‹ ŒuvresChapitre 2 sur 27 · LA. CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

LA. CHALEUR ANIMALE

JL/ANs un premier Mémoire que j'eus Thonneur de présenter à la classe le printemps dernier , j'ai comparé le refroidissement qui survient dans les animaux décapités , et qu'on entretient vivans par l'insufflation pulmonaire , avec celui qui a lieu dans le même temps, après la mort, chez des animaux de même espèce et de même poids 3 et j'en ai examiné les principales circonstances. On avait avancé, en Angleterre, que le refroidisseinent était à peu près égal dans les deux cas , quoiqu'il subsistât de l'oxigène , et qu'il se formât de l'acide carbonique dans les poumons de l'animal décapité qu^on insuffle. On avait même assuré que l'animal décapité se refroidissait un peu plus que l'animal mort, ce qu'on avait attribué à ce que l'air insufflé enlève du calorique. On avait conclu de là, que la chaleur animale n'a nullement son foyer dans les poumons, et que les animaux perdent du calorique par la respiration, au lieu d'en acquérir. Les résultats de mes premières recherches ont été :

1». Que les animaux qu'on fait vivre après les avoir décapiiés , se refroidissent en efl-et considéra- Llement ^ mais que néanmoins , dans certaines espèces, et sur-tout dans les chats, ils conservent assez constamment une température supérieure de 2. k 3^ cent. , k celle des animaux morts.

2.^. Que pour se refroidir d'un égal nombre de degrés, ces animaux perdent notablement plus de calorique dans un temps donné , que ceux qui sont morts 5 et que, par conséquent, même en supposant que la température des uns et des autres s'abaissât de la même quantité^ on n'en pourrait pas conclure qu'il ne se développe point de chaleur dans les premiers.

3^. Que l'insufflation pulmonaire, pratiquée sur des animaux entiers et parfaitement sains d'ailleurs, suffit pour faire baisser leur température, et qu'on peut aller jusqu'à les faire mourir de froid, en continuant cette exécution pendant un certain temps.

4*^. Que tout ce qui gène ou dénature la respiration, produit le même effet ^ et qu'il suffit, par exemple, de tenir un animal allongé sur le dos, pour qu'il se refroidisse , et jusqu'à en mourir si on le maintient long-temps dans cette position.

Ces résultats faisaient voir que dans les différens cas où les animaux se refroidissent, il y a toujours en même temps un dérangement dans la respiration ; mais le point capital était de s'assurer si , lorsqu'un animal se refroidit, le dérangement qu'on observe

( 23 ) alors dans la respiration , est toujours accompagne d'une diiiiinulion dans rabsorpiion de Toxigène, et dans la formation de l'acide carbonique, et si cette diminution est en rapport avec le degré du relVoidissemenl. C'eî>t l'objet du Mémoire que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui à la classe.

Ce sont, comme je l'ai dit, les expériences sur les animaux décapités, qui ont donné lieu aux recherches dont il s'agit. Leur refroidissement ne pouvait être attribué qu'à l'absence du cerveau , c'est-àdire , à ce que la formation de la chaleur animale dépend essentiellement de l'action de ce viscère, ou bien de ce que l'insufflation pulmonaire ne produit pas dans l'économie animale tous les effets de la respiration naturelle. Le refroidissement que l'insufflation pulmonaire occasionne dans les animaux entiers, rendait cette dernière cause trèsvraisemblable. Il s'agissait de savoir comment l'insufflation produit cet effet, et spécialement si , dans un temps donné, il s'absorbe moins d'oxigène, et s'il se forme moins d'acide carbonique dans un même animal pendant l'insufflation que pendant la respiration naturelle. Mais c'était une chose presqu'impossible à constater par des expériences directes; car s'il est facile de connaître les changemens qu'un anhnal fait éprouver à un volume donné d'air dans lequel il est renfermé , et où il respire de lui-même; il n'en est plus ainsi lorsque , ne respirant qu'à l'aide de l'insufflation pulmonaire , il ne

peut pas être isolé dans des vaisseaux clos. Les appareils embarrassans et compliqués qu'il faudrait employer dans le dernier cas, pour mesurer la quantité de Tair introduit dans les poumons au moyen de la seringue, et pour recueillir et mesurer celui qui en sort, donneraient nécessairement lieu à trop d'erreurs dans la pratique , pour qu'on put compter sur les résultats. En réfléchissant à cette difficulté , il m'a semblé qu'on serait suffisamment eu droit de présenter la cause du refroidissement qui a lieu pendant l'insufflation pulmonaire, si, en recherchant celle du refroidissement qu'on observe lorsque la respiration est troublée de toute autre manière, on trouvait que cette cause est toujours la même , et qu'elle dépend dans tous les cas, si on peut la constater, de ce que l'animal consomme moins d'oxigène et forme moins d'acide carbonique. C'est sur ce plan qu'ont été faites les expériences dont je vais rendre compte. Mais avant d'aller plus loin, je dois déclarer qu'elles me sont toutes communes avec M. Thillaye fils, si recommandable à la fois par ses lumières et par sa dextérité dans les manipulations, et qu'elles ont été faites dans les cabinets de la Faculté de médecine, où tous les instru mens dont nous pouvions avoir besoin^ ont été mis à notre disposition .

J'ai fait voir dans mon premier Mémoire, et j'ai déjà rappelédans celui-ci, qu'entr'autres moyensde

faire baisser la température d'un animal en trou- Liant sa respiration , une des plus simples etdes plus faciles à pratiquer, consistait aie tenir étendu sur le dos. Nous avons donc cherclié à connaître quel est, dans ce cas, la cause du refroidissement. C'est sur des lapins âgés d'environ six semaines, et sous la cloche de la cuve pneumato-chimiqiie à l'eau, que nous avons d'abord fait nos expériences. L'eau de la cuve éiait de l'eau de chaux. Chaque animal a constamment été soumis à deux épreuves : dans l'une , il était abandonné en toute liberté sous la cloche 3 dans l'autre, il y était étendu sur le dos, et attaché sur une planche par les quatre membres. Nous ne mettions , pour l'ordinaire , qu'un ou deux jours d'intervalle entre ces deux épreuves, et nous commencions, à dessein, tantôt par l'une et tantôt par l'autre. Yoici comment nous opérions : Après avoir placé la cloche pleine d'eau sur la tablette de la cuve pneumato-chimique , nous prenions un bocal de verre à goulot étroit, et dont l'orifice, usé à l'émeril , fermait exactement avec une plaque de verre , usée de même; ce bocal nous servait de jauge; nous le fermions avec la plaque avant de plonger son goulot dans l'eau de la cuve , puis nous faisions passer sous la cloche tout l'air qu'il contenait ; nous y faisions de même passer un second bocal d'air : ces deux formaient ensemble 149890 centimètres cubes : c'est la quantité d'air que nous avons cons-

