssée, il y a deux passages analogues : Ce que les hommes appellent Charybde et Scylla , les dieux l'appellent les Ro^ chers errants'^ l'herbe qui doit prémunir Ulysse contre les enchantements de Circé est inconnue aux hommes, les dieux l'appellent moly.
Chez les Latins , Yarron s'occupa de la langue divine ; et les trente mille dieux dont il rassembla les noms, devaient former un riche vocabulaire ', au moyen duquel les nations du Latium pouvaient exprimer les besoins de la vie humaine, sans doute peu nombreux dans ces temps de simplicité, où
aux actes des conciles de ces temps barbares ; l'écriture en est plus informe que celle des hommes les plus ignorants d*aujourd*hui \ et pourtant ces prélats étaient les chanceliers des royaumes chrétiens, comme aujourd'hui encore les trois évèques archichanceliers de TEmpire pour les langues allemande, française et italienne. Une loi anglaise accorde la vie au coupable digne de mort qui pourra prouver qu'il sait lire. C'est peut-être pour cette cause que plus tard le mot lettré a fini par avoir à peu près le même sens que celui de savant. — Il est encore résulté de cette ignorance de récriture, que dans les anciennes maisons il n'y a guère de mur où l'on n'ait gravé quelque figure, quelque emblème. Concluons de tout ceci que ces gignea divers , cm-
Ton ne connaissait que le nécessaire. Les Grecs comptaient aussi trente mille dieux, et divinisaient les pierres, les fontaines, les ruisseaux, les plantes, les rochers, de même que les sauvages de l'Amérique déifient tout ce qui s'élève au-dessus de leur faible capacité. Les fables divines des Latins et des Grecs durent être pour eux les premiers hiéroglyphes, les caractères sacrés de cette langue divine dont parlent les Égyptiens.
2. La seconde langue, qui répond à 1'^ des héros, se parla par symboles, au rapport des Égyptiens. A ces symboles peuvent être rapportés les signes héroïques avec lesquels écrivaient les héros , et qu'Homère appelle Hifiara, Conséquemment, ces symboles durent être des métaphores, des images, des similitudes ou comparaisons qui , ayant passé depuis dans la langue articulée , font toute la richesse du syle poétique.
Homère est indubitablement le premier auteur de la langue grecque; et puisque nous tenons des Grecs tout ce que nous connaissons de l'antiquité païenne, il se trouve aussi le premier auteur que puisse citer le paganisme. Si nous passons aux Latins , les premiers monuments de leur langue sont les fragments des vers saliens. Le premier écrivain latin dont on fasse mention est le poêle Livius Andronicus. Lorsque l'Europe fut retombée dans la barbarie , et qu'il se forma deux nouvelles langues, la première, que parlèrent les Espagnols, fut la langue romane (di romanso) , langue de la poésie héroïque, puisque les romanciers furent les poêles héroïques du moyen âge. En France, le premier qui écrivit en langue vulgaire fut Arnauld Daniel Pacca, le plus ancien de tous les poètes provençaux ; il florissaitau onzième siècle. Enfinl'Italie eut ses premiers écrivains dans les rtmeura de Florence et de la Sicile.
5. Le langage épistolaire (on alphabétique), que l'on est convenu d'employer comme moyen de communication entre les personnes éloignées, dut être parlé originairement chez les Égyptiens , par les
ployés, nécessairement par les nations muettes encore, pour assurer la distinction des propriétés , furent ensuite appliqués aux usages publics , soit à ceux de la paix (d'où provinrent les médailles), soit i ceux de la guerre. Dans ce dernier cas, ils ont l'usage primitif des hiéroglyphes , ^piiîs^e ordinairement les guerres ont lieu entre des nlitions qui parlent des langues différentes et qui par conséquent sont muettes l'une par rapport à Tautre. (yico,)
^ La plupart des langues ont i peu près trente mille mots. Si l'on peut ajouter foi aux calculs de Héron dans son ouvrags ^r la langue anglaise, l'Espagnol en aurait trente •vâlle , le Français trente -deux mille, l'Italien trente-aïaq mille, l'Anglais trente-sept mille.(iV. du T).
