ADDITION
PoiTR servir de supplément à ce qui peut manquer aux détails des expériences mentionnées dans cet Ouvrage.
Une des choses qui ont le plus nui aux progrès de la physiologie expérimeuiale , c'est le peu d'attention, et je puis même dire la négligence absolue rpie les expérimentateurs ont mise dans le choix des animaux. Ils les prenaient tels qu'ils leur tombaient sous la main, sans distinction d'espèce ni d'âge, et ils comparaieul les résultats de diverses expériences , failes de cette manière , comme si toutes l'eussent été stir des animaux de même espèce et de même âge. J'ai suivi un plan tout différent ; quoique j'aie fait mes expéiiences sur plusieurs espèces, je me suis plus particulièrement attaché à une que j'ai prise pour base de toutes mes recherches. Ce sont les lapins que j'ai choisis pour cela, parce qu'ils se laissent aisément maîtriser dans les expériences, qu'il est facile de s'en procurer en grand nombre , et qu'en les élevant on peut être parfaitement sûr de leur âge 5 tandis qu'on ne peut guères avoir chez soi des chiens et des chats en grand nombre, et qu'on
( ^69 ) n'est presque jamais si\r de l'âge de ceux qu'on se procure du dehors. J'ai donc fait constamment mes premiers essais sur les lapins, cl c'est sur eux que j'ai épuisé tous les tâtonnemens par lesquels il ("aui |)a.sser pour arriver aux résultats : de cette manière, toutes mes expériences sont comparables enire elles. Les résultats une fois obtenus et bien cous la lés , il ne restait plus qu'à les vérifier sur d'autres espèces, et c'est ce que j'ai fait sur les cliieus, sur les chats et sur les cochons d'Inde. Pour éviter toute confusion , je n'ai guères parlé que des lapins dans les deux premiers paragraphes. Je conseille à ceux qui voudront répéter mes expériences , de commencer par se les rendre familières sur ces mêmes animaux.
Il faut prendre garde de les choisir d'un âge qui soit approprie aux expériences que l'on veut faire. Toutes les fois que , dans une expérience, la respiraiion ou la circulation doit être arrêtée, et qu'un peut voir ce que deviennent dans l'un et l'autre cas les différens phénomènes de la vie , il faut que l'âge des animaux , n'excède pas dix jours, afin que ces phénomènes diuent plus long- temps, et qu'on ait plus de loisir pour les observer. C'est l'atteulion qu'il faut avoir quand on veut reconnaître dans quel lieu de la moelle allongée réside le premier mobile de la respiration, ou comparer les signes de la vie dans les deux portions d'un lapin , divisé transversalement. Il est encore bon
que les animaux soient fort jeunes , lors même qu'on ne veut faire qu'une section transversale à la moelle , pour conslaier l'indépendance où les pariies postérieures à la section se trouvent éire alors des antérieures. Dans cette expérience , lorsque les animaux sont un peu âgés, et que la section a été faite vers les lombes, la paralysie survient au bout d'un petit nombre de minutes dans les parties postérieures, quoique la vie subsiste dans le segment postérieur de la moelle, comme on n'en peut douter, puisque la circulation continue et qu'elle s'arrête si l'on vient à détruire ce segment. La paralysie paraît être due à ce que la circulation est très-affaiblie dans la moelle , peutêtre à cause de la section des artères spinales , supérieures et inférieures. Ce qui le ferait présumer, c'est qu'elle survient plus tard à mesure que la moelle est coupée plus près du col , et que dans les très-jeunes animaux , chez lesquels la circulation est fort active , la paralysie n'a pas lieu , ou bien elle ne se manifeste qu'à la longue.
La section de la moelle entre l'os occipital et la première vertèbre , produit assez souvent une syncope mortelle dans les lapins. C'est un fait assez singulier, dont je ferai connaître les diverses circonstances dans un autre moment ; le plus sûr moyen d'évitei» cet accident, c'est de coi.per la moelle entre la première et la seconde vertèbre cervicale.