tamment employée dans toutes les expërieuces de ce genre. Après Tavoir introduite sous la cloche , nous y passions , à travers Feau , un petit support en bois , qui s'élevait au-dessus de Feau , et sur lequel nous placions Fanimal , soit en liberté , soit attaché , en l'y introduisant pareillement à travers Feau 5 nous Fy laissions trois heures , au bout desquelles nous le retirions à travers Feau 5 nous retirions de même le support , après quoi nous enfoncions verticalement la cloche dans la cuve , jusqu'à ce que le robinet qui la fermait en haut fût entièrement plongé sous Feau. Nous prenions le bocal qui nous servait de jauge , et , après l'avoir rempli d'eau dans la cuve, nous renversions son goulot sur le robinet de la cloche , et nous faisions passer l'air de la cloche dans le bocal , non tout à la fois, mais à plusieurs reprises. A chaque reprise, nous fermions le bocal avec la plaque de verre , et nous agitions fortement Fair et Feau qu'il contenait 5 cette eau, comme je l'ai dit, était de Feau de chaux. Nous replacions ensuite le bocal sur la cloche , pour y faire entrer une nouvelle portion d'air, que nous lavions de même avec Feau de chaux, et ainsi de suite jusqu'à ce que le bocal se trouvât presque rempli de Fair de la cloche, et qu'il n'y restât plus qu'une médiocre quantité d'eau. Alors , en plongeant convenablement le goulot du bocal dans Feau de la cuve , nous établissions le niveau entre Feau du bocal et celle de

la cvive ; puis nous fermions le bocal avec la plaque, pour le retirer de la cuve, et nous nieuiona clans un vase, à part, Tcau qu'il s'était trouvé contenir après la prise des niveaux. Le premier bocal d'air retiré , nous procédions de même à l'extraction du second , et lorsque tout ce qui restait d'air dans la clocbe y avait passé, après avoir encore pi4s les niveaux , nous ajoutions l'eau qui restait dans le bocal à cellie que nous avions déjà mise à part , et nous la pesions avec d'excellentes balances. La température et la pression barométrique n'ayant pas sensiblement varié pendant l'expérience, il est évident que le volume de cette eau, qu'il était facile de déterminer par son poids, représentait exactement celui de l'air qui avait disparu dans l'expérience. Yoici quels furent les résultais que nous donnèrent d'abord ces expériences :

Durée des expériences: Volume de Pair employé:

3 heures. 14890 centim. cubes.

Poids des lapins. Air consumé.

graintn. centim. cubes.

»". lapin 436. . .\ 'f^'^' «" ^l'f' «•

( 070^0 , attache.

2« A20. . J 147Ï58, en liberté.

' i 892^3, attaché,

3e 3^3 C 1 552,8, attaché.

* * ( 1 683,0, en liberté.

Ae ^^r^ S ^4^ 1^ t attacllé.

^ ^^^' ' '[ i5c5,8, en liberté.

5e 2^. C 461,8, attaché.

( ij97j2j en liberté.

( 28 ) Il n'y a pas de doute que l'air qui a disparu dans ces expériences ne soit de Toxigène. On voit que dans toutes, hors la troisième, la quantité qu'en a consommé le même animal a été considérablement plus grande lorsqu'il respirait librement, que lorsqu'il était attaché : la raison elle-même semblait indiquer d'avance ce résultat. Il paraissait, en effet tout simple, qu'un animal consommât moins d'oxigène lorsque la respiration était gênée que lorsqu'elle était libre ^ et si la troisième expérience n'avait présenté qu'une différence médiocre, nous étions portés à l'attribuer à quelque erreur dans les manipulations. Pour nous assurer, nous nous décidâmes à répéter encore quelques expériences. Ce ne fut qu'après une interruption d'une quinzaine de jours, que nous reprîmes ce travail. Les résultats que nous obtînmes alors furent bien différens de ceux que nous attendions, et nous jetèrent dans une grande perplexité. En les comparant entre eux, ils n'étaient pas tous dans le même sens ; mais la plupart étaient en sens contraire de ceux que je viens de rapporter. Voici quels furent ces résultats :

Durée des expériences : Yolurne Je Pair employé:

3 heures. 14^90 centini, cuLes.

Poids des lapins. Air consumé.

gramm. cenlim. cubes,

„ , . Q ( ^43 5 libre.

i**^. lapin 210. , ,\ Q i^t t,'

^ (1091,0, attache.

ae 367. . J '^'7Ay ^ihre,

' * (1 647,8 , attaché.

3« . . 4i6 5 5 J 549, 8, libre.

^ ' ( 1768,8, attaché.

,g c 1 609,2 , libre.

^ /•••| i334,8, attaché.

5e . 401. . .{ ^^^^'4, libre. ^

********^ ***1 ï489>o, attaché.

On voit que les résultats des trois premières expériences étaient en opposition directe avec ceux que nous avions trouvés précédemment 3 seulement la différence entre la consommation par Fanimal libre et celle par Tanimal attaché , n'était pas, à beaucoup près, aussi grande. La principale cause à laquelle nous pensions attribuer une aussi étrange anomalie, était un changement survenu dans la température de l'atmosphère 5 car, du reste, toutes nos expériences avaient été faites avec les mêmes appareils et de la même manière en tout point. Mais, à la première époque où nous les avions faites, la température de l'atmosphère était entre 8 et lo*^ centigr. 5 au lieu que lorsque nous les reprîmes, après une interruption de quinze jours, le temps avait changé 5 la température de l'atmosphère s'était élevée, et elle se maintint

entre i5 et 19'^ ceniigr. Cependant / ne pouvant nous rendre raison à nous-mêmes, comment il 8e faisait qu'une augmentation médiocre dans la température de Tatmosphère produisît une pareille anomalie, nous voulûmes nous assurer si ce singulier effet était bien réel, et si nous ne nous élions pas trompés en transposant et en mesurant Tair de la cloche 5 car, pour purger complètement un certain volume d'air de tout l'acide carbonique qu'il contient, il faut l'agiter long-temps et fortement avec l'eau de chaux, et quelque soin qu'on ait apporté à cette manipulation, on n'est pas toujours bien sûr de n'avoir pas laissé sortir ou rentrer un peu d'air 5 nous eûmes donc recours à l'analyse endiométrique, comme moyen de vérification. Nous recoiumençâmes nos expériences, et , à la fin de chacune , nous prîmes une échantillon de l'air de la cloche ; nous déterminâmes la quantité d'oxigène qu'il contenait, et par conséquent celle qui avait été consommée par la détonation avec le gaz hydrogène : les résultats de ces analyses furent conformes à ceux que nous avait donnés la mesure des volumes. Les uns et les autres coucou^ raient à prouver qu'à une température un peu plus élevée, un lapin consomme, non pas toujours, mais assez souvent, un peu plus doxigène lorsque sa respiration est gênée que lorsqu'elle est libre. 11 s'agissait de savoir s'il en serait de mèuie dans les autres espèces d'animavix. Deux chais,

( 3i ) Ages (le \'higt jours, de même portée et à peu près de même poids (290 gram. ) , furent renfermés l'un après Tautre , dans le même appareil , dans la même quantité d'air, et durant le même temps que l'avaient été les lapins. L'un d'eux consomma 1962,2 centim. cub. d'oxigène étant libre , et le lendemain il en consomma 1695,2. étant attaché sur la planclie ; l'autre en consomma 1 922,4 étant libre ^ «et le lendemain i4i4?^ étant attaché.