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classes inférieures d*ttn peuple qui domioait en Egypte, probablement celui deThèbes, dont le roi, Ramsès, étendît son empire sur toute celte grande nation. En effet, chei les Égyptiens, cette langue correspondait à Fâge des hommes ; et ce nom ^hommeê désigne les classes inférieures chez les peuples héroïques (particulièrement au moyen âge, on homme de^îent synonyme de voêscd) par opposition aux hèroê. Elle dut être adoptée par une conveniion libre; car c*est une règle éternelle que le langage et récriture vulgaire sont un droit des peuples. L>mpereur Claude ne put faire recevoir par les Romains trois lettres qu'il avait inventées , et qui manquaient à leur alphabet. Les lettres inventées par le Trissin n'ont pas été reçues dans la langue italienne, quelque nécessaires qu'elles fussent.
La langue épisMaire ou vulgaire des Egyptiens dut s'écrire avec des lettres également vulgaires. Celles de l'Egypte ressemblaient à l'alphabet vulgaire des Phéniciens , qui , dans leurs voyages de commerce, l'avaient sans doute porté en Egypte. Ces caractères n'étaient autre chose que les caractères wuiihèmaiiques et les figures géométriques, que les Phéniciens avaient eux-mêmes reçus des Cbaldéens, les premiers mathématiciens du monde. Les Phéniciens les transmirent ensuite aux Grecs, et ceuxci, avec la supériorité de génie qu'ils ont eue sur toutes les nations, employèrent ces formes géométriques comme formes des sons articulés, et en tirèrent leur alphabet vulgaire , adopté ensuite par les Latins ^ On ne peut croire que les Grecs aient tiré des Hébreux ou des égyptiens la conmaissanee dise letires vulgaires»
Les philologues ont adopté sur parole l'opinion que la signification des langues vulgaires est arbi-^ traire. Leurs origines ayant été naturelles, leur signiflcaiion dut être fbndée en nature. On peut l'observer dans la langue vulgaire des Latins, qui a conservé plus de traces que la grecque, de son origine héroïque, et qui lui estaussi supérieure pour
< Nous avons déjà rapporté le passage où Tacite nous apprend qu9 Us htirea des Latins ressemblaient à l'ancien alphabet des Grecs. Ce qui le prcove, c^est que les Grecs employèrent pendant longtemps les lettres majuscules ponr figurer les nombres, et que les La lins conservèrent toojoars le même usage, (f^ico.)
2 Lea locutions héroïques conservées et abrégées dans la précision des langues plus récentes, ont bien étonné les commentateurs de la Bible, qui voient les noms des mêmes rois exprimés d*uue manière dans THistoire sacrée, et d*une autre dans THistoire profane. C*est que le même homme est envisagé dans Tune , je suppose , sous le rapport de la figure, de la puissance, etc.; dans
la force, qu'inférieure pour la délicatesse. Presque tous les mots y sont des métaphores tirées des objets naturels , d'après leurs propriétés ou leurs effets sensibles. En général, la métaphore fait le fond des langues. Mais les grammairiens, s'épuisant en paroles qui ne donnent que des idées confuses , ignorant les origines des mots qui , dans le principe , ne purent être que claires et distinctes, ont rassuré leur ignorance en décidant d'une manière générale et absolue que les voix humaines articulées avaient une signification arbitraire. Ils ont placé dans leurs rangs Aristole, Galien et d'autres philosophes, et les ont armés contre Platon et Jamblique.
Il reste cependant une difficulté. Pourquoi x at'il autant de langues vulgaires qu'il existe de peuples ? Pour résoudre ce problème , établissons d'abord une grande vérité : par un effet de la diversité des climats,\es peuples ont diverses natures. Cette variété de natures leur a fait voir sous différents aspects les choses utiles ou nécessaires à la vie humaine, et a produit la diversité des usages, dont celle des langues est résultée. C'est ce que les proverbes prouvent jusqu'à l'évidence. Ce sont des maximes pour l'usage de la vie, dont le sens est le même, mais dont Vexpression varie sous autant de rapports divers qu'il y a eu et qu'il y a encore de nations '•
D'après ces considérations, nous avons médité un vocabulaire mental, dont le but serait à'expliquer toutes les langues, en ramenant la multiplicité de leurs expressions kcerUines unités d'idées, dont les peuples ont conservé le fond en leur donnant des formes variées, en les modifiant diversement. Nous faisons dans cet ouvrage un usage continuel de ce vocabulaire. C'est, avec une méthode différente, le même sujet qu'a traité Thomas Hayme dans ses dissertations de linguarum cognatione, et de linguis in génère, et variarum linguarum, harmonie.
