SCÈNE VIII
VANGLAS, DURAND.
VANGLAS.
Que devenez -vous donc, monsieur Durand? Je ne vous ai pas encore vu de la matinée.
DURAND
J'attendais que monsieur le duc eût quitté monsieur.
, VANGLAS.
j Vous attendiez , vous attendiez... Eh bien ! qu'avonsnous à faire ce matin?
{Il prend un fauteuil et s 'assied^
DURAND
Voici des lettres.
Bon. Je signerai tout-à-l'heure.
DURAND
Monsieur Montgravier doit revenir chercher la commission pour cet entrepôt que vous faites avoir à un Tome VII. 2Q
/jSo LES ANCIENS AMIS.
de ses protégés. Elle est, je crois, clans un de ces paquets.
(^11 présente des lettres cachetées.)
VAN GLAS
Voyez, décachetez.... Cher Montgravier! son souper d'hier était fort joli. Sa femme se donnait une peine pour que je fusse content ! c'était fort hien. J'ai vraiment été touché du zèle de ces bonnes gens... Eh bien! monsieur Durand , cette commission ?
DURAND , après avoir décacheté, parcouru et posé plusieurs lettres sur la table.
La voilà.
VANGLAS.
Laissez-la sur cette table.... Et puis, j'étais entouré d'anciens amis. A chaque instant, il nous survenait quelque souvenir. J'étais heureux, je les voyais heureux et je leur portais envie. {A Durand?) Savez- vous qu'hier j'ai été compris dans une distribution d'indemnités? Leduc de Cresny vient de me le confirmer. {^Souriant d'un air mécontent. ) Certes, c'est très - flatteur , et je suis très - reconnaissant de ce qu'on veut bien faire pour moi ; mais peut-être mon dévouement et mon travail méritaient -ils une distinction particulière.... En vérité, il y a des moments où je serais tenté de tout abandonner.
DURAND
Qui ? vous , monsieur quitter ! Ah ! vous êtes trop nécessaire au ministre.
VANGLAS.
Nécessaire! vous voyez bien que non, puisqu'il me confond avec tout le monde.
-îi •> DURAND.
Vous êtes trop dévoué au bien de l'Etat.