Des résultats aussi opposés étaient sans doute fort embarrassans. Réfléchissant au principal but de toutes ces recherches , lequel était de comparer le refroidissement qui survient dans un animal attaché pendant un temps donné, avec les quantités d'oxigène qne cet animal absorbe dans le même temps lorsqu'il est libre et lorsqu'il est attaché , il me vint dans la pensée que le refroidissement n'avait peut-être pas lieu dans tous les cas, et qu'il pourrait bien en être à cet égard comme de l'absorption de l'oxigène. C'était sur la fin de l'hiver, et lorsque la tempe rature de l'atmosphère n'excédait pas 9 degrés, que j'avais observé cette cause de refroidissement 5 mais s'il arrivait qu'elle n'eût pas lieu également dans toutes les espèces d'animaux à une température plus élevée , il serait possible que les divers résultats que je viens de rapporter, n'offrissent plus de difficultés , du moins en ce qui concernait l'objet principal de nos recherches. Je revins donc à fixer des lapins sur le dos à l'air libre

de ratmospîière : la température étant entre i3 et 2.0 degrés, je trouvai qu*ils se refroidissaient eonstaniQient , et qu'à cette température, de même qa'à une plus basse, en prolongeant Texpérience, le refroidissement pourrait aller jusqu'à les faire mourir. Seulement je remarquai que le degré du refroidissement, au bout d'un temps donné, variait beaucoup dans des animaux de même âge, de même poids , et à une température de l'atmosphère à peu près semblable; seulement il était en général moins prompt dans une atmosphère plus chaude. Dans certains cas, le refroidissement était de plus de 8 degrés dans trois heures, tandis que dans d'autres il était à peine de 3,5*^ dans l'espace de près de quatorze heures j ce qui ne fait guère que deux tiers de degré pour trois heures. Je m'assurai que la principale cause de ces différences dépendait de la force avec laquelle l'animal avait été attaché d'abord, ou du relâchement qui était survenu dans le cours de l'expérience, et qu'en le resserrant davantage on ])Ourrait toujours accélérer son refroidissement. Enfin, j'observai que, quand l'expérience durait plusieurs heures , le refroidissement était en général plus prompt pendant les dernières ; sans doute parce que l'animal étant alors fatigué, sa respiration était plus faible.

Ces nouvelles recherches nous déterminèrent à comparer, dans la même expérience, le degré du refroidissement avec l'absorption de l'oxigène.

( 33 ) afin de voir si ce plus petit refroidissement ne correspondrait pas à la plus grande absorption. Il fallait, pour cela, prendre la température des animaux au commencement et à la fin de chaque expérience ^ mais c'était une chose qu'il était presqu'impossible de faire avec quelque exactitude en se servant de Tappareil pneumato-chimique, à cause de la nécessité qu'il y avait d'introduire les animaux sous la cloche et de les en retirer à travers l'eau ', ce qui devait ajouter au refroidissement occasionné par la gêne de la respiration , et en rendre le degré précis indéterminable. Il était donc indispensable de recourir à quelqu'autre appareil à l'aide duquel on pût reconnaître, à volonté et avec précision , d'une part , l'absorption de l'oxigène et la formation de l'acide carbonique, et de l'autre, la température des animaux. Aucune ne nous parut plus propre à remplir toutes ces conditions que le manomètre tel qu'il a été perfectionné par M. Berthollet, et décrit par cet illustre savant dans le premier volume des Mémoires de la Société d'Arcueil. Malheureusement cet instrument n'existait pas dans les cabinets de la Faculté de médecine ', mais M. le baron Corvisart , informé du besoin que nous en avions , le fit construire à ses frais , et il eut la bienveillance d'y joindre un eudiomètre de Volta , beaucoup plus parfait que celui que nous avions.

Ce fut donc dans le manomètre que nous répé- Ile» Partie, 3

tàmes les expériences que nous avions faites sous la cloche pneuniato- chimique, en y plaçant cha- ' que animal d*ahord en liberté, et le lendemain attaché sur un bout de planche. Au moment de Fy introduire, nous prenions sa température entre l'omoplate et la poitrine, par une petite ouverturfaite à la peau près du sternum 5 nous prenions en même temps la hauteur du baromètre et le degré du thermomètre qui devait être suspendu dans le ballon. A la fin de Texpérience, dont la durée ore dinaire était encore de trois heures , nous prenions de rechef le degré du même thermomètre , la hauteur du baromètre et celle de Téproiivette (car c'était une éprovivette que nous avions fait adapter à notre instrument), et nous retirions des essais d'air. Aussitôt après, nous dévissions la plaque et nous prenions la température de Taninial^ il ne^ restait plus qu'à analyser les essais d'air. Après avoir absorbé par Teau de chaux l'acide carbonique qu'ils contenaient, et en avoir constaté la quantité, nous déterminions celle de l'oxigène par la détonation dans l'eudiomètre de Yolta, avec du gaz hydrogène préparé par le zinc et l'acide muriatique. Nous faisions toujours, pour chaque expérience, deux analyses dont l'une servait de contreépreuve à l'autre. Dans la première , nous faisions détoner un mélange de deux mesures de l'air du manomètre et d'une mesure de gaz hydrogène; çt si la détonation n'avait pas lieu , ce qui arrive,

comme Tont observé MM. de Humboldt et Gay- Lussac , lorsque roxi<i;ène ne fait pas la quinzième partie du mélange , nous ajoutions une nouvelle mesure de Tair du manomètre , ou Lien une mesure d'air atmosphérique. Pour la seconde analvse, nous mêlions une mesure de l'air du manomètre , une d'air atmosphérique et une de gaz hydrogène^ nous avions toujours soin en même temps de faire l'analyse de l'air atmosphérique avec le même gaz hydrogène.

En suivant ce procédé , nous trouvâmes encore que le plus souvent les lapins consommaient, ou un peu pins d'oxygène^ ou pour le moins autant, lorsqu'ils étaient attachés que lorsqu'ils étaient libres, et que cependant leur température baissait d'environ 2^ , 5. Nous trouvâmes aussi qi:;e lorsqu'ils étaient libres leur température augmentait de o^, 5 ou même un peu plus.

De cinq expériences faites sur de jeunes chats, en comptant toujours deux épreuves pour une expérience, dans deux, l'animal attaché absorba un peu plus d'oxigène que l'animal libre; l'absorption fut sensiblement égale dans les trois autres. Dans ces cinq expériences, la température de l'animal libre resta la même , ou subit une petite augmentation : celle de l'animal attaché baissa de 1 àsdeg'és.

Nous fîmes trois expériences semblables sur de jeunes chiens; dans la première , le chien libre coii-

somma un peu moins d*oxigène que le même chien altachë, mais ce fut le contraire clans les deux autres dans lesquelles les chiens libres en consommèrent davantage. Dans ces trois expériences, la température des chiens attachés baissa de i ^ à 2^ l y et il est très-remarquable que dans les deux dernières, celle des chiens libres baissa elle-même d'environ i^ l y je dois noter aussi que le chien qui servit à Tune de ces deux dernières expériences, > était le même que nous avions employé pour la ' première. Mais lors de celle-ci il n'était âgé que de seize jours, et ne pesait que 6i5 giam. , au lieu qu'à l'époque de la deuxième expérience , il était âgé de trente jours et pesait 1070 gram.

Durant toutes ces expériences, la température de l'atmosphère s'était maintenue entre 19 et 23

degrés.