De tout ce qui précède , nous tirerons le corollaire suivant : plus les langues sont riches en locutions héroïques abrégées par les locutions vulgaires,
Tantre sous le rapport de son caractère, des choses quUl a entreprises. Nous observons de même qa*en Hongrie la même ville a un nom chez les Hongrois, un autre chez les Grecs, un troisième chez les AUemauds, un quatrième chez les Turcs. L'allemand, qui est une langue héroïque, quoique vivante, reçoit tous les mois étrangers en leur faisant subir une transformation. On doit conjecturer que les Latins et les Grecs en font autant, lorsqu*ils expriment tant de choses particulières aux barbares , avec des mots qui sonnent si bien en latin et en grec. Voilà pourquoi on trouve tant d'obscurité dans la géographie et dans riiistoire naturelle des anciens. {Fico.)
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plus elles sont belles ; et elles tirent cette beauté de la ciariè avec laqueUe elles laiseeni voir leur origine : ce qui constitue , si je puis le dire , leur véracité , leur fidélité. An contraire, plus elles présentent un grand nombre de mots dont l'origine est cachée , moins elles sont agréables , à cause de leur obscurité, de leur confusion , et des erreurs auxquelles elle peut donner lieu. C'est ce qui doit arriver dans les langues finmèes d'un mélcmge de pluiieurs idiomes barbareSfqm n'ont point laissé de traces de leurs origines, ni des changements que les mots ont subis dans leur signification.
Maintenant, pour comprendre la formation de ces trois sortes de langues et d'alphabets, nous établirons le principe suivant : les dieux, les héros et les hommes commencèrent dans le même temps. Ceux qui imaginèrent les Jtefiâr étaient des hommes, et croyaient leur nature héroïque mêlée de la divine et de Yhufnaine. Les trois espèces de langues et d'écritures furent aussi contemporaines dans leur origine , mais avec trois différences capitales : la langue divine fut très-peu articulée, et presque entièrement mue^to; la langue des héros, muette et articulée par un mélange égal, et composée par conséquent de paroles vulgaires et de caractères héroïques, avec lesquels écrivaient les héros {v^/uara, dans Homère) ; la langue des hommes n'eut presque rien de muet, et fut à peu près entièrement articulée. Point de langue vulgaire qui ait autant d'expressions que de choses à exprimer. — Une conséquence nécessaire de tout ceci, c'est que, dans l'origine, la langue héroïque fut extrêmement confuse, cause essentielle de l'obscurité des fables.
La langue articulée commença par Vonomatopée, au moyen de laquelle nous voyons toujours les enfants se faire très-bien entendre. Les premières paroles humaines furent ensuite les interjections, ces mots qui échappent dans le premier mouvement des passions violentes , et qui dans toutes les langues sont monosyllabiques. Puis vinrent les pronoms. L'interjection soulage la passion de celui à qui elle échappe , et elle échappe lors même qu'on est seul ; mais les pronoms nous servent à communiquer aux autres nos idées sur les choses dont les noms propres sont inconnus ou à nous ou à ceux qui nous écoutent. La plupart des pronoms sont des monosyllabes dans presque toutes les langues. On inventa alors les particules, dont les prépositions, également monosyllabiques , sont une espèce nombreuse. Peu à peu se formèrent les noms, presque tous monosyllabiques dans l'origine. On le voit dans l'allemand, qui est une langue mère, parce que l'Allemagne n'a jamais été occupée par des conquérants étrangers. Dans cette langue, toutes les racines sont des monosyllabes.