Lorsqu'on veut observer les effets de la destruclion , soil loîale, soit partielle de la moelle épiuiiuc , il faut avoir soin que la destruction soit bien complète, ce qui n'est pas toujours facile, sur-tout dans les chiens et dans les chais. L'instrument i^dibse souvent entre le canal vertébral et les méninges, et ne fait que contondre la moelle. Celui dont je me sers , est un stylet de fer, d'un diamètre proportionné à celui du canal vertébral , et par conséquent plus gros à mesure que l'animal est plus âgé. Je fais en sorte de l'introduire en dedans des méninges; je l'enfonce dans toute la longueur que je veux détruire , puis je le retire , et je répète ces deux mouvemens à plusieurs reprises , mais avec ménagement, dans la crainte de faire passer de l'air dans les vaisseaux , en les déchirant trop brusquement. Les endroits les plus commodes pour l'introduclion du stylet, et les plus faciles à distinguer sur l'animal vivant, sont à l'occiput; ou entre les deux premières vertèbres cervicales , et entre la dernière vertèbre dorsale et la première lombaire. Celui-ci se reconnaît aisément, lorsqu'on a divisé la peau longitudinalement sur l'épine, et mis les côtes à découvert 3 c'est l'espace intervertébral qui suit immédiatement la dernière côle. Quelle que soil la portion de moelle que J€ veuille détruire , c'est toujours par l'un ou l'autre de ces deux endroits que j'introduis le stvlet. Pour détruire toute la moelle, je l'introduis par le premier; et je l'en-
( ^7^ ) fonce jusqu'à la queue. Lorsqu'on ne veut détruire qi^'une des trois portions , la destruction de la portion lombaire ne présente aucune difficuUé , il suffît d'introduire le stylet entre la dernière vertèbre dorsale et la première lombaire , et de l'enfoncer jusqu'à la queue. Mais celle des portions cervicale et dorsale , exige quelque préliminaire , et ne peut être faite avec quelque précision qu'autant qu'on connaît d'avance les longueurs moyennes de ces portions dans un animal de l'espèce et de l'âge de celui sur lequel on opère. Voici quelles sont à peu près ces longueurs dans les lapins : x
Ages. Longueurs moyennes de Longueurs moyennes de la moelle cervicale. la moelle dorsale.
jours. millim. lig- niillim. lig.
On prend, avec un compas, la longueur de la portion qu'on veut détruire j on la porte sur le stylet , et on l'y marque avec un fil ^ on enfonce ensuite le stylet jusqu'au fil dans le canal vertébral , en l'introduisant à l'occiput, pour détruire la moelle cervicale, et entre la dernière vertèbre dorsale et la première lombaire , pour détruire la dorsale ; on
(273) pose l'ongle du doigt indicateur de la main qui lient le stylet sur le iil, pour empêcher qu'il ne glisse, et l'on s'assure , après l'opération , s'il n'a pas glissé en reportant le compas sur le stylet. L'expérience terminée , il est toujours bon d'ouvrir le canal vertébral , pour constater si la destruction de la moelle a été bien complète j des ciseaux suffisent pour cela dans les jeunes animaux jusqu'à l'âge d'un mois et même au-delà.
C'est toujours un des deux membres de derrière que j'ampute, pour essayer s'il y aurait hémorragie j je l'ampute avec des ciseaux au milieu du pied , au milieu de la jambe ou au milieu de la cuisse, selon le degré de force que la circulation me paraît conserver j lorsque je la présume arrêtée , j'ampute la cuisse tout d'abord.