Parmi ces résultats divers , ceux qui concernaient

les chats fixèrent d'abord notre attention. JNous

avions trouvé que, sous la cloche pneumato-chimi-

que , ces animaux avaient constamment absorbé

plus d'oxigène lorsqu'ils étaient libres , et nous

observions le contraire dans le manomètre. Or, la

seule différence notable qu'il y eût entre ces deux

ordres d'expériences, dépendait des quantités d'air

employées. J'ai dit que cette quantité sous la cloche

était constamment de 14,890 centim, cubes , tandis

que notre manomètre en contenait 41^720 ^ il était

évident que des animaux de même espèce et de

( 37 ) même force , et qui consommeraient en temps égaux des quantités à peu près égales d'oxigène, devaient réduire, au bout d'un certain temps, au bout d'une heure ^ par exemple, la proportion de ce gaz dans la cloche, beaucoup au-dessous de ce qu'elle serait dans le manomètre, et que si ces animaux continuaient de séjourner dans les deux appareils , la différence toujours croissante dans la proportion de l'oxigène devait en occasionner nue dans la gène de la respiration, et il était bien présumable que cette gène, plus grande de la respiralion sous la cloche que dans le manomètre , avaii beaucoup influé sur la différence des résultats. Pour m'en assurer, je comparai les proportions d'oxigène qui restaient sous la cloche et dans le manomètre à la fin des expériences faites sur les chats, je trouvai que sous la cloche la proportion, en prenant la moyenne, était de lo centièmes, taudis que dans le manomètre elle était de 17 centièmes, sur 2.1 qu'il y avait au commencement.

Les trois expériences faites sur les chiens dans le manomètre , nous fournirent une nouvelle preuve que la gène de la respiration provenant d'une certaine réduction dans la proportion de l'oxigène, avait réellement une grande part dans les résultats^ j'ai dit que c'était le même chien qui avait servi dans deux de ces expériences y lesquelles néanmoins avaient donné des résultats contraires. Mais l'animal étant plus fort et plus âgé de quatorze jours-,

dans la deuxième expérience que dans la première^ il avait du consommer plus d'oxigène^ et eu effet ^ il en restait li cemièmes dans le manomètre, à la fin de la première expérience , et seulement 11 centièmes à la fin de la deuxième. Il n'en restait de même qu'un peu plus de 1 1 centièmes à la fin de la troisième expérience j dont le résultat avait été semblable à celui de la deuxième.

Quant aux lapins, j'ai fait voir que dans plusieurs cas 5 ils consommaient un peu plus d^oxigène étant attachés qu'en liberté, même sous la cloche 3 mais c'est qu'aussi la proportion de Poxigène sous la cloche , à la fin des expériences , n'allait pas audessous de 12. centièmes, et on conçoit que dans le manomètre elle était encore plus grande.

Il paraissait donc que la différence dans les quantités d'oxigène absorbées par l'animal attaché et par l'animal libre, dépendait beaucoup de la proportion à laquelle ce gaz se trouvait réduit par l'animal lui-même.

Nous trouvâmes quelesvariations que nousavions observées dans la température des animaux, lors même qu'ils avaient élé mis en liberté dans le manomètre, en dépendaient pareillement. Ainsi, celle des chiens dans ces deux dernières expériences, était diminuée, mais ils avaient réduit la proportion de l'oxigène à 1 1 centièmes 5 celle des chats était restée la même, ou avait un peu augmenté, mais ils n'avaient réduit la proportion de l'oxigène qu'à

(39 ) 17 centièmes. Enfin, celle des lapins était pour Tordinaii e nn peu augmciitée , parce que ceux que nous avions employés, n'étant âgés que d'environ six semaines , ils n'avaient pas réduit la proportion de l'oxisène au-dessous de 1 2 centièmes ; mais il arrivait tout le contraire , lorsque la réduction était beaucoup plus considérable , ce que nous étions toujours les maîtres d'opérer en employant des lapins beaucoup plus gros. Dans ce dernier cas, la température de l'atmosplière étant à 20'', ces animaux perdaient de 1 à 2^. en trois heures, quoiqu'ils fussent parfaitement libres dans le manomètre, et que la température intérieure de l'instrument se fût élevée de quelques degrés au-dessus de celle de l'atmosplière, comme cela a toujours Heu.

En récapitulant tous les faits dont j'ai parlé jusqu'ici, on trouve, 1^, Que les animaux attachés se refroidissent constamment, mais à des degrés très-variables , ce qui dépend de la température de l'atmosphère et plus particulièrement de la force avec laquelle on les tient étendus, et par conséquent du degré de gêne de la respiration. 2"^. Que si on les place dans des vaisseaux clos , ils y consomment beaucoup moins d'oxigène qu'ils ne feraient dans l'état de liberté , lorsque la température de l'atmosphère est au-dessous de ic^j et qu'au contraire , tout en se refroidissant , ils peuvent en consommer un peu plus, lorsque la température

de l'atmosphère est au-dessus de i5% mais seulement dans les cas où ils ne sont étendus qu'avec une force médiocre. 3^. Que, quelle que soit la température de l'atmosphère, lorsque les animaux, soit à raison de leur taille , soit à raison de la capacité des vaisseaux, consomment environ la moitié de l'oxigène qae ces vases contenaient d^abord , il arrive constamment alors que ceux qui sont attachés en consomment notablement moins que ceux qui sont libres, et que la température baisse même dans ceux-ci, mais moins en général que daus ceux qui sont attachés.

Les principales conséquences auxquelles ces faits semblaient conduire , étaient, i». Que lorsqu'un animal sent sa respiration gênée, il agrandit ses inouvemensinspiratoires , au point d'arriver souvent à inspirer autant ou un peu plus d'air que lorsque sa respiration est libre , mais que cet effet n'a lieu qu'autant que la gêne de la respiration n'excède pas certaines limites. 2.^. Que les efforts soutenus qu'il fait pour surmonter cette gêne , lui font perdre plus de calorique qu'il n'en eût perdu dans l'état naturel. Ces conséquences sont assez évidentes en elles-mêmes; car il suffit de voir respirer un animal dont la respiration est gênée , pour reconnaître qu'il agrandit beaucoup ses mouvemens inspiratoires; et d'un autre côté, on ne peut guères se refuser d'admettre qu'un animal qui est dans une lutte , dans un travail continuel , ne perde plus de

calorique que s'il était en repos. J'ajouterai que ces mêmes conséquences expliquent très-naturellement toutes les difficultés , toutes les contradictions que nous avons rencontrées jusqu'ici.

On conçoit, en effet, que si un animal est placé dans des circonstances telles qu'il consomme plus d'oxigène que dans l'état naturel, il devrait, en raisonnant d'après la théorie actuelle, produire plus de calorique 5 mais si, par l'effet de ces mêmes circonstances, il en perd plus qu'il n'eût fait autrement, il pourra arriver que sa température reste la même, ou bien qu'elle devienne supérieure ou inférieure à ce qu'elle était d'abord , suivant la manière dont se compenseront l'acquisition et la perte du calorique. Les expériences rapportées cidessus fournissent des exemples de tous ces cas. Ainsi nous avons vu que des lapins mis en liberté dans le manomètre, loin de s'y refroidir, s'y rechauffent un peu , lorsque la gêne de leur respiration ne provient que d'une réduction dans la proportion de Foxigène, n'allant pas au-dessous de 14 centièmes, auquel cas les efforts médiocres, nésaires pour vaincre cette gène, leur font perdre peu de calorique. Les chats se comportent à peu près de la même manière dans les mêmes circonstances^ mais lorsque la respiration est un peu plus difficile, comme il arrive, entre autres, lorsque les animaux sont étendus sur le dos, il peut y avoir à la &is, ainsi que nous l'avons vu, refroidissement et ab-