Le nom dut précéder le verbe, car le discours n'a point de sens s'il n'est régi par un nom , exprimé ou sous-entendu. En dernier lieu se formèrent les verbes. Nous pouvons observer, en effet, que les enfants disent des noms, des particules, mais point de verbes : c'est que les noms éveillent des idées qui laissent des traces durables ; il en est de même des particules qui signifient des modifications. Mais les verbes signifient des mouvements accompagnés des idées d'antériorité et de postériorité, et ces idées ne s'apprécient que par le point indivisible du présent, si difficile à comprendre, même pour les philosophes. J'appuierai ceci d'une observation physique. U existe ici un homme qui , à la suite d'une violente attaque d'apoplexie, se souvenait bien des noms , mais avait entièrement oublié les verbes. — Les verbes, qui sont des genres à l'égard de tous les autres , tels que sum, qui indique l'existence, verbe auquel se rapportent toutes les essences , c'est-à-dire tous les objets de la métaphysique; sto, eo, qui expriment le repos et le mouvement, auxquels se rapportent toutes les choses physiques; do, dico, facio, auxquels se rapportent toutes les choses d'action, relatives, soit à la morale , soit aux intérêts de la famille ou de la société ; ces verbes , dis-je , sont tous des monosyllabes à l'impératif, es, sta,i,da, die,fac; et c'est par l'impératif qu'ils ont dû commencer.
Cette génération du langage est conforme aux lois de la nature en général , d'après lesquelles les éléments , dont toutes les choses se composent et où elles vont se résoudre , sont indivisibles : elle est conforme aux lois de la nature humaine en particulier, en vertu de cet axiome : Les enfante, qui, dès leur naissance, se trouvent environnés de tant de moyens d'apprendre les langues, et dont les organes sont si flexibles, commencent par prononcer des monosyllabes, A plus forte raison doiton croire qu'il en a été ainsi chez ces premiers hommes, dont les organes étaient très-durs, et qui n'avaient encore entendu aucune voix humaine. — Elle nous donne, en outre, l'ordre dans lequel futent trouvées les parties du discours, et conséquemment les causes naturelles de la syntaxe. Ce système semble plus raisonnable que celui qu'ont suivi Jules Scaliger et François Sanctius , relativement à langue latine : ils raisonnent d'après les principes d'Aristote, comme si les peuples qui trouvèrent les langues avaient dû préalablement aller aux écoles des philosophes.
S V. — Corollaires relatif à l'origine de Félocution poétique, des épisodes, du tour, du nombre, du chant et du vers.
Ainsi se forma la langue poétique, composée
PHILOSOPHIE D£ L*UISTOIRE.
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d'abord de symboles ou caractèires divins et Aérotçues, qui furent ensuite exprimés en locutions vulgaires, et finalement écrits en caractères vulgaires. Elle naquit de V indigence du langage f et de la nécessité de s'exprimer , ce qui se démontre par les ornements mêmes dont se pare la poésie, je veux dire les images, les hypotyposes , les compa^ raisons , les métaphores, les périphrases , les tours qui expriment les choses par leurs propriétés naturelles , les descriptions qui les peignent par les détails ou par les effets les plus frappants, ou enfin par des accessoires emphatiques et même oiseux.
Les épisodes sont nés dans les premiers âges de la grossièreté des esprits, incapable^ de distinguer et d'écarter les choses qui ne vont pas au but. La même cause fait qu'on observe toujours les mêmes effets dans les idiots, et surtout dans les femmes.
Les tours naquirent de la difflculté de compléter la phrase par son verbe. Nous avons vu que le verbe fut trouvé plus tard que les autres parties du discours. Aussi les Grecs, nation ingénieuse, employèrent moins de tours que les Latins , les Latins moins que les Allemands.
Le nombre ne fut introduit que tard dans la prose. Les premiers qui l'employèrent furent, chez les Grecs , Gorgias de Léontium , et chez les Latins, Cîcéron. Avant eux, c'est Gicéron lui-même qui le rapporte, on ne savait rendre le discours nombreux qu'en y mêlant certaines mesures poétiques, 11 nous sera très -utile d'avoir établi ceci, lorsque nous traiterons de Vorigino du chant et du vers.
Tout ce que nous venons de dire semble prouver que, par une loi nécessaire de notre nature, le langage poétique a précédé celui de la prose. Par suite de la même loi, les fables, universaux de IHmagination , durent nattre avant ceux du raisonnement et de la philosophie. Ces derniers ne purent être créés qu'au moyen de la prose. En effet, les poètes ayant d'abord formé le langage poétique par Yassociation des idées particulières, comme on l'a démontré, les peuples formèrent ensuite la langue de la prose , en ramenant à un seul mot, comme les espèces au genre, les parties qu^avait mises ensemble le langage poétique. Ainsi cette phrase poétique usitée chez toutes les nations, le sang me bout dans le cceur, fut exprimée par un
^ Ce qoi le prouve, ce sont les diphthoDgues qui restèrent dans les langues, et qui durent être bien plus nombreuses dans rorigine. Ainsi les Grecs et les Français qui ont passé d^une manière prématurée de la barbarie à la civilisation , ont conservé beaucoup de dîphthongaes. Voyez la note de Taziome 91 .