Une des pratiques qui exigent le plus d'habitude dans les expériences mentionnées ci-dessus , et celle d'où dépend tout le succès de la plupart de ces expériences , c'est l'insufflation pulmonaire (i). Toutes les fois que le cerveau ne peut plus exercer d'action sur les organes inspirateurs, soit que la
(i) Cette opération a été désignée à tort sous le nom d'expérience de Hooke. Long-temps avant cet Anglais , Yesale (^) s'en était servi pour prolonger la vie des animaux dont il avait ouvert la poitrine dans le dessein d'observer les mouvemens du cœur. Parmi les auteurs qui l'ont ensuite reprise
(*) De humam coiforîs fabricà. Basiles. i555, p. 824- /? Partie, j8
jiioëlle allongée ait été désorganisée , soit que la meëile épinière ait élé coupée ou détruite vers son commencement, si l'on a fait en même temps quelqu'aulre opération dont on veuille étudier les effets , il est indispensable de souffler de l'air danis les poumons , pour essayer de prolonger la vie de l'animal , autrement on serait en doute si sa mort serait due à cette opération ou bien à l'asphyxie. Souvent même il est nécessaire de recourir à ce moyen , quoique le cerveau et le commencement de la moelle épinière soient dans toute leur intégrité 5 c'est lorsque l'animal est très-affaibli , et qu'il n'a plus assez de forces pour respirer luimême. Dans ce cas , la circulation continue encore , mais l'asphyxie ne tarderait pas à la faire cesser. Je ferai remarquer à ce sujet , que le plus faible degré d'action de la moelle épinière, qui soit compatible avec la vie, est celui qui entretient un reste de circulation. Le degré nécessaire pour les dernières inspirations d'un animal mourant, en approche à la vérité d'assez près , mais il est toujours un peu plus fort. Dans les animaux adultes, la différence de ces deux degrés, n'est pas toujours facile à disdans des vues diverses, Goodwin (*) a particulièrement le mérite de l'avoir présentée comme le plus puissant remède contre l'aspliyxie 5 et c'est sur quoi mes expériences ne laisseront, je pense, aucun doute.
(*) La connexion de la vie avec la respiration, tiaduil de l'anglais par M. Halle. Paris, 1798.
( 2/5 ) lingucr j mais elle est bien marquée dans les Irèsjeiines animaux. C'est pour cela que, qviand on asphyxie ces derniers par l'inierccpiioii de l'air, les efforts d'inspiration finissent toujours plusieurs minutes avant la circulation , et qu'on peut les rappeler à la vie , assez long-temps après la cessation entière de la respiration.
Les principales conditions qu'on doit se proposer de remplir en pratiquant l'insufflalion pulmonaire, sont d'introduire dans les poumons une quanlité d'air proportionnée à leur capacité, ou plutôt à celle qu'ils reçoivent naturellement , de renouveler cet air à chaque insufflation, et de faire un nombre d'insufflations à peu près égal à celui des inspirations naturelles dans un temps donné. Le succès dépend beaucoup de l'instrument qu'on emploie j celui dont je me sers est une sérîuiiue ordinaire en étani. Cette seriuiiue a un trou situé au bas du corps de pompe , et qui doit être un peu plus grand q\ie l'orifice de la canule î de plus , outre l'anneau qui termine la lige du piston , elle en a deux situés au haut du corps de pompe, l'un d'un côté, l'autre de l'autre: c'est là tout ce qu'elle a de particulier. Yoici comment on en fait usage : on la prend de la main droite, en passant le doigt indicateur et l'annulaire dans les anneaux du corps de pompe, et le pouce dans celui du piston j on introduit la canule dans l'ouverlure faite préalablement à la
( ^7^ ) irachée-artère , /près et en arrière du larynx ^ on place l'animal sur le dos , et on le tient par la télé et par le cou j ou, s'il a été décapité, par le cou et par la trachée-artère , avec la main gauche placée par derrière, et dont on ramène le doigt indicateur en devant sur la trachée pour fixer la canule et contenir l'air insufflé j puis on faii jouer le piston en rapprochant et en éloignant alternativement le pouce des deux autres doigts. Pour que, dans ces mouvemens alternatifs, l'air soit régulièrement poussé dans les poumons , évacué au dehors et renouvelé, il faut boucher le trou qui est au bas du corps de pompe avec le pouce de la main gauche, pendant deux mouvemens consécutifs de piston, dont l'un le pousse et l'autre le retire, et déboucher ce même trou en levant le pouce pendant les deux mêmes mouvemens subséquens. En effet, si, lorsque le corps de pompe contient la quantité d'air qvi'on veut introduire dans les poumons , on bouche le trou et qu'on pousse le pis'iou , cet air passe dans la poitrine j et si, tenant toujours le trou bouché, on retire le piston, le même air revient dans le corps de pompe. Yoilà les deux premiers mouvemens : ce sont l'inspiration et l'expiration. Après cela, si on débouche le trovi , en levant le pouce , et qu'on pousse le piston jusqu'au fond de la seringue , ce même air s'échappe entièrement par le trou , par lequel il trouve moins de résistance que par la canule ;
( ''■77 ) et si le trou restant loujoiirs ouvert, on relire le piston, il entre de nouvel air. Ce sont les deux mouvemens subsequens , lesquels évacuent et renouvellent l'air du corps de pompe (i).