sorption plus grande d'oxigène, parce que les mou-^ vemeiîs plus considérables qu'ils sont obligés de faire pour inspirer, joints aux efforts qu'ils fout pour se débarrasser de leurs liens, leur font perdre en sus de l'état naturel, plus de calorique qu'ils n'en acquièrent par le petit excès d'oxigène qu'ils absorbent. Nous avons vu aussi que ce dernier cas n'avait lieu qu'autant que la température de Tatniosphère était un peu élevée. La raison s'en conçoit facilement. L'animal attaché se refroidit d'autant ' plus promptement, toutes choses égales d'ailleurs, qu'il est exposé à une tempéra ture plus basse. (Yoyez le tableau ci-joint.) Or, parmi les causes qui peuvent l'affaiblir davantage , et par conséquent diminuer l'énergie de ses mouvemens inspiratoires , l'abaissement de sa température est une des plus considérables. Un lapin , par exemple , ne peut pas perdre au-delà de 7 à 8 degrés sans en être affaibli, au point qu'il ne peut plus revenir de lui-même à sa température initiale, et qu'il mourrait si l'on ne prenait pas soin de le réchauffer. Aussi les lapins que nous employâmes à la première époque de nos expériences, étaient- ils languissans , quand nous les relirions de dessous la cloche , au lieu qu'à la seconde époque ils conservaient presque toute leur vigueur. Il résulte de ce que je viens de dire, que la limite de tous les cas dans lesquels les animaux se refroidissent en même temps qu'ils consomment un peu plus d'oxigène, a nécessairement lieu lors-

que la tçéne de leur respiiaùon est portée au point que , quelques efforts qu'ils fassent , ils ne peuvent plus faire entrer dans leurs poumons la même quantité d'air que dans l'état naturel, et qu'à partir de celte limite , les quantités d'oxigène qu'ils absorbent doivent être plus ou moins en rapport avec les degrés de leur refroidissement : il .était bien important de vérifier, par des expériences directes, s'il en était réellement ainsi. Or, entre la limite dont il s'agit et l'asphyxie complète, la gêne de la respiration peut être portée à différens degrés ^ il s'agissait donc de savoir si dans ces différens cas, les animaux se refroidissent davantage à mesure qu'ils consomment moinsd'oxigènedans un temps donné. Pour cela , il fallait trouver un moyen de gêner leur respiration qu'on pût graduer à volonté. La fixation par des liens n'était pas propre à remplir cet objet 5 car si l'on tient un animal trop fortement allongé , il est très promptement aspliyxié, et si on l'attache d'une manière moins serrée, il peut survenir un relâchement et l'on retombe dans les anomalies dont j'ai parlé. Il me sembla que le moyen le plus facile et le plus sûr pour graduer la gêne de la respiration d'un animal , ou , ce qui revient au même , pour le contraindre à ne consommer qu'une certaine quantité d'oxigène dans un temps donné , était de diminuer, dans des proportions connues , la quantité de ce gaz que contient l'air où on le renferme. Car il est certain que , dans ce cas , il est

forcé d'en consommer moins, faute d*en trouver une quantité suffisante.

Ce fut d'abord en raréfiant Tair du manomètre que nous nous proposâmes d'atteindre ce but. Pour cela,, nous faisions le vide dans un grand ballon de verre avec la machine pneumatique, et, après avoir placé l'animal dans le manomètre, nous vissions ce ballon sur la plaque de cet instrument j nous établissions ensuite la communication entre les deux capacités en ouvrant les robinets. L'éprouvette du manomètre nous indiquait le degré delà raréfaction de l'air, ëi elle n'était pas aussi grande que nous le voulions. Nous répétions la même opération en faisant de rechef le vide dans le ballon^ et si elle était trop grande , après avoir ôté le ballon de dessus la plaque du manomètre, nous ouvrions avec précaution le robinet du manomètre pour V laisser rentrer de l'air, jusqu'à ce que l'éprouvette marquât juste le degré de raré^ faction que nous voulions obtenir. Nous laissions l'animal en expérience pendant trois heures comme à l'ordinaire ; à l'expiration de ce terme , nous notions avec soin les indications de l'éprouvette. Nous faisions, d'ailleurs, au commencement et à la fin de chaque expérience , toutes les opérations dont j'ai parlé précédemment, soit par rapport au thermomètre, au baromètre et à l'extraction des essais d'air, soit pour prendre la température des animaux. Pour mieux distinguer l'effet de la ra-

refaciion de Tair sur la chaleur animale, nous avions toujours soin , quand nous placions un animal dans l'air raréfié , de renfermer le même animal pendant ce même temps , la veille ou le lendemain , dans le manomètre rempli d*air à la pression atmosphérique. Les résultats que nous obtînmes constamment par ce nouveau mode d V^périeuces , furent que la température des animaux baissait d'autant qu'ils consommaient moins d'oxigène.

On aurait pu objecter que l'abaissement de leur température ne dépendait peut-être pas tant de l'absorption de l'oxigène que de la raréfaction de l'air en elle-même, laquelle pouvait avoir pour effet, de faciliter et d'augmenter la transpiration, soit cutanée, soit pulmonaire. Pour éclaircir ce doute, après avoir placé Tanimal dans le manomètre et V avoir raréfié l'air , nous y introduisîmes du gaz azote jusqu'à ce que l'éprouvette fut à zéro : ce gaz avait été préparé par la combustion rapide du phosphore sous une cloche de verre. Les résultats furent sensiblement les mêmes que dans l'air raréfié ; et ils ne changèrent pas lorsqu'au lieu de gaz azote, nous employâmes de l'acide carbonique pour remplir le vide du manomètre. Seulement dans ce dernier cas , lorsqtie le vide avait été fait au même degré que dans les deux précédens , ce refroidissement était, en général, beaucoup plus grand; aussi l'absorption de l'oxigène était-elle en même temps beaucoup plus petite. Nous avons fait ce»

( 46 ) expériences sur quatre espèces d'animaux , les chiens , les chats, les lapins ei les cochons d'Inde. Ceux de chaque espèce ont toujours ëlé soumis comparativement à quatre épreuves différentes j savoir : i^. dans l'air et à la pression atmosphérique 5 2°. dans l'air atmosphérique simplement raréilé/^i^. dans un mélange d'air atmosphérique et de gaz azote à la pression de "jG ceniimèires \ 4<^. enfin , dans de l'air atmosphérique et du gaz acide carbonique mélangé à la même pression : le plus souvent, pour que les résultats fussent encore plus comparables, les quatre épreuves ont été faites successivement , et à quelques jours d'intervalle, sur le même animal.

J'ai réduit, sous forme de tableaux, les résultais de toutes ces expériences. Il y a , pour chaque espèce , un tableau divisée verticalement en huit colonnes. La première indique le numéro des expériences, le poids des animaux et la qualité de l'air contenu dans le manomètre 5 la seconde , l'âge des animaux 5 la troisième, la durée des expériences. Pour qu'on puisse comparer plus facilement les quantités d'oxigène absorbé et celles d'acide carbonique formé dans les différens cas, j'ai ramené le volume de ces gaz à la pression constante de o"!,^^,^ la température de 20^ centig. , et je l'ai indiqué en centièmes de la capacité du manomètre. M. Poisson a eu la bonté de vérifier les formules qui m'ont servi à calculer ces réduc-

lions d'après les indications du baromètre ; de Tëpronvette, du thermomètre, et en tenant compte de la force élastique de la vapeur. Les quatre colonnes suivantes contiennent ces réduction^, savoir : la quatrième , la quantité d'oxigène que renfermait le manomètre au commencement de rexpériencej la cinquième, celle qu'il renfermait à la fin; la sixième, celle qui a été absorbée 5 et la septième, celle de l'acide carbonique. Enfin, la huitième colonne indique la température de l'animal au commencement et à la fin de chaque expérience. Pour ne pas donner trop d'étendue à ces tableaux, je n'y ai pas marqué les quantités absolues de l'oxi, gène absorbé , ni celles de l'acide carbonique formé- Mais il est très-facile de les connaître; il suffît pour cela de multiplier la capacité du manomètre par les quantités indiquées dans les colonnes de réduction , et qui, comme je l'ai dit, en expriment des centièmes.