(f^ico.)
seul mot, Tfifutx^if ^*^> colère. Les hiéroglyphes et les lettres alphabétiques furent aussi comme autant de genres auxquels on ramena la variété infinie des sons articulés. Cette méthode abrégée , appliquée aux mots et aux lettres, donna plus d'activité aux esprits et les rendit capables d'abstraire; ensuite purent venir les philosophes, qui , préparés par cette classification vulgaire des mots et des lettres, travaillèrent à celle des idées, et formèrent les genres intelligibles. Ne conviendra- 1- on pas maintenant que, pour trouver l'origine des lettres, il fallait chercher en même temps celle des langues ?
Quant au chant et au vers, nous avons dit dans nos axiomes , que, supposé que les hommes aient été d'abord muets, il commencèrent par prononcer les voyelles en chantant, comme font les muets; puis ils durent, comme les bègues, articuler aussi les consonnes en chantant ^ Ces premiers hommes ne devaient s'essayer à parier que lorsqu'ils éprouvaient des passions très -violentes. Or, de telles passions s'expriment par un ton de voix très-élevé, qui multiplie lesdiphthongues et devient une sorte de chant. Ce premier chant vint naturellement de la difficulté de prononcer, laquelle se démontre par la cause et par l'effet. Par la cause : les premiers hommes avaient une grande dureté dans l'organe de la voix , et d'ailleurs bien peu de mots pour l'exercer ^. Par l'effet .* il y a dans la poésie italienne un grand nombre de retranchements; dans les origines de la langue latine, on trouve aussi beaucoup de mots qui durent être syncopés, puis étendus avec le temps. Le contraire arriva pour les répétitions de syllabes. Lorsque les bègues tombent sur une syllabe qui leur est facile à prononcer, ils s'y arrêtent avec une sorte de chant, comme pour compenser celles qu'ils prononcent difficilement. J'ai connu un excellent musicien qui avait ce défaut de prononciation ; lorsqu'il se trouvait arrêté , il se mettait à chanter d'une manière fort agréable , et parvenait ainsi à articuler. Les Arabes commencent presque tous les mots par al, et l'on dit que les Huns furent ainsi appelés parce qu'ils commençaient tous les mots par hun. Ce qui prouve encore que les langues furent d'abord un chant, c'est ce que nous avons dit, qu'avant Gorgias et Cicéron, les prosateurs grecs et latins
3 Maintenant encore, au milieu de tant de moyens d^apprendre à parler, ne voyons-nous pas les enfants , malgré la flexibilité de leurs organes , prononcer les consonnes avec la plus grande peine. Les Chinois, qui, ayec un très-petit nombre de signes diversement modifiés, expriment en langue vulgaire leur cent vingt mille hiéroglyphes, parlent aassi en chantant. (fVco.)
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employaient des nombres poétiques ; au moyen â'ge, les Pères de TÉglise latine en firent autant, et leur prose semble faite pour être chantée.
