ACTE I, SCÈNE XI. i6i
PHILIBERT aîné.
On est venu me relancer jusqu'ici.
PHILIBERT CADET
Déjà?
PHILIBERT AINJÉ.
Et j'ai payé.
PHILIBERT CADET
Tu as payé ! tu as bien fait. J'en suis enchanté pour ces bonnes gens; car, suivant toute apparence, je les aurais fait attendre. Tu as payé , mon frère ! voilà un trait ! j'en pleure d'attendrissement et de reconnaissance. Mais je suis accoutumé à tes belles actions.
PHILIBERT aîné.
N'as-tu pas de honte de mener ainsi une vie d'aventurier? Sans reproche, ne devrais -je pas être las de venir à ton secours? Tu n'as pas pu rester même au ministère auquel je suis attaché. Tu crois te justifier, en disant que tu as une mauvaise tête et un bon cœur. Belle excuse ! c'est celle de tous les gens qui se conduisent mal. J'ai une mauvaise tête, donc j'ai un bon cœur. Très-mauvaise conséquence. Oui , tu es bon ; je le sais , moi ; mais ceux qui ne te connaissent que par tes folies , ne sont-ils pas en droit d'en douter ? Que leur importe , d'ailleurs , que tes fautes viennent de méchanceté ou d'étourderie?.... Mais, qu'est-ce que je fais? Ce que je te dis-là, je te l'ai dit cent fois; je devrais être bien guéri de la manie de te prêchci- ; je me tais.
PHILIBERT CADET
Non, parle, continue, continue, mon cher frère; tu
as raison; je ne suis ton cadet que d'un an; et je pa-
rais plus vieux que toi ; et combien je me trouve en
arrière de ta réputation et de ta fortune ! Cela me fait