Il n'est pas possible de dire quelle est précisément la quantité d'air qui convient pour cbaque insufflation; car si la quantité d'une inspiration naturelleest si difficile à déterminer dans l'homme, elle l'est bien plus encore dans les animaux : tout ce qu'on peut faire à cet égard, c'est de se guider sur des à peu près. J'ai trois seringues de différentes grandeurs, qui me suffisent pour toutes mes expériences 5 j'emploie l'une ou l'autre, suivant
l'âge et la taille de l'animal. En voici les dimensions :
Longueur niestu'ée Diamètre
en dehors. iiilérieur.
millim. pouc. lig. milliin. )i^.
La petite, 'jj (a lo ). — 18 ( 6 ).
La moyenne , 81 ( 3 ). — 2.3 (10').
La grosse, 92 (3 5). — ?>j (16^).
La petite suffît pour les lapins jusqu'à l'âge de vingt jours ; et elle pourrait même servir beau-
Ci) L'instrument qu'employait Godwin était aussi une espèce de seringue 5 mais , par une erreur difficile à expliquer, le trou destiné au renouvellement de l'air, au lieu d^être au bas du corps de pompe , était au tiers supérieur. De cette manière , l'air ne pouvait jamais être renouvelé que très-imparfaitement.
( 278 ) coup plus tard, si sa capaciîé n'était pas diminuée de tout le YoUime du piston. Dans les premiers jours de la naissance , je borne l'excursion du piston à 6 niillini. (de 2 à 3 lignes), et je l'augmente peu à peu avec l'âge de l'animal. Les petites seringues d'étain ont l'inconvénient qu'assez souvent leur canule est trop grosse pour la tracliée-arièie des la|)ins nouvellement nés, et surtout pour celle des cochons d'Inde : on y remédie par une canule en argent qui s'ajuste sur celle d'étain. Cette canule, menue par le bout, doit être conique j et en général, les canules de toutes les seringues destinées à l'insufflation, doivent être coniques et grossir assez promplement, afin qu'en les enfonçant convenableinenL dans la tracbée-artère, elles puissent la remplir à plein calibre.
J'emploie la moyenne seringue pour les lapins depuis l'âge de vingt jours jusqu'à celui de deux mois et au-delà , et je gradue de même l'excursion du piston 5 cette seringue me sert aussi pour les codions d'Inde adultes.
Je n'ai recours à la troisième que pour les grands lapins ou pour les animaux plus jeunes , qui ont une grande capacité pulmonaire, tels que les cliiens. Une précaution importante dans toutes ces seringues, c'est que le piston remplisse bien le corps de pompe, et que néanmoins ses mouvelîiens soient très-doux et très-faciles 5 autrement
( -79 rinsufUation serait fatigaiile, et l'on ne pourrait pas la coiiiinuer loug-lemps j d'ailleurs les saccades, que des mOuvemeris rudes ne manqueraient pas d'occasionner, produiraient des désor- «Ires dans les poumons.
Quant au nombre d'insufflations fpi'il convient de faire par minute, on ne peut pas l'assimiler entièrement à celui des inspirations naturelles dans les lapins et dans les cochons d'Inde , lesquelles sont en général de plus de 80. Il ne serait pas sans danger de brusquer ainsi les insufflations 5 on romprait les vaisseaux du poumon et on ferait extravaser l'air insufflé. J'en fais ordinairement environ 5o par minute (a).
(17) Il y ûTait de belles expériences à faire :
1°. Sur la capacité moyenne de la poiti-ine ( ou des poumons ) dans l'homme 5
2°. Quelle est la quantité d'air inspiré à chaque inspiration?
5". Combien il y a d'inspirations dans un temps donné?