Le premier genre de vers dut être approprié à la langue, à Tâge des héroê : tel fut le vers héroïque, le plus noble de tous. C'était Texpression des émotions les plus vives de la terreur ou de la joie. La poésie héroïque ne peint que les passions les plus violentes. Si le vers héroïque fut d'abord spondafque on ne peut l'attribuer, comme le fait la tradition vulgaire , à l'effroi inspiré par le serpent Python ; l'effroi précipile les idées et les paroles, plutôt qu'il ne les ralentit. En latin, sollicituê et festinans expriment la frayeur. La lenteur des esprits, la difficulté du langage , voilà ce qui dut rendre ce vers spondaîque ; et il a conservé quelque chose de de ce caractère, en exigeant invariablement un spondée à son dernier pied. Plus tard, les esprits et les langues ayant plus de facilité, le dactyle entra dans la poésie; un nouveau progrès détermina l'emploi de l'iambe, pes cituê, comme dit Horace. Enfin l'intelligence et la prononciation ayant acquis une grande rapidité, on commença de parler en prose, ce qui était une sorte de généralisation. Le vers iambique se rapproche tellement de la prose, qu'il échappait souvent aux prosateurs. Ainsi le chant uni aux vers devint de plus en plus rapide, en suivant exactement le progrès du langage et des idées. — Ces vérités philosophiques sont appuyées par la tradition suivante. L'histoire ne nous présente rien de plus ancien que les oracles et les êibxlles; l'antiquité de ces dernières a passé en proverbe. Nous trouvons partout des sibylles chez les plus anciennes nations : or, on assure qu'elles chantaient leurs réponses en vers héroïques, et partout les oracles répondaient en vers de cette mesure. Ce vers fut appelé par les Grecs p^Mtèn, de leur fameux oracle d'Apollon Pythien. Les Latins l'appelèrent vers saturnien, comme l'atteste Festus. Ce vers dut être inventé en Italie dans Vâge de Saturne , qui répond à Vâge d'or des Grecs. Ennius, cité par le même Festus, nous apprend que les faunes de l'Italie rendaient en cette forme de vers leurs oracles, fata. Puis le nom de vers saturnien passa aux vers iambiques de six pieds, peut -être parce que ces derniers vers furent employés naturellement dans le langage , comme auparavant les vers saturniens héroïques, — Les savants modernes sont aujourd'hui divisés sur la question de savoir si la poésie hébraïque a une mesure, ou simplement une sorte de rhylhme ; mais Josèphe, Philon, Origène et Eusèbe tiennent pour la première opinion; et ce qui la favorise principalement, c'est que, selon saint Jérôme, le livre de Job, plus ancien que ceux de Moïse, serait écrit en vers héroïques
depuis la fin du second chapitre Jusqu'au commencement du quarante-deuxième. — Si nous croyons l'auteur anonyme de Y Incertitude des sciences, les Arabes ne connaissaient point l'écriture, et toutefois ils conservèrent leur ancienne langue, en retenant leurs poèmes nationaux jusqu'au temps où ils inondèrent les provinces orientales de l'empire grec.
Les égyptiens écrivaient leurs épitaphes en vers et sur des colonnes appelées siringi, de sir, chant ou chanson. Du même mot vient sans doute le nom des Sirènes, êtres mythologiques célèbres par leur chant. Ce qui est plus certain, c'est que les fondateurs de la civilisation grecque furent les poètes théologiens, lesquels furent aussi héros et chantèrent en vers héroïques. Nous avons vu que les premiers auteurs de la langue latine furent les poètes sacrés appelés saliens ; il nous reste des fragments de leurs vers , qui ont quelque chose du vers héroïque, et qui sont les plus anciens monuments de la langue latine. A Rome, les triomphateurs laissèrent des inscriptions qui ont une apparence de vers héroïques, (elles que celles de Lucius Emilius Regillns,
Duello magno dirîmendo, regibos sobjogandis;
et celle d'Acilius Glabrion ,
Fadit, fagat, prostemit maximas l«giones.
Si on examine bien les fragments de la loi des Douze Tables, on trouvera que la plupart des articles se terminent par un vers adonique, c'est-à-dire par une fin de vers héroïque; c'est ce que Gicéron imita dans ses Lois, qui commencent ainsi :
Deos caste adeanto.
Pietatam adhibento.
De là vint, chez les Romains, l'usage mentionné par le même Cicéron. Les enfants chantaient la loi des Douze Tables, tanqttàm necessarium carmen. Ceux des Cretois chantaient de même la loi de leur pays, au rapport d'Élien. — A ces observations joignez plusieurs traditions vulgaires. Les lois des Égyptiens furent les poèmes de la déesse Isis (Platon ). Lycurgue et Dracon donnèrent leurs lois en vers aux Spartiates et aux Athéniens (Plutarque et Suidas). Enfin Jupiter dicta en vers les lois de Minos (Maxime de Tyr).