Le résultat général de tous ces tableaux est que lis plus grand refioidissement correspond toujours à la plus petite absorption d'oxigène.' Si le contraire paraît avoir lieu dans quelques cas, on remarque d'abord que ce n'est jamais que dans des expériehces qui, comparées entre elles, présentent à peine un degré dé différence dans le refroidissement; mais toutes les fois que la différence est de deux degrés, ou au-delà, l'absorption de l'oxigène est constamment diminuée en propor-

tion. En second lieu , ces petites anomalies ne son qu'apparentes et elles dépendent toujours de la même cause; une gène plus grande dans la respiration, dans un cas que dans l'autre. Par exemple, dans les expérierjces sur les lapins, ce refroisdissement est plus grand de o%5 , et en même temps l'absorption de l'oxigène est plus considérable de ^ centièmes dans la neuvième expérience que dans la dixième; mais c'est qu'aussi la quantité d'oxigène employée au commencement de la neuvième expérience, n'était que d'environ i3 centièmes et demi, et celle qui restait à la fin était d'environ 5 centièmes ; au lieu que dans la dixième expépérience, ces quantités étaient d'environ 16 centièmes et demi au commencement, et de 10 à la fin. La gêne et le travail de la respiration étaient donc beaucoup plus grands dans la neuvième expépérienceque dans la dixième.Ainsi, cette anomalie, quoique la plus grande de celles qu'on rencontre dans les tableaux que je joins à ce Mémoire, n'est donc réellement qu'apparente. Les autres, plus légères, n'ayant jamais lieu que dans les m.êmes circonstances, peuvent toujours être attachées à la même cause ; toutes concourent à confirmer cette conséquence que j'avais déduite de nos premières expériences , savoir , que lorsque la gêne de la respiration est portée à un certain degré, elle a constamment pour effet, toutes choses /égales d'ailleurs , d'augmenter la déperdition du

, ( 49 ) calorique. On voit donc qn'en compaianl entre elles les expériences rapportées dans les tableaux, il ne faut pas seulement examiner les quanlités d'oxii^ènc absorbées, mais qu'il faut encore tenir conq)Le de la génc de la respiration qui a\ait lieu en même temps, et qu'on apprécie par les proportions d'oxigène qui existaient dans le manomè ire au comuicncement et à la fin de ces expériences. Je dois avertir aussi qu'il est important de ne comparer , dans chaque tableau , que les expéliencesqui ont été faites sur le même individu 5 car des individus différens, quoique de même espèce et de même poids, peuvent consommer des quantités différentes d'oxigène. C'est pour cela qge dans chaque tableau j'ai désigné les individus par des lii^nes horizontales.

On peut remarquer que dans tout ce que j'ai dit jusqu'ici, je n'ai comparé le refroidissement des animaux qu'avec les quantités de gaz oxigène qu'ils ont consommées, et nullement avec celles de l'acide carbonique qu'ils ont formé en même temps , quoique celles-ci aient été constatées avec soin, et qu'elles se trouvent calculées et réduites dans une des colonnes de chaque tableau. Mais si l'on jette un coup-d'œil sur cette colonne, on s'apercevra que dans la plupart des cas les quantités d'acide carbonique ne sont en rapport ni avec celles du gaz oxigène consommé , ni avec le refroidissement. Cette circonstance nous a long-tempf

II\ Partie, ,(

( 5o ) tînibarrassés 5 car en raisonnant d'après la lliéorie que nous examinions 5 comme c'est pendant la formation de Tacide carLonique dans les poumons que se dégage le calorique qui sert à entretenir la ciialeur animale, nous nous étions d'abord occupés spécialement, dans nos expériences manométi'iqnes, à constaier si les quanlilés d'acide carbonique formées variaient dans le même rapport aue la température des animaux 5 mais nous Irouvâmes, à cet égard, une discordance telle que nous fumes obligés de revenir à prendre , comme nous l'avions fait dans nos expériences sous la clocbe pncumato-cbimique, l'oxigène consommé pour base de toutes nos recliercbes et de toutes nos comparaisons. Mais il restait à savoir pourquoi les quantités d'acide carbonique trouvées à la (In des expériences , étaient moins en rapport avec le refroidissement que celles de l'oxigène consommé. En examinant la septième colonne de cbaqne tableau, on remarque non-seulement que les quantités d'acide carbonique sont plus petites que celles, de l'oxigène, mais encore que la différence est très-variable, étant quelquefois assez légère et d'autrefois considérable. Un fait noté dans la niême colonne mérite sur-tout de fixer l'attention, c'est que dans la plupart des expériences , au commencement desquelles nous avions introduit une quantité bien déterminée d'acide carbonique, nous n'avons pas retrouvé à la fin cette quanûlé toute

entière 5 il cii avait disparu une portion. Qu'clail, devenue cette portion d'acide carbonique dans des vaisseaux parfaitement clos? Il est hors de doule que Tanimal l'avait absorbée. Mais puisque les animaux absorbent ainsi l'acide carbonique qu'on introduit avec eux dans des vaisseaux clos, pourquoi n'absorberaient-ils pas celui qu'ils y forment eux-mêmes? Ce même fait semblait prouver que cette absorption avait réellement lieu 5 car puisqne nous n'avons pas retrouvé tout l'acide carbonique que nous avions introduit, l'animal avait donc absorbé non- seulement cette portion qui manquait 5 mais encore toute celle qu'il avait dû. former pendant trois heures d'expérience, ou une équivalente. Il semblait donc qu'on pouvait inférer de là que lorsqu'un animal est plongé dans de l'air qui contient du gaz acide carbonique, soit formé par lai-même, soit ajouté, il en absorbe une partie , et que c'est parce que cette absorption se fait à des degrés très-variables dans les différens cas, qu'il n'existe aucun rapport constant entre lesquantitésd'acidecarbonique qu'on trouve à la fin des expériences , et celles de l'oxigène quia disparu. En faisant des recherches sur ce phénomène, j'ai trouvé qu'il avait été indiqué par MM. Allen et Pepys^ que M. Nysten s'en était occupé, et

^ qu'il s'était même assuré expérimentalement que c'est pa'r lé poumon que se fait l'absorplion. Ces auteurs ont en même tenqis reconnu que cette ab-

( 52 ) sorplion d'acide carbonique n'a lieu que lorsque l'animal respire plusieurs fois le même air; et qu'au contraire, comme l'avait vu Menzies, le volume de l'acide carbonique formé remplace rigoureusement celui de l'oxigcne qui a disparu, lorsque l'animal n'a respiré le même air qu'une seule fois : beaucolip d'expériences plus anciennement faites viennent à l'appui de ces résultats. En effet, plusieurs auteurs ont observé que la production de l'acide carbonique estinférieure à l'absorptionde l'oxi"ène;maissiony prend garde, on verra que cette observation ne parait avoir été faite que lorsque des animaux avaient été renfermés dans des vaisseaux clos. On sait que c'est d'après des expériences de ce ^enre, que Lavoisicr, frappé de cette diffé-rence des volumes, avait été conduit à admettre dans son deuxième Mémoire sur la respiralion (en 1785), que tout l'oxigène absorbé n'est pas employé à produire de l'acide carbonique , et qu'une portion se combine avec l'hydrogène du sang, pour former de l'eau 5 opinion qid a été admise par beaucoup de physiologistes.

