ACTE 1, SCENE X
D n R I C O TT R .
Il est riche.
BERTRAND
Oh! riche; je crois sa fortune très- dérangée; il dépense beaucoup pour son propre compte, quoiqu'étant vilain pour les autres, et sans pitié pour ses nlébiteurs. Il fait le brave; mais il fallait voir comme il était humble et soumis pendant le congé de mon fds le militaire. Ses valets le détestent, ses fermiers le redoutent, ses égaux le fuient. Si vous exceptez cinq ou six flatteurs qui vont dîner chez lui, il n'a pas d'amis.
DORICOUR.
Mais c'est donc un monstre, que cet homme-là.
BERTRAND
Non, ce n'est pas précisément un monstre; il peut avoir quelques qualités; mais il les cache bien. J'ai vingt traits de lui dans ma mémoire, que je vous raconterais, si je n'étais pressé d'arriver à Orléans. Au surplus, interrogez qui bon vous semblera; tout le monde vous rendra le même témoignage que moi Jérôme Bertrand, fermier propriétaire très-connu dans le pays. Après cela, faites affaire avec lui, si vous voulez. Je vous souhaite bien le bon soir.
{Il sort.)