SCÈNE VIL
Madame DERVIGNY, SOPHIE, MARIANNE.
MARIANNE
Voilà tout notre monde qui nous arrive ; la cour esl déjà pleine de voitures.
i88 LES DEUX PHILIBERT.
MADAME DERVIGNY
Va faire les honneurs de la maison, ma chère eni'ant; tu t'y entends si hien? J'attends ici mon gendre et monsieur Phihbert. Nous en serons contents; il te paraîtra aimable, j'en réponds : il est impossible que Clairville et tant d'honnêtes gens qui en ont parlé à monsieur Duparc, se soient trompés, ou se soient entendus pour nous tromper.
SOPHIE
Ah! monsieur Clairville, j'aime à croire pour votre honneur que vous avez d'autres amis qui valent mieux que celui-là.
{Elle sort.)
MARIANNE
Ma foi , madame , je ne sais pas si ce monsieur Philibert a beaucoup de mérite ailleurs, mais il n'en manque pas au billard , toujours. Je viens de traverser la salle : en un tour de main , il a pris je ne sais combien de points à monsieur Pastoureau. Et tenez, la partie est finie ; le pauvre monsieur Pastoureau est battu. Voilà monsieur qui vient avec le vainqueur.
MADAME DERVIGNY
Laisse -nous.... Non : je sors avec toi. Je vais recevoir mon monde et je reviens. L'entretien est d'une grande importance, et je suis bien aise d'avoir tout mon temps à moi.
( Elle sort avec Marianne. )