C'était aussi principalement d'après des expériences flûtes dans des vaisseaux clos, que MM. de Laplace et Lavoisier avaient déterminé la quantiié de gaz acide carbonique que forme un cochon d'Inde dans un temps donné, lorsqu'ils firent cette expérience si célèbre , dans laquelle ils comparèrent la quantité de caloiique qui se dégage

{ 53 ) dans Jos pomnons (.riin animal de celte espace, avec celle qu'il perd dans le même temps en conservant sa température. Ces deux quantités se trouvèrent rapprochées 3 néanmoins l'acquisition éiait un peu inférieure à la perte , dans le rapport de io,38 à i3'. Dans leur calcul de la quantité de calorique qui se dégage dans les poumons du cochon d'Inde pendant la formation de l'acide carbonique^ ces illustres auteurs n'avaient pas pu tenir compte de la portion de cet acide qui est absorbée par l'animal^ il est certain que la quantité de calorique dégagé qu'ils avaient admise pour terme de comparaisou, était inférieure à celle qui se dégage réellement, et il est singulièrement remarquable qu'en faisant les corrections qu^indiquent les nouvelles expériences , l'acquisition et la perte se trouveraient à peu près compensées (i).

Mais je reviens à l'examen des causes qui font baisser la température des animaux. L*auteur anglais paraît croire que c'est de la puissance nerveuse , et spécialement du cerveau que dépend la production de la chaleur animale. Il n'y a pas de doute que la puissance nerveuse ne jovie un très-grand rôle dans ce phénomène , de même que dans tous ceux qui supposent la vie. Car il n'y a pas une partie, pas une fonction dans l'animal vivant^ qui ne soit sous l'influence plus ou moins directe de

(0 En supposant que l'acide carbonique absorbé par un

, ( 54 ) celle puissance; et toule paide qui cesse d'en recevoir l'aclion cesse aussiiôt d'exercer les fonctious propres à la vie. Ainsi, tout phénomène qui dépend de la vie , dépend par cela même de la puissance nerveuse 5 mais cela n'empêche pas que d'autres conditions physiques ou chimiques ne soient nécessaires à la production du phénomène dont il s'agit. Quand on demande quelles sont les causes de la chaleur animale , il y a trois choses à considérer dans cette question, la source ou la matière qui fournil le calorique, le lieu ou le foyer dans lequel il est déposé, et enfin le mécanisme ou les forces en vertu desquelles il est dégagé dans ce foyer ' et réparti dans tout le corps. Il esl certain que la . j puissance nerveuse intervient dans cette dernière opération. Mais comment et sous quel rapport y intervient-elle? J'ai fait voir dans mon Mémoire sur la section des nerfs de la huitième paire, que la j combinaison de l'oxigène atmosphérique avec le

coclion d'Inde, soit le quart de celni qu'on trouve sous forme de gaz à la fin de l'expérience , ce qui ne s'éloigne pas beaucoup de la vérité , comme on en peut juger par les expériences 1^^, 5^ et 7*^ du tableau sur les codions d'Inde f le poids de l'acide carbonique , formé dans l'expérience de MM. Laplace et Lavoisier , deviendrait 280 grains , au lieu de 224, et la quantité de glace fondue 12 onc. 97, au lieu de 10 onc. 38. Par conséquent , le calorique acquis serait au calorique perdu dans le même temps :: 12^97:1 3. On ne peut pas désirer une plus grande approximation.

carbone du sang, ne dépend pas de celle puissance ; mais ce qni en dépend ce sont les monvemens et tontes les fondions nécessaires pour que Tair ai live en contact avec le sang. Le sang veineux en prônant le caractère artériel dans les poumons par Taclion de Toxigènc, acquiert une capacité plus grande pour le calorique, en sorte qu'd peut se charger de tout le calorique que lui cède l'oxigène, sans que sa température augruente. B.evenuaucœur^ et poussé de là dans toutes les parties du corps, en arrivant vers les extrémités des artères dans le système capillaire, il y perd ses qualités artérielles et se convertit en sang veineux^ par conséquent, il change de capacité pour le calorique , et reprend celle qu'il avait avant de traverser les poumons, en laissant dégager tout le calorique dont il s'était chargé dans ces organes. C'est sur cette conversion du sang artériel en sang veineux, et sur le changement de capacité qui raccompagne, que la puissance nerveuse a une action immédiate. Aussi remarque-ton que le développement du calorique , soit dans tout le corps, soit dans luie partie déterminée, est en raison de l'énergie de cette puissance, marquée par l'activité de la circulation. On conçoit donc que tout ce qui peut affaiblir la puissance nerveuse tend à faire baisser la température do- l'animal, et c'est ce qu'on observe dans beaucoup de maladies. Or, il n'y a pas de doute que, dans un animal décapité, le reste de la puissance nerveuse qui entre-

lient la vie dans le tronc, ne soit dans nn état de souffrance et d'affaiblissement, et que la circulation n'en soit rallentie. Cet état doit donc avoir une influence marquée sur le développement du calorique dans le système capillaire 5 il est très- vraisemblable que c'est pour cela que l'insufflation pulmonaire fait presque toujours baisser davantage la température des animaux décapités que dans ceux qui sont entiers. Ceci explique un fait que j'ai fréquemment observé; c'est que lorsque les animaux dans lesquels on entretient la vie après la décapitation, sont arrivés à un grand degré de iiiiblesse , le sang conserve en passant dans les veines à peu près la même couleur que dans les artères, et il est presqu'aussi vermeil dans les veines-caves que dans l'aorte. La puissance nerveuse est trop iaible alors pour opérer complètement la conversion du sang artériel en sang veineux , et il n'y a plus ou presque plus de développement de cbaleur, quoique l'animal continue de vivre encore quelque temps.

Il résulte de ce que j'ai exposé dans ce Mémoire que,

1^. Lorsqu'un animal est attaché sur le dos, il se refroidit constamment, mais à des degrés différens , suivant la température de l'atmosphère et la force avec laquelle il est étendu.

30. Si un animal, ainsi attaché, est placé dans des vaisseaux clos, il s'y refroidit pareillement, quoique, pendant le cours de l'expérience, la tem-

(57) péralurc de l'inlérieur de ces vaisseaux s'élève audessus de celle de Tatmosphère.

3«. Si l'on compare la quantité d'oxigène qu'il consomme dans cet état avec celle qu'il y aurait consommée étant en liberté, on la trouve plus petite, ou bien à peu près égale, ou même un peu plus grande.

4^. Ces différences sont relatives à la température de l'atmosphère , à la force avec laquelle l'animal est attaché, et à la réduction qu'il a lui-même opérée dans la proportion de l'oxigène contenu dans les vaisseaux.

5^. Ces trois causes peuvent ensemble ou séparément rendre la consommation de l'oxigène plus petite dans l'animal attaché que dans celui qui est libre, savoir : i». la température lorsqu'elle est audessous de I o degrés , parce qu'en accélérant et en augmentant le refroidissement de l'animal attaché, elle affaiblit ses mouvemens inspiratoires ; 2^. la fixation sur le dos d'une manière étroite, parce qu'elle limite trop l'amplitude de ces mêmes mouvemens 'y 3<^. la réduction dans la proportion du gaz oxigène, parce qu'elle le met hors d'état d'inspirer au-delà d'une certaine quantité de ce gaz dans un temps donné , quelque amplitude qu'il s'efforce de donner à ses mouvemens inspira toires.

