ACTE I, SCÈNE VIL
SAINT-PHAR
J'ai lieu de craindre que ma lettre n'ait été interceptée.
Eh bien!
SAINT- PII A R
Dans cette lettre , je me permettais des plaisanteries sur l'origine , l'élévation et les intrigues de l'abbé Dubois.
VILLENEUVE
Eh bien! tout le monde s'en permet, même Vanglas qui est sa créature , même le régent dont il est l'ouvrage.
SAINT-PIIAR.
Mes railleries étaient vives, amères, et respiraient une violente indignation.
VILLENEUVE
Eh bien! le régent est un prince léger et bon, qui pardonne et qui oublie.
SAINT-PHAR
Mais son ministre est vindicatif.
VILLENEUVE
Par fougue, par boutades; mais le plus souvent, comme Jules Mazarin , il rit de lui-même avec les rieurs. Pourquoi voudrait-il se venger de toi, petit commandant de place ? I! réserve sa rancune aux grands qui se trouvent sur son passage. Mais voyons; craindrais-tu de perdre ton commandement? Il faut en parler dès ce soir à Vanglas.
SAINT-PHAR
Oh ! s'il ne s'agissait que de perdre mon commandement! Chut! j'entends ma fille.
4i6 LES ANCIENS AMIS.