‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 120 sur 433 · Tome ru. ! l · texte numérisé non relu

Tome ru. ! l

iGi LES DEUX PHILIBERT.

honte. Combien de fois ne ni'est-il pas arrivé, en me faisant annoncer quelque part, d'entendre qu'on se disait : «Monsieur Philibert; est-ce l'homme de mérite? « Non , c'e^st son frère. » — Tu conviendras que c'est fort désagréable. Mais tu ne m'écoutes pas.

PHILIBERT aîné.

Parle, parle toujours, je t'entends de reste. [Philibert aîné se promené, s'assied sur un banc devant sa porte , écrit sur ses tablettes^

PHILIBERT CADET

Veux-tu que je te dise ? tout le mal vient de ce que j'ai été gâté par ma mère, tandis que mon père te faisait élever admirablement dans un collège de Paris. Après tout, ces emplois que tu m'avais obtenus, je ne les ai plus : est-ce un si grand malheur ? Je ne veux plus de place. 11 me faut une existence libre, active, indépendante. Je veux faire des affaires. Oui, mon ami, des affaires de courtage et de commission, mais en grand , d'une manière vaste et avantageuse à mes concitoyens. J'ai déjà commencé. L'homme que je viens chercher dans cette rue précisément , peut m'être trèsutile; et tiens, chez ce traiteur, hier.... c'était un petit souper de spéculation. Nous avions la maîtresse du commis d'un gros négociant... Cela nous a coûté cher, parce que ces femmes aimables.... c'est gourmand et fort exigeant en fait de bonne chère. Mais j'ai jeté là les fondements d'une affaire.... Tu verras, tu verras. Je ferai fortune, je serai riche, très-riche, et alors.... ah dieul il me serait si doux de reconnaître ce que tu as fait pour moi ! Je te dois tant; je te dois tout. Eprouve quelque malheur seulement; j'entends que tu ne t'adresses pas à d'autre (ju'à moi.

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