4**. Les variations de cette quantité selon l'exercice ,
le repos , la digestion^ la veille, le sommeil, la santé , lit maladie, etc. ^
50. La proportion de ces quantités avec les diirers états d* la circulation 5
La décapitation dont on a besoin pour plusieurs expériences, peut être fiiiie de diverses manières, qui se réduisent toutes à lier les vaisseaux du cou avant de retrancher la léte , et à commencer l'insufilatiou pulmonaire avant que l'animal soit asphyxié à mort. Il faut se souvenir que l'asphyxie commence à l'instant où la moelle épinière a été coupée entre la tête et l'origine des nerfs diapîiragmatiques, et qu'on doit recourir à l'insufflation pulmonaire d'autant plus promptement que l'animal est plus âgé. Le plus sur est de se régler pour cela sur les bâillemens 3 il y a tout lieu d'espérer que l'insufflation réussira quand on la pratique avant qu'ils aient cessé. Si quelque circonstance empêche de les observer dans une expérience , on préjuge l'époque de leur cessation d'après les tableaux de la page 98. Le procédé que j'ai décrit pages 119 et 129 convient spécialement pour les lapins déjà avancés en âge. On peut le simplifier pour ceu.x qui sont âgés de moins de quinze jours, et qui n'exigent pas qu'on recourre si promptement à l'insufflation pulmonaire Voici celui que j'emploie pour ces derniers. L'animal étant placé sur
6°. Les diverses qualités de l'air expiré ( d'un homme à un autre ) dans le même temps ;
7°. L'influence de tout cela sur la production de la chaleur et l'état général de l'économie.
le venii'c, je le liens de la main gauche par la lelej je leuds la peau de la nuque eniie le pouce et le doii^L indicateur de cette main^ je reconnais, avec l'indicateur de la droite à travers la peau, l'intervalle de la première et de la seconde vertèbres cervicales, et j'y enfonce une forte aij^uille à coudre , que je saisis de cette même main, et avec laquelle je coupe la moelle en travers. Je mets l'animal ensuite sur le dos, et je l'y maintiens en le tenant toujours de la main gauche par la tête , et en accrochant à un clou fixé sur la table l'anse d'une ficelle attachée d'avance à ses pattes postérieures j je prends un scalpel de la main droite, et tendant la peau et les parties molles avec le pouce et le doigt indicateur de la gauche, je découvre la trachée-artère et les vaisseaux du cou -, je lie la carotide de chaque côté, et avec elle les veines jugulaires externe et interne , au moyen d'une aiguille à coudre ordinaire, garnie d'un fil (1)5 je glisse le scalpel sous le larynx, pour le détacher de l'os hyoïde ; cela fait, je quitte le scalpel pour prendre des ciseaux avec lesquels je coupe le cou près l'occiput j et c'est alors seulement que je commence l'insufflation pulmonaire. Assez souvent on entend
(1) Des aiguilles légèrement courbes seraient plus commodes j mais j'ai renoncé à celles des chirurgiens , qui sont tranchantes sur les côtés, parce qu'il m'est arrivé plusieurs fois de couper l'artère avec ces aiguilles.
iiu bouillonnement dans la poitrine anssiiôt après la décapitation. C'est un indice que l'air a passé dans les vaisseaux j l'expérience est mauquée. Si l'on trouvait quelque difficulté à distinguer les premières vertèbres cervicales à travers la peau, on les mettrait à découvert en faisant à celle-ci une incision longitudinale. Je préfère l'aiguille an scalpel pour cotq^er la moelle épinière , parce qu'elle occasionne moins d'bémorragie.
Il faut avoir l'atteuliôn , dans loules les expéliences, de choisir des animaux sains etbienporlans. S'ils étaient malades, et sur-lout si le froid les avait rendus languissans, les résultats ne seraient plus les mêmes , particulièrement en ce qui concerne la durée des phénomènes. Le froid modifie et prolonge les phénomènes de l'asphyxie d'une manière fort remarquabledans les très-jeunes animaux 5 fait curieux, susceptible d'applications importantes au fœtus humain , et qui se rattache à la théorie de la léthargie hivernale de certains animaux. Je n'ai fait que l'annoncer à la Société de la Faculté de médecine ( i ) , je le développerai dans une autre occasion. Si l'on coupe les nerfs de la huitième paire sur des chiens nouvellement nés , mais engourdis par le froid, la tenqiérature de l'atmosphère étant à 10 degrés, ils pourront vivre
(1) Bulletin de la Faculté de Médecine de Paris , 1812.