ACTE I, SCÈNE VI
vous aime de tout mon cœur. Je crois que mademoiselle Duparc serait très -heureuse avec vous. Je désire vivement que vous obteniez sa main ; mais ne comptez pas sur moi.
PHILIBERT AINE
Je ne vous demande qu'une faveur; c'est de me présenter à monsieur Duparc comme un de vos amis qui voudrait profiter du voisinage pour se lier avec lui.
CLAIR VILLE
Comme un de mes amis !
PHILIBERT AI3VÉ
Vous ne mentirez pas.
CLAIRVILLE
C'est beaucoup d'honneur que vous me faites
Mais pourquoi m'avez - vous avoué que vous aimiez sa fille? Cela va me gêner..,. Cependant j'y réfléchirai.... Et demain....
PHILIBERT aîné.
Pourquoi pas tout de suite?
CLAIRVILLE
Non. Je connais le bon monsieur Duparc; il est pressé d'aller à la campagne : toute visite qui retarderait son départ lui serait importune. -
PHILIBERT aîné.
En ce cas, je n'insiste plus. Je cours chez mon propriétaire; j'étais si pressé, que je me suis emparé de l'appartement avant d'avoir signé le bail. Ainsi vous me promettez....
CLAIRVILLE
Je ne vous promets rien.
PHILIBERT aîné.
Pardonnez - moi , vous promettez de ne pas ra'être
i/,8 LES DEUX PHILIBERT.
contraire; et vous ne manquerez pas à la sévérité de vos principes en assurant à monsieur Duparc que sa fille serait avec moi la plus heureuse et la plus aimée des femmes.
( // sort. )
CLAIRVILLE, Seul.
Il est aimable; je le crois honnête et bon, et je regrette véritablement que mes justes scrupules ne me permettent pas de lui être plus utile.
( // s'approche de la maison de Duparc en fredonnant. )
Je suis Lindor , ma naissance est...