‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 105 sur 433 · ACTE I, SCENE V. i4r · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V. i4r

liant des fêtes, faisant des cadeaux, et vous envoyant à vous-même des bijoux, des livres et des bourriches,

PHILIBERT aîné.

Eh bien ! c'est bonté , c'est reconnaissance.

COMTOIS

Point du tout: c'est vanité, c'est folie; moi je l'ai toujours cru un peu timbré. Deux jours après, ne le voyons -nous pas revenir à nous à pied, se plaignant des hommes et du sort, et le porte - feuille rempli de reconnaissances du Mont-de-Piété ?

PHILIBERT aîné.

Comtois, vous allez trop loin.

COMTOIS

Non, monsieur; dussiez-vous me chasser, il faut que je me soulage. Après la mort de madame votre mère , n'est-ce pas lui qui a bouleversé et vendu à bas prix sa maison de commerce? Et toutes les places que vous lui avez obtenues par votre crédit , dans les vivres , au greffe du palais, dans les contributions, au ministère même où vous êtes employé, et qu'il a perdues par sa faute , après un ou deux mois d'exercice ! Enfin , monsieur , les choses en sont venues à un tel point , que vous n'osez plus avouer aux personnes qui ne le connaissent pas que vous avez un frère , que vous n'osez plus rien solliciter pour lui, et que vous aimez mieux lui faire une pension que de vous exposer à vous brouiller avec les gens à qui vous le recommanderiez.

PHILIBERT aîné.

Oui , il est vif et fougueux dans ses passions. Parlons de mon amour pour Sophie. Crois - tu qu'il soit temps de me présenter de nouveau chez son père? Je

i4a LES DEUX PHILIBERT.

n'ose J'hésite il est si fâcheux d'être obHtit' de

s'annoncer soi-même !

{Ici on entend Clauville chanter dans la coulisse.)

Mais on revient toujours A ses premiers amours.

PHILIBERT VTNÉ, regardant du coté oh l'on entend chanter.

Eh! mais cette voix.... Je ne me trompe pas; c'est Clairville , le maître de musique. Aurait-il des écoliers dans ce quartier?

COMTOIS

Vous avez de l'amitié pour monsieur Clairville. Je parierais que vous n'avez pas osé lui parler de monsieur votre frère.

PHILIBERT A.INÉ.

C'est vrai; laisse-moi avec lui.

COMTOIS

Il n'y aura bientôt plus que ses créanciers qui sauront que vous êtes deux frères.

( // sort. )

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