Maintenant revenons des lois à l'histoire. Tacite rapporte dans les Mœurs des Germains , que ce peuple conservait en vers les souvenirs des premiers âges ; et dans sa note sur ce passage. Juste- Lipse dit la même chose des Américains. L'exemple
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de cesdeax nations, dont la prenfiière ne fat connue que très* tard des Romains, et dont la seconde a été découverte par les Européens il y a seulement deux siècles, nous donne lieu de conjecturer qu*il en a été de même de toutes les nations barbares, anciennes et modernes. La chose est hors de doute pour les anciens Perses et pour les Chinois. Au rapport deFestus, les guerres puniques furent écrites par Navius en vers hérotques, avant de Tôtre par Ennius ; et Livius Andronicus, le premier écrivain latin , avait écrit dans un poème héroïque appelé la Romanide, les annales des anciens Romains. Au moyen âge, les historiens latins furent des poëUi kistoriqueê, comme Gunterus, Guillaume de Pouille, et autres. Nous avons vu que les premiers écrivains dans les nouvelles langues de TEurope avaient été des vergificaieurs. Dans la Silésie , province où il n'y a guère que des paysans, ils apportent en naissant le don de la poésie* En général, l'allemand conserve ses origines héroïques , et voilà pourquoi on traduit si heureusement en allemand les mots composés du grec , surtout ceux du langage poétique; Adam Rochemberg Ta remarqué, mais sans en comprendre la cause. Bernegger a fait de toutes ces expressions un catalogue, enrichi ensuite pas George Christophe Peischër, dans son Index de grœcm et germanicœ linguœ analogie, I^a langue latine a aussi laissé des exemples nombreux de ces compositions formées de mots entiers, etlespoëtes en continuant à se servir de ces mots composés , n'ont fait qu'user de leur droit. Cette facilité de composition dut être une propriété commune à toutes les langues primitives. Elles se créèrent d'abord des noms , ensuite des verbes , et lorsque les verbes leur manquèrent , elles unirent les noms eux-mêmes. Voilà les principes de tout ce qu'a écrit Morhof dans ses recherches sur la langue et la poésie allemande ^
Nous croyons avoir victorieusement réfuté l'erreur commune des grammairiens qui prétendent que la prose précéda les vers, et avoir montré dans Vorigine de la poésie, telle que nous l'avons découverte , Vorigine des langues et celle des lettres,
S VI.— Corollaires relatift à la logique des esprits
cultivés.
1. D*après tout ce que nous venons d'établir en vertu de cette logique poétique,re\skiïyemenik l'origine des langues, nous reconnaissons que c'est avec raison que les premiers auteurs du langage furent réputés «o^e« dans tous les âges suivanU, puisqu'ils
1 Nous trouvons ici une preuve de ce que nous avons «vanoé- dans les axiomes : Si leê êavanlê ê'appUqueni à
donnèrent aux choses des noms conformes à leur nature, et remarquables par la propriété. Aussi nous avons vu que , chez les Grecs et les Latins , nom et nature signifièrent souvent la même chose.
2. La topique commença avant la critique, La topique est l'art qui conduit l'esprit dans sa première opération , q^ui lui enseigne les aspects divers {les lieux, rÔTtot) que nous devons épuiser, en les observant successivement, pour connaître dans son entier l'objet que nous examinons. Les fondateurs de la civilisation humaine se livrèrent à ane topique sensible, dans laquelle ils unissaient les propriétés, les qualités ou rapports des individus ou des espèces, et les employaient tout concrets à former leurs genres poétiques ; de sorte qu'on peut dire avec vérité que le premier âge du monde s'occupa de la première opération de l'esprit.
Ce fut dans l'intérêt du genre humain que la Providence fit naître la topique avant la critique» II est naturel de connaitre d'abord les choses, et ensuite de les juger, La topique rend les esprits inventifs, comme la critique les rend exacts. Or , dans les premiers temps, les hommes avaient à trouver , à inventer toutes les choses nécessaires à la vie. En efiet, quiconque y réfléchira trouvera que les choses utiles ou nécessaires à la vie, et même celles qui ne sont que de commodité, d'agrément ou de luxe, avaient déjà été trouvées par les Grecs, avant qu'il y eût parmi eux des philosophes. Nous l'avons dit dans un axiome : Les enfants sont grands imitateurs ; la poésie n'est qu'imita^ tion , les arts ne sont que des imitations de la nature, qu'une poésie réelle. Ainsi, les premiers peuples qui nous représentent Venfànce du genre humain , fondèrent d'abord le monde des arts ; les philosophes, qui vinrent longtemps après , et qui nous en représentent la oieiVfoMe» fondèrentle monde des sciences , qui compléta le système de la civilisation humaine.