6°. Mais si la température de l'atmosphère est un peu élevée, et si en même temps les mouvemens inspiratoires ne sont pas trop gênés par les

liens, et que la proportion de Toxigcne dans les vaisseaux soit suffisanle pour les besoins de Taninial , il arrive fréquemment qu'il consomme autant on même un peu plus d'oxigène, quoiqn^il soit attaché et qu'il se refroidisse , que lorsqu'il est libre et qu'il conserve sa température. — Ce singulier effet paraît être du à ce que la gène de la respiration le sollicite à agrandir ses mouvemens inspiratoires au-delà de ce qu'ils sont dans l'état naturel, et que les efforts qu'il fait pour y parvenir, lui font perdre beaucoup plus de calorique qu'il n'eût fait en consommant la même quantité d'oxigène par une respiration libre.

70, Ce n'est pas seulement quand un animal est . attaché qu'il se refroidit, le même effet a lieu lorsque la respiration est gênée par toute autre cause. Une des plus faciles à graduer à volonté est la diminution du gaz oxigènedans l'air qu'il doit respirer, soit que, pour opérer cette diminution, on raréfie simplement cet air, soit qu'on y augmente la proportion de l'azote, soit qu'on y ajoute une certaine quantité d'acide carbonique , soit enfin, comme je le disais tout à l'heure , que cet effet ait été produit par l'animal lui-même en respirant le même air pendant un certain temps.

8^. La difficulté de respirer qui a lieu dans tous . ces cas , se mesure d'après les proportions d'oxigène qui existaient dans les vaisseaux au commen- , cernent et à la fin des expériences 5 et l'on trouve

conslammcnt que le refroidissement est en raison composé de cette difficulié et de la consommation de l'oxigcne, en sorte que, lorsque la difficnllé de respirer est la même dans deux épreuves différentes fûtes sur le même animal , le plus grand refroidissement (correspond à la plus petite consommation d'oxigènc , et réciproquement.

90. Puisque la simple raréfaction de Tair, portée au degré de faire baisser le baromètre de moins de 3o centimètres, suffit pour faire refroidir l'animal qui le respire, il en résulte que le froid qu'on éprouve sur les hautes montagnes ne dépend pas uniquement de celui de l'atmosphère , et qu'il reconnaît de plus une cause intérieure, laquelle agit par la respiration.

10^. Il y a toujours du refroidissement dans l'asphyxie, et il peut devenir considérable dans les asphyxies incomplètes et long-temps prolongées (<ï). Je ferai voir, dans une autre circonstance, que, dans ce dernier cas, tous les secours seraient

insuffîsans pour rappeler l'animal à la vie, sans la

(a) Ceci est opposé à ce qu'on lit dans des ouvrages d'ailleurs estimables. Ce qui a fait dire que les asphyxiés conservaient leur température après la mort, ou même en acquéraient une supérieure, est sans doute la fluidité de leur sang, liquide qui peut très-bien conserver la même quantité de calorique que dans l'état ordinaire , sans que pour cela la température générale se maintienne 5 puisqu'il faut , pour l'entretenir, que le sang artériel prenne une capacité moins

chaleur artificielle, et que cette chaleur seule peut fréquemment tenir lieu de tout autre moyen.

ii^. Le volume du gaz acide carbonique qu'on trouve à la fin des expériences , n'est en rapport constant ni avec celui de Toxigène qui a disparu , et auquel il est presque toujours inférieur , ni avec le refroidissement. La raison paraît en être qu'une partie du gaz formé est absorbé par l'animal mêmcj et que cette absorption a lieu à des degrés différens , même dans des circonstances à peu près semblables.

13°. Cette absorption du gaz acide carbonique paraît s'opérer dans les poumons , et comme elle est d'autant plus grande que l'expérience est plus prolongée , on ne peut guère douter qu'elle n'ait lieu pendant toute la durée de l'expérience. Ce qui semble prouver que ce n'est pas , comme on l'a pensé, sans entrer dans les poumons, et seulement en occasionnant le resserrement de la glotte et l'abaissement de l'épiglotte que ce gaz produit l'asphyxie.

i3<^. Il est fort vraisemblable que l'anxiété ton-

grande en se convertissant en sang veineux, et que, comme on l'a dit, cette conversion n'a plus lieu ici. L'affoiblissement de la circulation est encore dans ce cas une cause puissante de refroidissement. Remarquons cependant , et nous le devons à la vérité, que la théorie de Crawford, sur laquelle est fondée cette étiologie , est sujette à plus d'une objection solide , et que l'auteur de ce Mémoire l'a luimême combattue dans une autre circonstance. E. L.

( <Jl )

jours fort grande que le gaz acide carbonique fait éprouver aux animaux , lorsqu'il est mélange même en quandté médiocre avec l'air almospliériqiie , esL due principalement aux qualités malfaisantes que ce gaz absorbé communique au sang artériel.

Il reste beaucoup de reclierclies à faire sur cette curieuse et importante question de la chaleur animale; il y a sur-tout une expérience que je regarde cenime un complément nécessaire de toutes celles que j'ai rapportées dans mes deux Mémoires. Je regrette beaucoup que le temps et l'occasion m'aient manqué pour la faire. Yoici en quoi elle consiste. Des animaux à peu près de même poids, mais d'espèces différentes, consomment, dans le même temps , des quantités fort différentes d'oxigène. Par exemple , un lapin du poids de 947 gram. n'en a consomi^ié , dans l'espace de trois heures, que 272.4 centinièt. cubes ; tandisqu'un chien, du poids depi^gram., en a consommé 55o3 centimèt. cubes 'y et qu'un chat , du poids seulement de 634 grammes, en a consommé 3963. Cependant tous ces animaux se maintiennent à peu près à la même température , ce qui ne peut avoir lieu si la chaleur animale a sa source dans la respiration, qu'autant que ceux qui consomment le plus d'oxigène éprouvent en même temps une déperdition calorique , qui soit en excès dans le même rapport que la consommation d'oxigène. 11 s'agirait donc

de constater si les animaux qui consomment le pluii d'oxigène sont aussi ceux qui, toutes choses égales d'ailleurs , perdent le plus de calorique. Je me propose de faire cette expérience le priniemps prochain.

M-aiïitennnt qu'on connaît plusieurs moyens pour faire baisser la température des animaux, il seraitfortimportant , à cause des applications qu'on en pourrait faire à la médecine, de constater sur plusieurs animaux à sang chaud, i^. quel est le degré de refroidissemeut qui les fait mourir sans qu'aucun secoins puisse les sauver j 2^. jusqu'à quel degré de refroidissement les secours peuvent être utiles, et quels sont ces secours ^ 3^. jusqu'à quel degré les animaux peuvent se rétablir d'euxmêmes et sans secours 5 4^* quel est l'état des fonctions à ces divers degrés de refroidissement. Je me suis assuré que lorsque des lapins âgés d'environ six semaines ou deux mois, ont perdu 8*^. centigr. celle de l'atmosphère était d^environ 16^ ^ ils ne peuvent plus se remettre d'eux-mêmes, mais qu'à plusieurs degrés au-dessous on peut encore les rétablir en les réchauffant.

J'aurais eu quelques remarques à faire sur l'analyse eudiométrique , ♦particulièrement sur une petite erreur à laquelle peut donner lieu l'absorption de l'oxigène par l'eau , quand on lave d'abord avec l'eau de chaux l'air qu'on peut aiifilyser 3 mais ce Mémoire est déjà trop long.

Page 1