5 . Cette histoire des idées humaines est confir-* mée , d'une manière singulière, par Vhistoiredela philosophie elle-même. La première méthode d'une philosophie grossière encore fut l'ocvro^ea, ou értdence des sens; nous avons vu, dans l'origine de la poésie, quelle vivacité avaient les sensations dans les âges poéliqpies. Ensuite vint Ésope, symbole des moralistes que nous appellerons vulgaires; Ésope, antérieur aux sept sages de la Grèce , employa des exemples pour raisonnements ; et comme l'âge poétique durait encore, il tirait ces exemples de quelque fiction analogue, moyen plus puissant sur l'esprit du vulgaire que les meilleurs raisonnements abs-
trouvwr Us origines de la langue allemande en suivant nos principes, ils y feront d^étonnantes découvertes, {f^ico, )
PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE
traits '. Après Ésope vint Socrate : ii commença la dialectique par V induction, qui conclut de plusieurs choses certaines à la chose douteuse qui est en question. Avant Socrate, la médecine, fécondant Tobservation par Tinduclion , avait produit Hippocrate, le premier de tous les médecins pour le mérite comme pour l'époque, Hippocrate, auquel fut si bien dû cet éloge immortel : Nec fàllitguemquam, nec fàisus ab ulloeêi. Au temps de Platon, les mathématiques avaient, par le méthode de composition dite synthèse, fait d'immenses progrès dans l'école de Pythagore , comme on peut le voir par le Timée. Grâce à cette méthode, Athènes florissait alors par la culture de tous les arts qui font la gloire du génie humain, par la poésie, Téloquence et l'histoire, par la musique et les arts du dessin. Ensuite vinrent Aristote et Zenon ; le premier enseigna le syllogisme, forme de raisonnement qui n'unit point les idées particulières pour former des idées générales, mais qui décompose les idées générales dans les idées particulières qu'elles renferment; quant au second, sa méthode favorite, celle du sorite, analogue à celle de nos modernes philosophes, n'aiguise l'esprit qu'en le rendant trop subtil. 1>ès lors la philosophie ne produisit aucun fruit remarquable pour l'avantage du genre humain. C'est donc avec raison que Bacon, aussi grand philosophe que profond politique, recommande Vinduc'' tion dans son Organum^ Les Anglais , qui suivent ce précepte, tirent de Vinduction les plus grands avantages dans la philosophie expérimentale.
4. Cette histoire des idées humaines montre jusqu'à l'évidence l'erreur de ceux qui, attribuant, selon le préjugé vulgaire, une haute sagesse aux anciens, ont cru que Minos, Thésée, Lycurgue, Romulus et les autres rois de Rome , donnèrent à leurs peuples des lois universelles. Telle est la forme des lois les plus anciennes , qu'elles semblent s'adresser à un seul homme ; d'un premier cas elles s'étendaient à tous les autres, car les premiers peuples étaient incapables d'idées générales ^ ils ne pouvaient les concevoir avant que les faits qui les appelaient se fussent présentés. Dans le procès du jeune Horace , la loi de Tullus Hostilius n'est autre chose que la sentence portée contre Villustre accusé par les duunivirs qui avaient été créés par le roi pour ce jugement ^. Cette loi de Tullus est un exemple, dans le sens où l'on dit châtiments exem-
' Comme le prouve le succès avec lequel Hénénius Agrippa ramena à robéissance le peuple romain, (yico,)
3 Selon Tite-Live, Tullus ne voulut point juger luimême Horace, parce qu^il craignait de prendre sur lui Todieux d'un tel jugement; explication tout à fait ridicule. Tite-Live n'a pas compris que dans un sénat hé^
plaires. S'il est vrai, comme le dit Aristote, que les républiques héroïques n'avaient pas de lois pénales, il fallait que les exemples fussent d'abord réels ; ensuite vinrent les exemples abstraits. Hais lorsque l'on eut acquis des idées générales , on reconnut que la propriété essentielle de la loi devait être Yuniversalité ; et l'on établit cette maxime de jurisprudence: Legibus, non exemplis est j'udicandum.